Rythmes scolaires, programme... Qu'est-ce qui va changer à la rentrée ?

Recrutement de 2500 enseignants en CP, soutien scolaire gratuit pour les élèves de CM2, retour à la semaine de 4 jours, classes bilangues, redoublement... Qu'est-ce qui va vraiment changer à la rentrée 2017 ? On fait le point.

Rythmes scolaires, programme... Qu'est-ce qui va changer à la rentrée ?
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[Mise à jour du 26/06/2017]. Le nouveau premier ministre Jean-Michel Blanquer, ancien directeur de l'Essec, a d'ores et déjà annoncé certains changements à venir dans les programmes d'éducation et l'organisation scolaire de nos enfants. Parmi ces nouvelles mesures : le retour des classes bilangues et de la semaine de quatre jours, des classes de CP allégées (pas plus de 12 élèves) dans les écoles prioritaires, des devoirs faits en classe au collège, le recrutement de 2500 enseignants supplémentaires en CP, (dans les zones REP+, et un baccalauréat plus "musclé". On fait le point sur ce qui va réellement changer (ou non) d'ici la rentrée 2017. 

Les rythmes scolaires, au bon vouloir des communes. Les rythmes scolaires ne cessent de faire débat depuis leur mise en place en septembre 2014. Le tout nouveau ministre de l'Education a confirmé que chaque commune devra discuter localement du retour ou non à la semaine de quatre jours pour les écoliers du primaire. L'objectif d'Emmanuel Macron étant en effet de laisser davantage de flexibilité aux communes. Le 8 juin, un projet de décret a été examiné par le Conseil supérieur de l'Education. Il prévoit "un élargissement du champ des dérogations à l'organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques" et précise que les heures d'enseignement hebdomadaires (huit demi-journées) devront être réparties sur quatre jours. Le texte détermine notamment les conditions des rythmes scolaires (pas plus de 24h de cours par semaine, pas plus de 6h par jour, et 3h30 par demi-journée).

Le Sénat a de son côté livré ses recommandations suite à un bilan complet de la réforme des rythmes scolaires, après trois années de mise en œuvre. En ce qui concerne la semaine de 4 jours, le groupe de travail préconise "de garantir une prise en charge possible de tous les enfants le mercredi", et "d'instituer un maximum horaire de 5h30 d'enseignement par jour", ce qui impliquerait alors une diminution de la durée des vacances scolaires. Pour l'heure, la ville de Marseille, qui avait annoncé un retour à la semaine de quatre jours dès la rentrée de septembre 2017, change finalement d'avis compte tenu des délais trop courts. Nice semble avoir à l'inverse anticipé cette possibilité, précise le journal Le Parisien du 9 juin.

Un soutien scolaire gratuit en CM2. Afin de lutter contre l'échec scolaire, Jean-Michel Blanquer a annoncé dans l'édition du 7 juin du quotidien Le Parisien que les élèves de CM2 pourront bénéficier de soutien scolaire gratuit, avant leur entrée en 6ème. "Les enfants doivent pouvoir passer au collège avec une maîtrise des savoirs fondamentaux. Pour cela nous mettons en place, parmi d'autres outils, un stage d'accompagnement éducatif gratuit à la fin du mois d'août pour les élèves qui peuvent en avoir besoin, afin qu'ils puissent entrer en 6ème en ayant consolidé leurs connaissances, notamment en français et en mathématiques". Ces cours de soutien scolaire s'étaleront donc sur une semaine, à raison de 4h par jour ou plus.

Le retour des classes bilangues au collège. La réforme du collège mise en place l'an dernier par Najat-Vallaud Belkacem a longuement fait parler d'elle, notamment avec la suppression des classes bilangues. Si le gouvernement actuel souhaite, dès la rentrée, ré-intégrer les classes bilangues, il devra toutefois agir dès le mois de juin, période à laquelle les élèves de 6ème choisissent leurs options pour l'année suivante. En revanche, l'enseignement de la seconde langue vivante enseignée un an plus tôt, dès la cinquième, est bien maintenu. 

Les devoirs faits en classe. Le ministre de l'Education a annoncé la mise en place, dès le mois de septembre 2017 au collège, de dispositifs d'études dirigées. L'objectif : faire en sorte que les écoliers rentrent à la maison "les devoirs faits". Cet accompagnement après l'école aura lieu entre 16h et 18h. Déjà existant dans certains établissements scolaires d'Ile-de-France, de Lyon, de Rennes, de Bordeaux et de Lille, cette nouvelle mesure devrait être généralisée aux 5 300 collèges. Néanmoins, le coût de ce dispositif reste encore flou : on ne sait pas encore si le gouvernement optera pour des enseignants payés en heures supplémentaires ou s'il trouvera assez de bénévoles via des associations d'aide aux devoirs.

Des classes de CP allégées. Les classes de CP des quartiers défavorisés ne devront pas comporter plus de 12 élèves, avait annoncé Emmanuel Macron dans son programme présidentiel afin de lutter contre les inégalités et le décrochage scolaire. Mais concrètement, cette mesure pose encore un certain nombre d'interrogations. Par exemple, comment diviser la classe en deux dans des locaux déjà étroits ? En outre, le ministre de l'éducation nationale a annoncé que 2500 enseignants supplémentaires seraient recrutés d'ici la rentrée 2017, pour les classes de CP des réseaux d'éducation prioritaire renforcée (REP+). "Sur 4 000 créations de postes, nous en consacrons 2 500 en dédoublement des CP en REP+", a-t-il déclaré au quotidien La Voix du Nord du 25 juin.

Le redoublement ne sera plus une exception. Jean-Michel Blanquer a annoncé vouloir abroger le décret de novembre 2014 concernant "la pratique exceptionnelle" du redoublement. "Ce qui est important, c'est la personnalisation des parcours. Chaque élève doit avoir son parcours. Le redoublement peut être une solution. L'abrogation de ce décret fait partie des choses qui seront sur la table", a-t-il déclaré ce 30 mai sur RTL. A suivre donc. 

Un baccalauréat plus "musclé". Alors que la date du baccalauréat 2017 approche à grands pas, Jean-Michel Blanquer a déclaré vouloir se pencher sur une réforme du baccalauréat. Il pourrait ainsi contenir uniquement quatre matières obligatoires, avec éventuellement l'introduction d'un contrôle continu tout au long de l'année.

Vers la fin du tirage au sort pour l'entrée en fac. La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé au journal Le Parisien du 15 juin vouloir mettre fin au système de tirage au sort dans les filières en tension (PACES, droit, STAPS et psychologie), et ce dès 2018. "Le tirage au sort est un système dont on ne peut se satisfaire, c'est le plus injuste qui soit", a-t-elle déclaré. Et c'est en STAPS que le taux de satisfaction serait le plus faible (54%) selon la ministre. Elle préconise notamment de mieux informer et orienter les lycéens sur le contenu des filières proposées, et d'augmenter les ressources allouées aux universités.

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