Mais pourquoi les enfants refusent-ils de s'endormir ?

Rares sont les enfants qui parviennent à se coucher rapidement, sans un, voire plusieurs, rappels. Le psychologue Harry Ifergan propose un rituel qui peut les aider à exprimer leurs angoisses.

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Câlin, soif, couche mouillée… Quant vient l'heure de dormir, les enfants ne manquent pas d'imagination pour se lever de leur lit ou retarder l'heure d'endormissement. S'il y a des enfants qui se mettent facilement au lit, ce n'est pas le cas de tous. La plupart des bambins vont hurler, se lever, appeler leur parent et trouver un prétexte pour ne pas dormir tout de suite. Mais pourquoi la majorité des enfants éprouvent-ils tant de difficultés à s'endormir ? "Le jeune enfant a une activité psychique intense due à ce qu'il apprend, ce qu'il vit au quotidien. Le soir, au moment du coucher, il y a moins de bruit, le silence règne dans sa chambre. C'est alors le moment propice pour lui de réfléchir, de visualiser sa journée. Tous ses désirs et contraintes vont alors se confronter", a expliqué le psychologue Harry Ifergan lors d'une conférence "Parole de Mamans academy", le 12 mai 2016. Le coucher est aussi "un temps intense pendant lequel l'enfant va se concentrer à devoir admettre qu'il n'est pas le maître". En trouvant des prétextes pour se relever et/ou ne pas être seul, il "retarde en fait le moment de confrontation avec ses angoisses".

Instaurer un rituel. Face à cette situation, il n'est pas toujours facile de savoir quoi faire en tant que parent. Faut-il aller le voir ou le laisser pleurer jusqu'à ce qu'il se calme ? "Tant que l'enfant n'est pas malade, il faut le laisser au maximum autonome, et ce même s'il pleure", affirme Harry Ifergan. Si un parent va voir son enfant, il doit avoir un visage impassible quand il lui parle. Celui-ci ne doit pas sentir que sa maman ou son papa regrette par exemple de le laisser seul dans son lit. Il faut savoir que lorsque les parents contrôlent mal leurs émotions, cela peut déclencher des peurs chez l'enfant. Par ailleurs, le fait de dire à son enfant que l'on comprend sa crainte mais que l'on a confiance en lui, va le rassurer. Toutefois, "il ne faut également pas hésiter à dire à son enfant lorsqu'on est fatigué". Harry Ifergan conseille enfin à la maman ou au papa d'instaurer un rituel dès 3 ans et jusqu'à l'adolescence. Il consiste en fait à "demander à l'enfant de raconter une seule chose de sa journée qui lui a fait plaisir mais aussi une chose qui l'a fait souffrir. Le fait de raconter quelque chose qui ne lui a pas plu produit un rituel nécessaire pour l'enfant. Cela l'habitue à s'exprimer auprès de ses parents".

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