Combien d'heures de sommeil a besoin un enfant selon son âge ?

A quel heure faut-il coucher les enfants ? Combien d'heures de sommeil ont-ils besoin en fonction de leur âge ? Quels sont les risques d'une privation de sommeil sur leur comportement ? Les conseils du Dr Royant-Parola.

© © Andrey Popov

[Mise à jour du 15/06/2016] Si les nouveau-nés dorment pratiquement toute la journée, c'est parce qu'ils ont besoin davantage d'heures de sommeil que les plus grands. Mais avec l'âge, ce besoin en sommeil évolue. Selon la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil de l'Université de Lyon, c'est entre 6 mois et 4 ans que les tout-petits réduisent considérablement leur temps de sommeil, de manière progressive. A un an par exemple, entre les nuits et les siestes, un enfant a besoin de 14 heures de sommeil. Entre 3 et 5 ans, un enfant a besoin de 12 heures. Puis, la durée de sommeil nécessaire est réduite à 11 heures entre 6 et 9 ans, 10 heures entre 10 et 12 ans, jusqu'à 8 heures à l'âge adulte.

Des experts américains, qui ont analysé durant dix mois 864 études portant sur le lien entre le sommeil et la santé des enfants, viennent confirmer ces recommandations. Suite aux résultats de l'enquête, l'Académie américaine de la médecine du sommeil préconise 8 à 16 heures de sommeil par jour, siestes comprises, selon l'âge des enfants. 

  • De 4 à 12 mois : 16 heures de sommeil par jour ; 
  • De 1 à 2 ans : 11 à 14 heures par jour ;
  • De 3 à 5 ans : 10 à 13 heures par jour ;
  • De 6 à 12 ans : 9 à 12 heures par jour ;
  • De 13 à 18 ans : 8 à 10 heures par jour.

La privation de sommeil, quelles conséquences sur l'enfant ? 

Pour le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et médecin spécialiste du sommeil, il est indispensable de respecter le rythme des enfants, en les couchant tôt selon leur âge (idéalement entre 19h et 20h jusqu'à l'âge de 8 ans). Elle met également les parents en garde sur les conséquences liées à la privation de sommeil. "L'enfant peut être moins apte à apprendre, à être attentif en classe, ce qui influe sur sa vie sociale, nécessaire pour son développement", précise-t-elle. Autres conséquences : l'enfant peut devenir perturbateur, non réceptif aux consignes de ses professeurs, avoir moins d'intérêt pour l'école, ce qui peut aussi entraîner un risque de souffrance. "L'enfant se sent alors exclu, dévalorisé et à la traîne par rapport à ses petits camarades. De plus, il va avoir plus de mal à s'intégrer en classe, et côté alimentation, il aura plus tendance à grignoter et à grossir", explique la psychiatre. 

Durée moyenne du sommeil en fonction de l'âge de l'enfant (en noir : sommeil nocturne, en rayé : siestes)
 © Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil de l'Université de Lyon

 

"L'intérêt de l'enfant avant tout"

Généralement, les parents sont souvent un peu "égoïstes" : certains admettent coucher leurs enfants un peu plus tard car ils n'ont pas le temps de les voir en rentrant du travail. "Si les parents rentrent tard, il doivent s'organiser pour arriver plus tôt à la maison, ou faire un roulement une fois sur deux entre le père et la mère", conseille la psychiatre. Chacun pourrait ainsi s'occuper des enfants à tour de rôle et profiter d'eux en semaine, et non plus uniquement le week-end. Si cette solution n'est pas possible en fonction des contraintes professionnelles, "l'intérêt de l'enfant doit primer sur l'envie des parents", ajoute Sylvie Royant-Parola.

Quels conseils donner aux parents ?

"Il faut tout d'abord rester attentif aux signes de fatigue et regarder ce qu'il se passe durant la journée", explique la psychiatre. L'enfant est-il "ronchon" ?, se frotte-t-il les yeux à longueur de journée en mettant son pouce à la bouche ? Est-il souvent "insupportable" et colérique ? Ces signes doivent en effet alerter les parents sur le manque de sommeil de leur tout-petit. Il est important également de respecter les heures de sommeil dont l'enfant a besoin en fonction de son âge, et le week-end, le coucher plus tôt et éventuellement le laisser dormir (légèrement) plus. Néanmoins, un enfant fait rarement de grasse matinée, alors pas question non plus de les laisser veiller tard sous prétexte que c'est le week-end, au risque de les décaler dès le lundi matin... Aussi, si l'enfant est fatigué, on n'hésite pas à le coucher plus tôt, mais à le réveiller aux heures habituelles.

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