Hypersexualisation, quels enjeux pour nos enfants ?

Lors de mes auditions, j’ai été frappée par ma méconnaissance.

En premier lieu, ma méconnaissance des risques de la sexualité pour les jeunes enfants. Les pédopsychiatres ont été, à juste titre, virulents après la parution du magazine Vogue.

Cette alerte était nécessaire car tous nous ont confirmé que l’irruption de la sexualité pendant la période dite de «latence» – entre 6 et 12 ans environ – a des conséquences psychologiques irréversibles dans 80 % des cas. En d’autres termes, à ces âges le sexe est un «non sujet» et nous devons veiller à ce qu’il le reste. Si la mère transforme sa fille en «mini me», elle participe à une confusion psychologique.

J’ai également été très frappée par le «raz-de-marée» du sexe dès la pré-adolescence.

Toutes les idoles de nos jeunes, les magazines, les radios, les émissions de télé-réalité mettent en scène des stars qui reproduisent les codes de la pornographie – il suffit de regarder Shakira ou Rihanna – les magazines parlent crûment de sexualité jusqu’à donner des conseils sur une bonne pratique de la fellation. Et la réalité des pratiques sexuelles de nos adolescents est déroutante. D’ailleurs les 12-17 ans sont les premiers consommateurs de pornographie sur Internet.

Tous les spécialistes nous ont confirmé que les adolescents ont «désenchanté» la sexualité, et la pratiquent très librement. Cette réalité touche toutes les catégories sociales, et les parents en cas de problème «tombent de haut».

Les risques sont réels, moins pour des grossesses précoces ou la transmission de maladies, que l’impact psychologique d’une dévalorisation de soi et de cyber-harcèlement sexuel.  Les jeunes filles sous la pression des garçons peuvent se filmer et s’exhiber sur le Net via les webcams. Outre le traditionnel concours de strip tease, les ados exhibent des dédicaces inscrites sur leur corps - le dédipix – ou participent à l’élection de la «super extra salope» - concours de Tshoins. Mais les images sur le net ne s’oublient pas et peuvent rapidement faire le tour de la classe au point d’obliger des familles à quitter des régions.

S’il n’y a pas de lien entre l’hypersexualisation d’une petite fille et sa future activité sexuelle, force est de constater que les deux procèdent d’une banalisation des images sexuelles et des codes pornographiques dans nos sociétés.