Attentats : quelles mesures de sécurité dans les écoles ?

A quelques jours de la rentrée, le gouvernement vient de présenter de nouvelles mesures et consignes de sécurité pour les établissements scolaires.

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[Mis à jour le 25/08/2016] Après la vague d'attentats qu'a connue la France, les ministres de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, viennent de présenter une série de mesures afin d'améliorer la sécurité des écoles à la rentrée. Une instruction à ce sujet destinée aux préfets et aux recteurs avait déjà été signée le 29 juillet dernier par les deux ministres.

Mobilisation des forces de sécurité. Parmi les principales mesures de sécurité figure le déploiement de patrouilles aux abords des établissements. Ce sont ainsi plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie nationale qui seront mobilisés le jour de la rentrée et une "attention particulière sera portée aux abords des établissements" tout au long de l'année, a assuré Bernard Cazeneuve.

Des réunions d'information. Il est demandé aux directeurs d'école de tenir "des réunions de rentrée avec les parents d'élèves pour leur exposer les mesures de sécurité prises". Dans les collèges et les lycées, les élèves et les parents doivent être informés "dès la rentrée" sur le sujet. Par ailleurs, afin que toute alerte puisse être rapidement transmise, les académies devront constituer un annuaire de l'ensemble des téléphones mobiles des chefs d'établissement et des inspecteurs. Elles devront ainsi tester l'envoi d'une alerte par SMS aux écoles le jour de la prérentrée.

Sécuriser les zones vulnérables dans les écoles. Les "espaces particulièrement vulnérables des établissements scolaires" tels que les accès isolés, les façades exposées, etc., doivent être sécurisés avec l'identification de "travaux prioritaires". "Une attention particulière sera portée aux abords" des écoles afin de "renforcer la surveillance sur la voie publique" et "éviter tout attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves", rappelle le texte. Ces consignes avaient en effet déjà été données fin 2015. Pour aider les collectivités à effectuer ces travaux, la ministre de l'Education a annoncé que 50 millions d'euros supplémentaires seront apportés au fonds interministériel de la prévention de la délinquance, qui sera alors de 120 millions d'euros.

Des exercices de simulation. Dans chaque école, collège et lycée, trois exercices seront organisés durant l'année scolaire, contre deux jusqu'à présent. Le premier devra être organisé avant les vacances de la Toussaint. L'un de ces exercices, de préférence le premier, devra par ailleurs porter sur un "attentat-intrusion". En ce qui concerne les tout-petits, ces enseignants devront avoir recours à "des logiques ludiques" comme "jouer à se cacher ou à se taire" lorsque le maître ou la maîtresse fait un geste particulier. D'autre part, cette alerte doit être "distincte de l'alerte incendie" et "audible", précise l'instruction.

Sensibiliser aux gestes qui sauvent. Tous les élèves de troisième seront sensibilisés aux gestes qui sauvent afin d'améliorer les "capacités de résilience", c'est-à-dire "la capacité à ne pas se laisser surprendre et à avoir les bonnes réactions". Les élèves délégués seront quant à eux formés au brevet de secouriste. Cette formation est toutefois déjà obligatoire au collège et au lycée depuis le décret d'application datant de 2006.

Suivre les élèves signalés pour radicalisation. L'instruction précise par ailleurs que les élèves et les personnels "signalés comme entrés dans un processus de radicalisation" devront être suivis. Les préfets devront ainsi informer les inspecteurs d'académie "des résultats et des suites des évaluations" réalisées après signalement. Les chefs d'établissement seront eux aussi informés des situations les plus sensibles "afin d'examiner les conditions de scolarisation et de suivi éducatif de ces jeunes". Le même dispositif est prévu pour le personnel exerçant dans les établissements scolaires.

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