Parentalité positive : une minorité de parents applique ses principes

Bien que 80% des parents français connaissent la parentalité positive, seul 35% d'entre eux applique, au quotidien, cette approche bienveillante pour éduquer leurs enfants, selon une enquête de l'AFPA.

Parentalité positive : une minorité de parents applique ses principes
© Racorn - 123RF

Les modèles d'éducation évoluent de génération en génération. Aujourd'hui, 80,6 % des parents connaissent la définition de la parentalité positive (ou éducation bienveillante), selon une enquête de l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) intitulée "Mpedia Parentalité", menée auprès de 1062 parents en juin 2017 via son site Mpedia.fr. Pour autant, seuls 35 % d'entre eux l'appliquent actuellement, alors que beaucoup pensent que cette méthode les aiderait au quotidien, selon les résultats de l'étude publiés ce 19 juin. 

La fessée encore pratiquée en France. D'après l'enquête, 42 % des sondés ne considèrent pas la fessée comme une violence éducative, 20 % estiment qu'elle "remet les pendules à l'heure" et 22 % pensent que ce geste "calme tout le monde". Sans compter que la fessée n"a finalement pas été interdite par le Conseil constitutionnel, il reste donc du chemin à faire pour changer les mentalités dans les familles françaises. Selon l'AFPA, ces chiffres révèlent le besoin des parents d'être mieux informer et permettent de rappeler l'importance du rôle d'accompagnement des professionnels de la petite enfance. "Le pédiatre a ici un grand rôle à jouer et doit prendre le temps nécessaire avec les parents pour leur expliquer ce qu'est la parentalité positive", précise le Dr Gatard, pédiatre, dans le communiqué. 

Construire une relation de confiance. La parentalité positive représente une manière bienveillante d'éduquer son enfant tout en respectant des règles essentielles au bon fonctionnement de la famille. Privilégiant l'explication au lieu de la punition, elle permet un meilleur développement des compétences socio-émotionnelles et du sens des responsabilités de l'enfant. Mais pas que ! "L'éducation et une discipline positive ne redonnent pas uniquement de la dignité à l'enfant, elle en apporte également au parent qui l'applique et qui prend ou reprend confiance en ses capacités parentales", précise le pédiatre. Cependant, il ne s'agit pas d'une éducation laxiste où tout est permis, "mais de savoir conjuguer fermeté, encouragement et bienveillance pour aider l'enfant à devenir un adulte épanoui, responsable et autonome" explique Béatrice Sabaté, psychologue. La parentalité positive permet plutôt de "renoncer à ces anciennes modalités d'éducation dont les principes ont des répercussions terribles sur le long terme et sur la capacité que l'enfant aura de vivre en société", affirme le Docteur Gatard, qui interviendra sur le sujet lors du 24ème Congrès de l'AFPA consacré à la bientraitance des enfants, qui se déroulera du 23 au 25 juin prochain à Lille. 

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