82% des familles monoparentales sont fières d'élever seules leurs enfants

Selon une étude du site Uniparent, la monoparentalité n'est pas toujours vécue comme une contrainte par les familles. Seule la moitié d'entre elles aimerait de nouveau former une famille classique.

© Pavel Ilyukhin

En France, 22% des familles sont monoparentales, à la suite d'une séparation, d'un divorce, ou d'un décès. Même si la majorité des parents peuvent rencontrer des difficultés morales ou matérielles en élevant seuls leurs enfants, ils ne vivent pas forcément la monoparentalité comme une contrainte ou une souffrance, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Selon une étude réalisée auprès de 905 personnes par Uniparent, la nouvelle plateforme participative dédiée à la monoparentalité, 82 % des familles monoparentales sont "fières d'élever seules leurs enfants". D'ailleurs, 50% des personnes interrogées ne souhaitent pas reformer de famille classique. En effet, 87 % estiment que "c'est beaucoup mieux que deux parents qui se disputent", 68 % déclarent qu'il n'y a "pas besoin de discuter de tout" et 83% y voient plus de facilité pour transmettre leur culture. "Cette fierté est importante pour ces familles puisqu'elle permet de compenser les difficultés rencontrées", précise Sophie Braun, psychothérapeute et psychanalyste, lors de la conférence de presse.

Comment les parents vivent-ils la monoparentalité ? L'étude révèle plusieurs profils de familles monoparentales : les parents inquiets (30 %), les parents en difficulté (25 %), les résistants (26 %) et enfin, ceux qui sont satisfaits de leur situation (18 %).

  • Pour les premiers, la principale volonté est de construire une nouvelle famille. Ils représentent 71 % des parents inquiets contre 50 % en moyenne des familles monoparentales. Ce qui les stresse le plus ? Le fait d'être toujours responsable de son enfant, pour 75 % d'entre eux. 
  • Les préoccupations diffèrent pour les parents qui se sentent "en difficulté". La majorité d'entre eux s'imposent des restrictions et se sacrifient pour leurs enfants, tant au niveau des sorties et des activités, que de leurs relations sociales, sentimentales ou professionnelles. Résultat : 82 % d'entre eux se sentent isolés (contre 50 % des personnes interrogées) et 79 % ont du mal à voir leurs amis (contre 46 % de la moyenne). Pour Sophie Braun, les restrictions ne sont pas bénéfiques pour les enfants. "Ces derniers peuvent ressentir une certaine pression lorsque leurs parents se sacrifient pour eux. Ils peuvent alors se sentir décevant, et avoir le sentiment de devoir toujours être à la hauteur".
  • Dans la catégorie des parents résistants, on compte 89 % de femmes. Même si la majorité d'entre elles déclare manquer de temps (70%) ou être fatiguée (66%), elles semblent assumer pleinement leur rôle de mère célibataire. Ainsi, 63 % des parents rejettent l'idée que "leur enfant souffre par rapport à une famille classique".
  • Enfin, 18 % des parents accomplis forment une image "heureuse" de la monoparentalité. Ils sont plus nombreux que la moyenne à voir leurs amis (73 % contre 49 %) ou à sortir au restaurant (32 % contre 21 %).

Rappelons que selon une étude de l'Insee menée en 2012 auprès de familles monoparentales d'Ile-de-France, les femmes s'occupent seules de leurs enfants dans plus de huit cas sur dix. La moitié de ces familles ont d'ailleurs un niveau de vie inférieur à 1400 euros mensuel, soit 28% de moins que celui des couples avec enfants. Quant au logement, il est souvent trop petit, notamment à Paris ou en petite couronne.

La journée K, pour les familles monoparentales. Une journée est organisée par la Fondation K d'urgences, ce mercredi 1er juin au Jardin d'Acclimatation. Les familles monoparentales pourront y rencontrer des professionnels et associations pour obtenir des conseils gratuits et de nombreuses animations pour enfants seront organisées, de 9h30 à 18h.

La journée K a lieu le 1er juin au Jardin d'Acclimatation à l'occasion de la Journée Mondiale des parents © association K d'urgences

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