Deux spots pour dire "non aux violences éducatives ordinaires" !

Gifles, fessées, bousculades, cris… Parce que les punitions verbales et corporelles envers les enfants ne doivent plus être "banalisées", la Fondation pour l'enfance lance ce mardi une campagne vidéo contre les violences éducatives ordinaires.

Deux spots pour dire "non aux violences éducatives ordinaires" !
© Ambrozinio - 123RF

Humilier son enfant, lui crier dessus, le frapper : "c'est le marquer pour longtemps". Voici le message poignant de la nouvelle campagne menée par la Fondation pour l'Enfance contre les violences éducatives ordinaires. Celles qui peuvent sembler anodines, mais qui sont en réalité plus traumatisantes qu'elles n'y paraissent. L'objectif de la campagne ? "Sensibiliser les parents, sans les culpabiliser", explique Gilles Lazimi, médecin et coordinateur de la campagne. Ces deux spots vidéos mettent en scène un jeune garçon et une jeune fille apeurés à l'idée de recevoir des coups ou des paroles injurieuses, puis toujours terrifiés lorsqu'ils sont devenus des adultes Ils sont diffusés à partir du mardi 16 janvier sur le site de la Fondation pour l'enfance, ainsi que sur les réseaux sociaux, puis à partir du 23 janvier sur France 3, France 4, France Ô, LCP et les chaînes du groupe Canal+. Enfin, pour répondre au mieux aux questions que de nombreux parents se posent et les orienter vers des professionnels de l'écoute, un mini-site va être accessible à la suite de la diffusion.

De l'attitude anodine au geste destructeur. "Il n'y a pas de petite claque, ni de petit coup, ni de paroles anodines envers nos enfants, toutes ces pratiques que nous reproduisons parce que nous les avons subies sont des violences, peuvent les marquer pour longtemps, et retentir sur leurs acquisitions et leur devenir", déplore Gilles Lazimi à l'AFP. Et en effet, qu'elles soient morales, verbales ou physiques, certaines violences éducatives ordinaires sont "banalisées dans notre société". Le droit n'étant pas très clair à ce sujet, il est important de "créer une loi qui interdise toutes formes de violences envers les enfants, comme c'est le cas pour les adultes ou les animaux", confie-t-il sur dans une interview sur LCI ce 16 janvier.

Législation : où en sommes-nous ? Votée le 22 décembre 2016 au Parlement, la loi Égalité et citoyenneté prévoyait, entre autres, le refus des violences corporelles commises par les parents envers les enfants. Cet article excluait donc "tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles". Quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel l'avait finalement censurée pour des raisons de forme. Tandis qu'une législation condamnant les violences éducatives ordinaires est effective dans 53 pays, dont 23 européens (rappelons que la Suède a été le premier pays à interdire ces pratiques en 1979 !), la France n'a donc aucune loi officielle contre les punitions corporelles envers les enfants. Toutefois, la Fondation pour l'Enfance réclame toujours une loi interdisant définitivement fessées, gifles et cris sur l'enfant. Et en effet, si lorsqu'elles concernent les adultes, les violences sont considérées comme un délit, "alors pourquoi ne le sont-elles plus quand elle ont pour cibles nos enfants ?", conclut le coordinateur de la campagne. 

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