Les enfants exposés dès 11 ans aux sites pornographiques

L'association Ennoncence alerte les parents et le gouvernement sur les sites de streaming et de téléchargement illégaux, qui exposent souvent les enfants, dès 11 ans, à la pornographie.

© Volha Zaitsava

Les sites de streaming sont particulièrement appréciés des enfants et adolescents qui téléchargent régulièrement leurs séries et dessins animés préférés. Mais la plupart d'entre eux sont exposés à des fenêtres intempestives à caractère pornographiques qui peuvent choquer. Selon une étude OpinionWay menée fin 2016 pour l'association Ennoncence, c'est à 11 ans que les enfants sont exposés pour la première fois à du contenu pornographique en ligne, après avoir surfé sur internet. Pire encore selon une étude internationale, les enfants visionneraient leur première vidéo à l'âge de 6 ans.

Ces jeunes accèdent donc à ces sites de manière involontaire. 14 % des 9-16 ans et 36 % des 15-16 ans admettent avoir surfé sur un site pour adultes. En effet, "ces sites pirates, bannis des régies publicitaires traditionnelles, se financent grâce à des réseaux de publicité agressive (pornographie, sites de rencontre, voyance, jeux en ligne…)", précise l'association dans un courrier adressé au gouvernement. Le président, Gordon Choisel, a d'ailleurs été reçu ce jeudi au cabinet de la secrétaire d'Etat chargée du Numérique, Axelle Lemaire. "Nous allons tenter de couper leurs rentrées financières en attaquant prochainement en justice l'une des régies publicitaires qui jouent les entremetteuses. Nous alerterons également chaque candidat à l'élection présidentielle pour les inciter à prendre position pour la lutte contre ce fléau", a-t-il déclaré au journal Le Parisien.

L'association préconise également une meilleure information auprès des parents et des enfants. "L'éducation sexuelle prévue par la loi sur l'IVG pourrait être étendue avec des cours d'éducation affective pour les enfants, une véritable campagne d'information pourrait être mise en place à destination des parents, et la création d'une incrimination spécifique permettrait d'attaquer en justice ceux qui alimentent des sites de streaming et de téléchargement où s'affichent des pub porno", a ajouté Gordon Choisel sur le site tempsreel.nouvelobs.com. Rappelons enfin que le plan de lutte contre les violences faites aux enfants, présenté le 1er mars par Laurence Rossignol, ministre de l'Enfance, des Familles et des Droits des femmes, traitera notamment de l'accès à la pornographie par les mineurs.

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