Ces 5 crèmes solaires pour enfants ne protègent pas des UVA selon l'UFC Que Choisir

L'UFC-Que Choisir attaque cinq fabricants de crèmes solaires pour enfants, en raison de "graves carences" et d'une très faible protection aux UVA constatée sur près d'un tiers des produits testés.

©  Igor Yaruta

[Mise à jour du 12/07/2016]. En vacances, la plupart des parents badigeonnent leurs enfants de crème solaire pour les protéger des UV. Mais contrairement à ce certaines marques avancent sur leurs emballages, les produits utilisés ne sont pas tous fiables, dénonce L'Union fédérale des consommateurs-Que choisir. L'association relève même de "graves carences" et une très faible protection aux UVA sur près d'un tiers des 17 produits d'indice 50 et 50+ destinés aux enfants et testés en laboratoires.

Précisons que les UV B, responsables de l'apparition des coups de soleil, ne sont pas les seuls à induire un risque de cancer de la peau. Comme le rappelle l'Institut national du cancer, on sait aujourd'hui que les UVA, même s'ils sont moins énergétiques que les UVB, y "contribuent autant". Ainsi, ce n'est pas parce que vous ne prenez pas de coups de soleil, que vous ne consommez pas votre capital de résistance aux UV et donc que vous êtes protégé du risque de cancer. Autrement dit, contrairement aux UVB dont les effets sont visibles par les coups de soleil, les UVA ne laissent pas de trace, à court terme, alors qu'ils peuvent avoir des effets négatifs à long terme. D'où l'importance pour les parents de bénéficier d'une information fiable sur les emballages.

Cinq fabricants pointés du doigt. Dans un communiqué, l'UFC-Que Choisir annonce qu'elle porte plainte contre cinq fabriquants (Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa) pour "pratique commerciale trompeuse et tromperie" et réclame "sans délai" un rappel de produits ainsi que le retrait des articles concernés des rayons. Elle tient également à alerter les parents sur les risques de ces crèmes, sprays et laits solaires. "Tous ces produits sont porteurs d'indices élevés ainsi que des mentions "Haute protection" ou "Très haute protection" et affichent sur leur emballage le logo "UVA" laissant croire à tort aux consommateurs que les produits sont pleinement protecteurs". En réalité, toutes les crèmes testées protègent correctement des UVB, mais "elles n'offrent pas toutes la protection minimale contre les UVA requise par les experts français et les autorités européennes" ajoute l'UFC. C'est notamment le cas pour cinq produits analysés :

  • le lait solaire spécial enfant 50+ de Clarins (le plus mal noté),
  • Photoderm kid 50+ de Bioderma,
  • le lait solaire kids 50+ "bio" de Biosolis,
  • la crème solaire enfant 50+ "bio" d'Alga Maris,
  • le Spray hydratant kids "bio" 50 de Lovéa.

Les crèmes solaires "bio", très décevantes. Pour l'UFC-Que Choisir, ces produits biologiques à base d'ingrédients naturels sont "inefficaces pour arrêter correctement les UVA". Ainsi, "sur les cinq produits testés, deux offrent une protection à peine correcte et trois une protection très insuffisante". 

Des accusations nuancées par l'industrie. "Je suis sûre que les produits mis sur le marché sont conformes à la réglementation", a déclaré Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires à la Febea, syndicat professionnel du secteur cosmétique en France. Selon elle, les tests de l'UFC-Que Choisir ne sont pas réellement fiables car ils sont basés sur des tests in vitro, moins efficaces que les tests in vivo. L'association a par ailleurs "fait une petite erreur de méthodologie" concernant le niveau de protection et la conformité à la norme européenne, ajoute la représentante des fabricants. La marque Lovea, attaquée pour son Spray SPF50 Kids Bio rapelle que son produit "est tout à fait conforme à la réglementation Européenne. Tous les tests sont réalisés par un laboratoire indépendant garantissant des résultats objectifs et conformes à la réglementation". La marque Clarins tient elle aussi à rassurer ses consommateurs sur le fait que son produit "délivre toutes ses promesses et est parfaitement conforme à la réglementation européenne applicable. Nous considérons que les critiques formulées par UFC Que Choisir ne sont pas fondées sur des preuves scientifiques irréfutables et qu'elles portent atteinte à la réputation de notre Marque", précise Clarins dans un communiqué. 

Difficile donc pour les parents de s'y retrouver avant de partir en vacances. Rappelons que la meilleure protection pour son enfant est de ne pas l'exposer au soleil aux heures les plus chaudes. Le Dr Blanchet-Bardon, dermatologue, avait conseillé lors d'une interview accordée au JournaldesFemmes, de laisser aux petits un t-shirt, plutôt de couleur foncée, lorsqu'ils jouent sur la plage ou qu'ils se baignent. "C'est la mesure la plus efficace, mais aussi plus économique".

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