Le gouvernement se mobilise pour la scolarisation des enfants de moins de 3 ans

Le gouvernement souhaite augmenter la scolarisation des enfants dès l'âge de 2 ans à la rentrée 2016. Et mieux informer les familles, qui étaient jusqu'alors plutôt réticentes.

©  Inara Prusakova

[Mise à jour 08/07/2016] Lors d'une conférence de presse organisée ce lundi 4 avril, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Laurence ROSSIGNOL, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, ont présenté les mesures du gouvernement pour favoriser la scolarisation des jeunes enfants avant l'âge de 3ans. 

Selon le gouvernement, la scolarisation précoce est en effet "un moyen efficace de favoriser la réussite scolaire du jeune enfant, en particulier lorsque, pour des raisons sociales, culturelles ou linguistiques, sa famille est éloignée de la culture scolaire". Cette scolarisation précoce est donc particulièrement justifiée dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé. "Parce que les inégalités qui apparaissent dès les premiers moments de la vie peuvent s'installer pour très longtemps, parce qu'un enfant de 3 ans issu de milieu populaire a trois fois moins de vocabulaire qu'un enfant issu de milieu favorisé, la scolarisation des enfants les plus jeunes est au cœur des préoccupations du gouvernement", précise le gouvernement.

Quels sont les objectifs du gouvernement ? Pour réduire ces inégalités et donner plus de chances de réussite à chacun, le ministère a pour objectif de créer 3 000 postes d'enseignants, et de scolariser 30 % des enfants de moins de 3 ans dans les zones défavorisées d'ici 2017 et 50 % de ceux étant en REP+ (réseaux d'éducation prioritaire renforcés). Depuis 2012, près de 25 000 places supplémentaires ont été ouvertes pour les tout-petits mais certaines sont encore vacantes. Un défi pour le ministère de l'Education qui rappelle que la scolarisation des moins de 3 ans est passée de 35 % à 11 % entre 2001 et 2012, en raison notamment de la suppression de postes dans l'éducation nationale sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Malgré tout, le gouvernement souligne que parmi les 25 000 places créées pour les moins de trois ans depuis 2012, "de nombreuses" sont restées vacantes. Ce qui souligne à la fois une réticence de la part des parents, mais aussi des difficultés pour mettre en place des conditions d'accueil optimal des moins de deux ans dans les écoles. C'est pourquoi, le gouvernement mobilise aujourd'hui les principaux acteurs afin notamment de mieux informer les familles de l'intérêt d'une scolarisation précoce, dès 2 ans. 

Quelles sont les mesures pour favoriser la scolarisation précoce ? Concrètement, dès le mois d'avril, les directeurs académiques des services de l'Education nationale devront estimer et communiquer le nombre de places disponibles pour la rentrée 2016 auprès de la Caisse d'allocations familiales (CAF). Cette dernière contactera par mail les parents d'enfants de moins de trois ans afin de les informer et de les inciter à inscrire leur tout-petit auprès de leur mairie. Ces messages sont accompagnés de vidéos où témoignent des enseignantes et des mères dont les enfants de 2 ans vont à l'école. Enfin, les services de Protection maternelle et infantile (PMI), et les différents lieux d'accueil parents-enfants ainsi que les centres sociaux pourront sensibiliser les parents à l'intérêt d'une scolarisation précoce. 

Les bénéfices de la scolarisation des enfants de moins de trois ans 
© Ministère de l'Education nationale

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