Pipi au lit : comment l'hypnose peut-elle aider ?

Changer les draps parfois plusieurs fois par nuit, c'est le quotidien de nombreux parents. Le "pipi au lit", très fréquent chez les jeunes enfants, peut parfois durer dans le temps et mérite que l'on en cherche la cause. Candice Levy, hypnothérapeute, nous explique comment l'hypnose peut aider l'enfant à s'en sortir.

Pipi au lit : comment l'hypnose peut-elle aider ?
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L'énurésie, plus communément appelé "pipi au lit", est commune chez de nombreux enfants. Pour autant, elle peut s'avérer difficile à vivre au quotidien. Pour les parents qui s'inquiètent et changent les draps parfois plusieurs fois par nuit et essaient de trouver des solutions chaque soir. Pour les enfants, qui passent de mauvaises nuits, qui ont souvent le sentiment de régresser, qui complexent et s'évitent certaines activités, comme dormir chez des amis par exemple.

En effet, ce sont souvent les enfants de 4 et 5 ans qui sont le plus touchés (on en compte entre 10 et 20%), mais les mictions nocturnes peuvent également toucher des enfants de 10 ans, voir des adolescents. Les petits garçons sont les plus concernés, mais la raison échappe encore aux spécialistes. De façon générale, l'origine du mécanisme d'énurésie reste inconnue, mais on peut affirmer que ce trouble est associé à des peurs refoulées qui s'expriment par le biais de l'inconscient durant le sommeil. À ce jour, aucun soin particulier mis à part une action psycho-émotionnelle ne s'est avérée efficace pour stopper les pipis au lit.

Quelles actions mettre en place ?

Certaines petites actions peuvent néanmoins être mises en place, comme éviter de trop faire boire un enfant avant le coucher tout en s'assurant qu'il boit suffisamment en journée (on peut souvent vérifier cela en observant si l'enfant réclame systématiquement à boire en rentrant de l'école). Certains parents arrivent à connaître l'heure de la miction à force de pratique et réveillent l'enfant pour l'amener aux toilettes et lui permettre de se rendormir au sec, d'autres préfèrent laisser un pot près du lit. Dans tous les cas, on évitera de remettre la couche à l'enfant, cela ne fera qu'ajouter un sentiment d'échec, de régression et d'infantilisation à un âge où l'on a tendance à plutôt stimuler l'autonomie.

Cependant, ces petites astuces ne peuvent fonctionner (ou pas) que temporairement et si l'énurésie de cesse pas d'elle-même, il faudra agir pour permettre à nouveau à l'enfant de passer de bonnes nuits. L'énurésie a pour origine un sentiment d'insécurité, une angoisse, une peur enfouie (ce n'est pas un cauchemar qui provoquera un pipi au lit). En discutant avec l'enfant, on arrivera peut-être à comprendre et à régler le problème.

Comment l'hypnose peut-elle aider ?

Les peurs et sentiments d'insécurité sont stockés dans l'inconscient et c'est précisément à ce dernier que s'adresse l'hypnose. Ainsi, après un interrogatoire qui écartera des troubles qui relèveraient de l'expertise d'un pédopsychiatre, on pourra commencer le travail hypnotique. Candice Levy précise d'emblée que l'approche de l'hypnose avec les enfants est bien différente de celle proposée aux adultes. En effet, les enfants sont beaucoup plus attentifs et mettent moins de barrière que les adultes. Pendant la séance, l'hypnothérapeute s'adresse à l'enfant à travers un conte, des images, des métaphores sans jamais nommer le trouble. L'idée est d'amener par exemple l'enfant à trouver la problématique du conte afin qu'il puisse prendre conscience qu'il possède toutes les ressources nécessaires à la résolution de nombreux soucis. 

Bien souvent, les parents attendent que l'on trouve le "pourquoi" du problème. Mais, en hypnose, ce que l'on recherche est plutôt le "comment" solutionner le tout, la raison a au final peu d'importance. Selon Candice Levy, ce travail permet de stopper l'énurésie en 3 ou 4 séances. Lorsque cela ne fonctionne pas, elle conseille de ne pas insister car il se peut tout à fait que l'enfant ne soit pas réceptif, que l'hypnose ne lui convienne pas ou que le blocage soit plus profond et nécessite un soutien psychologique avec un psychologue ou un psychiatre.

Par Candice Levy, hypnothérapeute du réseau Medoucine, le réseau des praticiens de médecines douces certifiés et validés.

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