Cantines : les familles défavorisées n'y ont pas toujours accès

Selon un rapport du Cnesco, la fréquentation des cantines scolaires a nettement augmenté en 20 ans dans les collèges et lycées. Mais il existe des disparités d'accès entre les élèves selon les catégories socio-professionnelles des parents.

Cantines : les familles défavorisées n'y ont pas toujours accès
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Manger un repas équilibré au déjeuner n'est pas donné à tous les écoliers. Selon un rapport du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) publié ce mardi et mené auprès de 3800 collèges et lycées, il existe de nombreuses disparités d'accès à la cantine scolaire, selon les catégories socio-professionnelles des parents et le type d'établissement.  

Une fréquentation en hausse. La fréquentation des cantines scolaires a nettement augmenté en 20 ans. "En 1996, seuls 55 % des collégiens du secteur public étaient inscrits à la cantine, soit 15 points de moins qu'en 2016" précise le rapport. Rappelons qu'en France, la quasi-totalité des établissements scolaires du second degré propose un service de restauration scolaire, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays tels que la Norvège ou le Danemark par exemple. 

Des inégalités dans l'assiette. Pour autant, si les élèves sont de plus en plus nombreux à manger à l'école, cette forte fréquentation "laisse apparaître une réelle disparité d'accès selon les catégories socio-professionnelles des parents", note le Cnesco. Au collège par exemple, les familles défavorisées sont deux fois plus nombreuses (40%) que les familles les plus aisées (17 %) à ne pas envoyer leur enfant manger à la cantine. De plus, le type d'établissement choisi (dans le privé ou le public) creuse aussi ces inégalités. "Si, en moyenne, 29 % seulement des collégiens ne sont pas inscrits à la cantine, c'est le cas de près de 59 % d'entre eux en éducation prioritaire. Dans les collèges classés en REP+, seul un élève sur quatre est inscrit au restaurant scolaire", ajoute l'étude. 

Quant au prix moyen d'un repas, il s'élève à 3,30 euros dans les établissements publics du second degré, contre 5,40 euros le repas en moyenne, dans le privé. En outre, 55 % des établissements déclarent qu'il n'existe pas une politique tarifaire spécifique pour leurs élèves les plus démunis. En effet, seuls 22% des écoles proposent une grille tarifaire, basée sur les revenus des parents, pouvant aller jusqu'à la gratuité afin de soutenir les familles pour lesquelles le prix de la cantine s'avère être un frein.

Enfin, le rapport du Cnesco note une amélioration de l'utilisation des produits frais et de saison, principalement lorsque les repas sont préparés au sein de l'établissement. Néanmoins, les produits locaux ou bio se font rares et "lorsqu'un élève ne consomme pas de viande ou de poisson, une alternative végétarienne n'est proposée que dans 17 % des établissements interrogés", précise le rapport. 

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