Les Français boudent les colonies de vacances

76% des parents ont une bonne opinion des colonies de vacances, mais ils sont de moins en moins à y envoyer leurs enfants, par souci financier ou par manque de confiance envers les accompagnants, selon un sondage Ifop.

© Sergey Novikov

"Les jolies colonies de vacances, merci maman, merci papa..." fredonnait Pierre Perret dans sa chanson, qui mettait tout le monde d'accord sur l'ambiance et le bonheur des enfants revenant de colos. Leur seule hâte : y retourner "tous les ans". Aujourd'hui, les parents ont toujours une bonne opinion des colonies de vacances. Selon un sondage Ifop pour Jeunesse au Plein Air (JPA), relayé par l'AFP, un organisme qui soutient financièrement le départs des enfants en colonies de vacances, les Français seraient 76 % à avoir une bonne image de ces séjours, et plus de 80 % pour ceux ayant déjà envoyé leurs bambins. Selon eux, les colos permettent aux bambins de se faire des copains et se sociabiliser, de revenir avec des souvenirs inoubliables, d'apprendre à vivre en collectivité et de découvrir des animations typiques telles que les veillées ou les jeux de groupe. 77 % des parents estiment aussi que les colonies de vacance sont plus innovantes et ont su évoluer avec leur temps. 

Pourtant, de moins en moins de parents envoient leurs enfants en colos. Si la plupart des Français ont une bonne image de ces séjours collectifs, ils sont de moins en moins à y envoyer leur progéniture. Selon le ministère de la Jeunesse, le nombre d'enfants accueillis en colos est passé de 1,5 million en 2007 à 1,3 million en 2014. En 1995, le taux de départ des 5-19 ans avait même atteint 14 % pour des séjours de plus de cinq nuits en collectivité, pour chuter de moitié en 2011 à 7,5 %, selon un rapport parlementaire de 2013. Par ailleurs, la durée des séjours, d'en moyenne 9 jours, a également diminué. 

Pourquoi les enfants partent-ils moins en colos ? Selon les résultats du sondage, 59% des parents invoquent des raisons financières : il faut compter en moyenne 500 euros pour un séjour d'une semaine. Parmi les autres freins, figure le manque de confiance envers le personnel accompagnant pour 57% des personnes interrogées, sans doute par crainte d'accidents ou encore en lien avec les récentes affaires de pédophilie à l'école, précise l'organisme qui de son côté attribue des aides pour permettre à tous les enfants de partir en vacances, en toute sécurité, grâce notamment à un système d'information relatif à l'accueil de mineurs. "Les colonies de vacances, c'est aussi important que l'école. Il faut réussir à leur redonner une place importante dans le parcours de vie de l'enfant", a déclaré Anne Carayon, directrice générale de Jeunesse au Plein Air.

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