Séparations, familles recomposées... Comment évolue la vie familiale en France ?

Des séparations plus fréquentes, plus de familles recomposées, mais aussi de résidences alternées. Même si le modèle familial reste majoritairement classique, il évolue sensiblement, selon une récente enquête de l’Insee.

Séparations, familles recomposées... Comment évolue la vie familiale en France ?
© goodluz

Si le modèle "marié, deux enfants" est le plus fréquemment rencontré en France, la monoparentalité est en hausse, tout comme les résidences alternées. C'est le constat qu'a fait l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une enquête intitulée "Couples et familles". Les évolutions récentes de la vie de couple et de la vie familiale y sont ainsi décrites. Pour arriver à ces conclusions, l'Insee s'est basée sur des études menées principalement en 2011, complétées par certaines analyses des années suivantes.

2 familles monoparentales sur 10. Selon des données de 2011, deux adultes français sur trois sont en couple et 96% d'entre eux vivent ensemble. Ils sont par ailleurs 73% à être mariés, 4% à être pacsés, 23% à vivre en union libre. De plus, 0,6% des personnes en couple sont de même sexe. Rappelons cependant que les couples homosexuels ne pouvaient pas encore se marier en 2011, la loi autorisant le mariage gay ayant été adoptée en 2013. S'il apparaît que le couple français est assez classique, les familles sont elles aussi plutôt traditionnelles. Elles sont ainsi 70% à être constituées d'un couple cohabitant, marié ou non, et de leurs enfants. Toutefois, le modèle familial est en train d'évoluer. L'Insee a en effet constaté que deux familles sur dix sont monoparentales, soit 4% de plus qu'en 1999. Ce sont surtout les femmes les moins diplômées qui sont concernées. La proportion de familles recomposées est elle aussi en hausse avec 9,3% en 2011 contre 8,7% en 1999.

La résidence alternée se fraye un chemin. Après un divorce, la résidence alternée est accordée à 16% des couples avec enfant(s) mineur(s) passés devant le juge. Elle "est deux fois plus fréquente en cas de divorce par consentement mutuel que dans les procédures de divorce contentieuses ou entre parents non mariés", note l'Insee. Toutefois, la résidence unique chez la mère, décidée pour 75% des enfants, reste la situation la plus fréquente.

Les femmes, plus impactées financièrement après une séparation. Un divorce ou une rupture de Pacs a des effets sur le niveau de vie, et cela aussi bien chez les femmes que chez les hommes mais pas dans la même mesure. En effet, "la perte de niveau de vie directement imputable à la rupture est de l'ordre de 20% pour les femmes et de 3% pour les hommes". Pour les femmes, ce niveau baisse de 14,5% après une séparation alors qu'il aurait augmenté de 5,5% si elles étaient restées en couple. Les hommes, eux, ont un niveau de vie plus élevé après une rupture (3,5%) mais moindre que s'ils ne s'étaient pas séparés (6,5%). L'Insee a par ailleurs constaté que les parents de familles monoparentales, en majorité des femmes, ont des conditions de vie moins favorables (niveaux de vie plus faibles, logements plus petits…).

Les couples se forment plus tardivement et se séparent davantage. Chaque année, ce sont en moyenne 290 000 couples habitant ensemble qui se séparent. "De plus, une personne sur cinq s'est séparée de son premier conjoint avant cinq années de cohabitation". Il est en effet de plus en plus fréquent de vivre plusieurs unions au cours de sa vie. Et bien que les unions deviennent plus fragiles et de plus en plus courtes, le fait de vivre avec son premier et unique conjoint reste la situation conjugale dominante.

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