Education : la France mauvaise élève selon l'OCDE

Dans son rapport, l'OCDE fait le bilan sur les apprentissages et compare l'éducation entre les pays. Malgré des points positifs, la France pèche encore en matière de performances éducatives.

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Chaque année, l'Organisation de Coopération et de Développement (OCDE) compare les résultats des établissements scolaires et l'impact des apprentissages dans les 35 pays membres. Dans son rapport intitulé "Regards sur l'éducation 2016", l'OCDE détaille les points positifs et négatifs de la France. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'hexagone a encore des efforts à faire en matière de performances éducatives, malgré certaines avancées positives. "La France a réussi beaucoup de choses sur un plan quantitatif mais pêche toujours sur un plan qualitatif", commente Éric Charbonnier, expert éducation à l'OCDE. En effet, la France obtient la première place en ce qui concerne le taux de scolarisation précoce des enfants de 3 ans à l'école maternelle. Le nombre d'heures consacrées à la lecture et à l'écriture, et aux mathématiques, ainsi que les professeurs investis dès le primaire font aussi partie de ses points forts par rapport aux autres pays. 

Mais la France ne brille pas sur tous les plans. En cause notamment ? Le nombre moyen de jours passés en classe (le plus bas de tous les pays de l'OCDE), qui s'élève à 162 jours par an à l'école primaire en 2016, contre 200 jours pour les élèves d'Australie, du Brésil, de Colombie, du Danemark, d'Italie, d'Israël, du Japon, et du Mexique. Par ailleurs, le rapport pointe les lacunes de la réforme des rythmes scolaire ainsi que l'organisation des vacances scolaires. "Il faudrait mieux répartir les apprentissages, trouver du temps pour s'occuper des élèves en difficulté. La réforme des rythmes scolaires a permis de corriger un peu les choses mais à peine. La France reste très atypique", estime Éric Charbonnier. Quant à la réforme du collège, l'OCDE est sceptique en ce qui concerne sa mise en place cette année. 

Les enseignants, peu impliqués ? Contrairement aux autres pays, les enseignants français participent peu à la gestion de leur école. Au collège par exemple, les chefs d'établissement scolaire ne sont que 8 % à assister aux cours, contre 78 % aux Etats-Unis et en Angleterre et en moyenne 40 % pour les pays de l'OCDE. L'Organisation remarque par ailleurs que les chefs d'établissement "qui s'investissent davantage dans l'encadrement pédagogique sont en effet en poste dans des établissements où les enseignants collaborent davantage. Ce constat semble indiquer que les enseignants sont plus disposés à collaborer lorsque leur chef d'établissement prend des mesures pour les amener à travailler ensemble à l'élaboration de nouvelles méthodes pédagogiques. Dans les établissements dirigés de la sorte, les enseignants ont plus souvent coutume de s'échanger du matériel pédagogique, de discuter de l'évolution de certains élèves, de travailler ensemble pour garantir l'adoption de normes communes dans l'évaluation des progrès des élèves et de participer à des réunions d'équipe".

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