Troubles dys : un guide pour mieux accompagner les enfants

Pour la première fois, la Haute Autorité de santé publie un "guide parcours de santé" à destination des familles, des soignants et des enseignants, afin de proposer des soins adaptés aux enfants atteints de troubles dys.

Troubles dys : un guide pour mieux accompagner les enfants
© 123rf-Joshua Resnick

 Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie... Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) ou "troubles dys" sont fréquents en France et concernent près de 8% des enfants d'âge scolaire. Il s'agit d'anomalies dans le développement cognitif des enfants, qui peuvent avoir des répercussions sur leur vie quotidienne, notamment à l'école ou encore à l'âge adulte, sur leur vie sociale et professionnelle. Néanmoins, "les conséquences peuvent être atténuées par une prise en charge précoce et adaptée", rappelle la Haute Autorité de santé dans un communiqué. Si la Commission de la Naissance et de la Santé de l'Enfant a observé des progrès dans cette prise en charge, elle note cependant que "celle-ci reste hétérogène et inégale sur le territoire". Pour mieux accompagner ces enfants dys, la HAS publie pour la première fois un "guide de parcours de santé" pédiatrique, dans lequel elle livre ses recommandations pour améliorer la coordination des acteurs et proposer un suivi adapté à la spécificité de chacun des troubles.

Un parcours de santé en trois niveaux. Pour chaque niveau, adapté selon la sévérité des troubles dys, "le projet de soins est composé d'un axe rééducatif (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, orthoptie, etc.), d'un axe psychologique si nécessaire, et d'un axe médical si besoin", précise la HAS. 

  • Une prise en charge de proximité. Au premier niveau, le médecin généraliste ou le pédiatre ainsi que les rééducateurs libéraux en lien avec le médecin de la Protection Maternelle et Infantile prennent en charge les cas les plus simples. Ils posent un diagnostic et proposent un suivi thérapeutique, ou orientent les enfants vers le niveau supérieur selon les besoins. La HAS met à disposition des médecins, et des enseignants des fiches pratiques leurs permettant notamment de repérer les signes d'alerte et les actions à mettre en oeuvre en cas de difficultés du langage oral ou écrit, ou du calcul.
Troubles dys : comment repérer les signes ? © Haute Autorité de Santé
  • Une prise en charge pluridisciplinaire spécialisée. Ce second niveau concerne les enfants dont la complexité du trouble nécessite un accès à un avis spécialisé. Dans ce guide, la HAS "décrit la composition des équipes pluridisciplinaires formées aux troubles dys et aux approches neurocognitives. Celles-ci interviennent sous la responsabilité d'un médecin expert - qu'il soit généraliste, pédiatre, neuropédiatre ou d'une autre spécialité".
  •  Le niveau 3 pour les cas les plus sévères ou complexes. Ces centres de référence des troubles du langage et des apprentissages sont rattachés à des centres hospitaliers universitaires. Il en existe déjà, mais ils sont saturés en raison de fortes demandes. 

Par ailleurs, des efforts restent à faire pour assurer une égalité d'accès aux soins aux enfants atteints de troubles dys. La HAS préconise une meilleure formation des professionnels (soignants, enseignants...). et souligne l'importance de l'implication des agences régionales de santé (ARS), qui doivent notamment faciliter les échanges entre professionnels de santé. "Enfin, il est essentiel de porter une attention particulière aux populations socialement vulnérables dans lesquelles les difficultés scolaires sont plus fréquentes et pour qui les inégalités d'accès aux personnels spécialisés de l'éducation nationale et aux soins sont plus sensibles", ajoute la HAS.

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