30 20, le numéro vert pour dire Non au Harcèlement

Najat Vallaud Belkacem à présenté ses mesures pour lutter contre le harcèlement scolaire : une journée nationale le 5 novembre, un clip de sensibilisation et un numéro pour soutenir les victimes : le 3020.

© stefanolunardi

Insultes, brimades, mises à l'écart, violences physiques, moqueries... Le harcèlement scolaire touche aujourd'hui encore un enfant sur dix, soit près de 700 000 élèves chaque année en France. Pour briser la loi du silence, le gouvernement présentait ce matin ses nouvelles mesures afin de lutter contre le harcèlement scolaire, dès le primaire, car "c'est dès le plus jeune âge qu'apparaissent les premières situations de harcèment", a précisé la ministre de l'Education Najat Vallaud Belkacem. 

Un numéro vert "Non au Harcèlement" : le 30 20

Destiné aux victimes et aux familles d'enfants harcelés, ce numéro vert à 4 chiffres (3020) est simple à retenir. Gratuit et ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18 (sauf les jours fériés), il permet d'apporter des conseils et une véritable prise en charge en cas de harcèlement. "Un référent, capable de prendre entièrement en charge la situation, se rend ainsi disponible, par exemple pour prendre directement contact avec l'établissement et effectuer les démarches nécessaires visant à mettre fin au harcèlement de l'enfant à l'école", détaille Najat Vallaud Belkacem.

Un clip de prévention

Réalisé par Mélissa Theuriau et Sébastien Devaud, ce clip vise à sensibiliser les 7-11 ans au harcèlement scolaire et leur faire connaître le numéro vert, le 3020. Dans ce film qui sera diffusé sur internet, à la télévision et dans certaines salles de cinéma, on découvre Baptiste, un jeune élève de primaire, qui reçoit des boulettes de papier et se fait insulter par ses camarades de classe, pendant que sa maîtresse écrit au tableau, le dos tourné. "Minus", "Tu sers à rien", "T'es nul", "Débile"... L'enseignante se rend alors compte que le petit garçon n'est pas concentré en lui signalant son manque d'attention, un premier signal pour repérer le harcèlement chez un enfant. Mais ce dernier, comme beaucoup de victimes, n'est pas en mesure de parler ni de se confier. Les élèves se retrouvent dans le couloir, les insultes persistent, jusqu'à ce qu'une petite fille brise le silence en lui proposant son aide. "Baptiste, il faut qu'on parle, je peux t'aider", lui dit-elle.

"J'ai trouvé intéressant d'accer cette campagne avec les plus petits, dès le primaire, afin d'anticiper les situations", a déclaré Mélissa Theuriau, elle aussi victime de harcèlement durant son adolescence. "L'idée était de faire prendre conscience aux enfants des conséquences du harcèlement sans pour autant les culpabiliser", ajoute-t-elle. Et de rappeler aussi, qu'un enfant qui souffre n'est pas capable d'apprendre, d'où l'importance de repérer les signaux d'alerte.

Voir la campagne de sensibilisation : 

Campagne Non Au Harcèlement - Le harcèlement... par EducationFrance

Une journée nationale pour dire "Non au harcèlement"

Une journée nationale de sensibilisation sera organisée chaque premier jeudi qui suit les vacances de la Toussaint. Cette année, elle se déroulera donc le 5 novembre. L'objectif : faire connaître les solutions existantes mises en place par le gouvernement et "ne laisser aucune famille ni aucun enfant seul face à une situation de harcèlement". Cette journée est aussi l'occasion de "mobiliser l'ensemble de la société parce que ce phénomène est l'affaire de tous", a déclaré la ministre. Pour cela, le gouvernement souhaite sensibiliser à la fois les professeurs et responsables d'établissements scolaires, mais aussi les parents, les victimes, les témoins et les harceleurs, en leur apportant (notamment sur les réseaux sociaux et à travers le site rénové www.nonauharcelement.education.gouv.fr), les informations et outils nécessaires, en fonction des situations. 

  • Le personnel des établissements scolaires mieux formés. Fiches conseils, guides et outils pédagogiques, protocoles... De nombreux outils sont mis à disposition des écoles, des responsables d'établissements et des enseignants pour permettre à chacun de répondre aux situations de harcèlement. Le gouvernement souhaite former 1 500 formateurs et sensibiliser 300 000 personnes d'ici la fin de l'année 2016. "Le harcèlement ne pourra diminuer que si chaque école et chaque établissement met en place un plan de prévention. Il ne s'agit pas seulement de répondre aux situations rencontrées mais bien d'empêcher que des enfants ne soient harcelés en consolidant une politique préventive efficace en lien avec les familles et les partenaires de l'école", précise Najat Vallaud Belkacem. Elle rappelle d'ailleurs qu'un plan de prévention des violences et du harcèlement est obligatoire dans toutes les écoles et tous les établissements selon les articles D 411-2 et R 421-20 du Code de l’Education. 
  • Sensibiliser les élèves aux cas de harcèlement scolaire. Depuis 2013, le Prix "Non au harcèlement" est organisé dans les écoles, et à ce jour, plus de 1 600 établissements y ont participé. Ce projet permet aux élèves  de 8 à 18 ans de prendre la parole pour s'exprimer sur le harcèlement à travers la réalisation d'une affiche, ou d'une vidéo, qui servira ensuite de support de communication au sein de leur établissement scolaire. Pour cette troisième édition, une rubrique "harcèlement sexiste" (pour les 4e/3e et les lycéens) a été créée, en partenariat avec le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Une remise des prix nationaux aura ensuite lieu en mai 2016 pour récompenser les meilleurs projets. En voici un exemple : 

  • Autres nouveautés : Le harcèlement s'inscrit cette année dans les programmes d'enseignement moral et civique, et une réserve citoyenne, créée après les attentats de Charlie Hebdo, permet à toute personne engagée, de s'inscrire pour apporter son témoignage et son expérience en témoignant auprès des élèves dans les classes. Enfin, davantage d'ambassadeurs lycéens (bénévoles) seront formés dès à présent pour mener des actions de sensibilisation dans leur établissement scolaire ainsi que dans les écoles primaires et les collèges situés aux alentours. Ce dispositif (jusqu'à présent mené à titre expérimental) a montré son efficacité. Cette formation par les pairs permet ainsi d'apporter un soutien aux élèves victimes, de les soutenir et de les informer. 
La campagne de sensibilisation Non au Harcèlement
© Ministère de l'Education

 

Pour en savoir plus : 

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