École et handicap : quelles mesures à venir ?

La secrétaire d'État chargée des personnes handicapées a fait plusieurs annonces en matière d'accès à la scolarité des enfants en situation de handicap, notamment la création de 11 200 postes d'accompagnants dès septembre 2018.

École et handicap : quelles mesures à venir ?
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Offrir une scolarisation de qualité à tous les élèves en situation de handicap tout en répondant à leurs besoins éducatifs était l'une des priorités d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, qui assurait vouloir "créer tous les postes d'auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour que les jeunes enfants handicapés puissent aller à l'école". Une promesse de taille qui peine à se concrétiser, encore trois mois après la rentrée des classes. "Ces enfants sont à l'école, mais certains n'ont pas d'AVS", a déploré le 4 décembre sur RTL Sophie Cluzel, la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. Et selon le ministère de l'Education nationale, plus de 3 000 élèves en situation de handicap n'ont, quant à eux, pas pu être scolarisés à cause du manque d'AVS.

Une augmentation du nombre d'AVS. Afin de mieux accompagner ces enfants handicapés dans leur scolarité, Sophie CLuzel propose, dans un communiqué rendu public lundi 4 décembre, une "professionnalisation des accompagnants", notamment afin de pouvoir gérer au mieux les éventuelles situations de violences, ainsi qu'une "accélération du recrutement" : plus de 11 200 postes devraient être créés d'ici la rentrée de septembre 2018, soit 4 800 postes de plus par rapport à ce qui était annoncé à la Conférence nationale du handicap de 2016. Aussi, la secrétaire d'État souhaite améliorer la formation des professeurs. Pour cela, elle envisage la mise en place dès la rentrée prochaine d'une "plateforme numérique pour que les enseignants puissent trouver des ressources" et qu'ils "puissent être mis en relation avec un formateur expert, en cas de besoin".

Vers des contrats durables. En parallèle à ces créations de postes, Sophie Cluzel et Jean-Michel Blanquer désirent offrir aux AVS des "contrats plus pérennes" estampillés Éducation nationale afin de lutter contre leur situation souvent précaire. En effet, tant que "l'on sera sur un système précaire avec des contrats aidés (actuellement pour la moitié des accompagnants), il manquera toujours des AVS. On a des problèmes de recrutement [alors que] les budgets sont là", regrette la secrétaire d'État.

Un plan en six volets. Cette réforme de l'inclusion s'articulera autour de six axes : mieux informer, former et accompagner les enseignants ; multiplier et diversifier les modes de scolarisation ; veiller à ce que les élèves sortent de l'école avec un diplôme ou une certification professionnelle (mieux prévenir l'échec scolaire, simplifier et aménager le passage d'examen, développer l'accès au numérique…) ; adosser l'offre médico-sociale à l'école de la République ; améliorer le recrutement et l'organisation du dispositif d'accompagnement des élèves handicapés et transformer durablement l'accompagnement des élèves en situation de handicap. L'ensemble de ces mesures se feront "en dialogue avec les partenaires concernés et dans une démarche d'essaimage des bonnes pratiques territoriales et des modèles inclusifs européens", conclut le communiqué. Le ministère de l'Éducation nationale fera d'ailleurs appel au Conseil national consultatif des personnes handicapées dès décembre 2017 pour discuter de la mise en place de ces actions.

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