Mon enfant fait des cauchemars, que faire ?

La plupart des enfants cauchemardent. Pleurs, cris, angoisse… Les parents peuvent parfois se sentir un peu dépassés. Stephan Valentin, docteur en psychologie et spécialiste de la petite enfance, nous aide à y voir plus clair.

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Pendant la nuit, il se peut que votre enfant se mette tout à coup à crier, à pleurer, à être angoissé… Il est alors fort probable qu'il ait cauchemardé. S'il n'est pas toujours facile de le calmer, il ne faut toutefois pas s'inquiéter. Les cauchemars qui varient en intensité d'un enfant à l'autre sont un comportement du sommeil tout à fait normal. Ils sont fréquents entre quatre et huit ans mais peuvent parfois apparaître dès l'âge de trois ans. Un tiers des enfants serait concerné par ces mauvais rêves.

Quelle est l’origine des cauchemars ? En même temps qu'ils développent leur imagination et leur fantaisie, les enfants prennent pleinement conscience de leur environnement. Lorsqu'ils font cauchemars, ils expriment alors une inquiétude ou une angoisse qui n’est pas nécessairement provoquée par un événement traumatisant. Ainsi, un enfant qui découvre quelque chose une première fois peut se mettre à cauchemarder. "Un enfant préoccupé par ce qu’il se passe dans sa vie actuelle peut faire des cauchemars. Cela peut être dû à la pression scolaire, à un divorce, à des disputes avec des amis, à un décès d’un proche…", précise Stephan Valentin, docteur en psychologie et auteur du livre "Mon bébé fait enfin ses nuits… et moi aussi !". D'ailleurs, les parents peuvent parfois ne pas s’apercevoir qu’un événement a troublé leur enfant. C’est durant la nuit que son anxiété va alors apparaître sous forme de cauchemar.

Est-ce normal de cauchemarder ? Les cauchemars qui varient en intensité d’un enfant à l’autre sont un comportement du sommeil tout à fait normal. C’est l’inconscient qui en est à l’origine. Le Dr Valentin précise dans son livre que les cauchemars "expriment nos émotions, souvent celles vécues dans la journée même. C’est parce que nos défenses psychiques sont plus relâchées dans le rêve que les émotions peuvent y faire plus facilement surface". Celui-ci estime par ailleurs qu’il vaut mieux "éviter des situations qui pourraient être source de cauchemars comme par exemple regarder des jeux vidéo violents ou des films effrayants".

Ont-ils une signification ? Monstres, sorcières, méchants… Ces personnages habitent souvent les cauchemars de l’enfant et ils lui font peur. "Ces créatures horribles symbolisent d’une part les interdits de ses parents mais aussi ceux du monde des adultes qui lui disent toute la journée ce qu’il doit faire et ne pas faire. D’autre part, ils sont l’expression de son renoncement à ses propres désirs et de son impuissance, de sa frustration, de sa colère et de l’agressivité qui en résultent", explique le docteur en psychologie dans son livre.

Comment l’apaiser ? "Quand votre enfant a fait un cauchemar, c’est d’abord important de le rassurer en le prenant dans les bras, en s’asseyant à côté de lui, en lui parlant doucement, etc., puis de lui faire comprendre que ce n’était qu’un rêve. Il pourra ainsi plus facilement se rendormir", conseille Stephan Valentin. Ce dernier ajoute que "c’est vers l’âge de trois/quatre ans qu’il est vraiment nécessaire de rassurer son enfant car celui-ci ne fait encore pas la différence entre rêve et réalité". Il est alors important de rester avec lui afin de l'apaiser. S’il a des difficultés pour se calmer, vous pouvez laisser une veilleuse allumée ou la porte entrouverte. Vous pouvez aussi lui dire de penser à quelque chose d’agréable (activité qu’il apprécie, dernières vacances, animal de compagnie…). "Il ne faut pas hésiter à prendre le temps le lendemain, dans l’après-midi, de parler avec son enfant de son rêve. S’il est trop petit, on peut lui demander de dessiner son cauchemar", conseille le psychologue. Cela lui permettra d’externaliser ses craintes. C’est par ailleurs très important de ne pas se moquer de son rêve et d’essayer au contraire de comprendre son origine. La méthode Ferber qui consiste à laisser son enfant seul avec ses peurs pendant quelques minutes n’est quant à elle pas une solution, selon le Dr Valentin. "Laisser son enfant seul avec ses peurs ne va pas le rassurer, et cela qu’il ait quatre, sept ou 12 ans. Au contraire, cela peut augmenter son désarroi au cours de la nuit et avoir même une influence sur la relation parents/enfant. L’enfant peut en effet ne plus se sentir protégé par ses parents. Et c’est justement avec les parents que l’enfant va réussir à gérer ses peurs."

Stephan Valentin est l’auteur du livre "Mon bébé fait enfin ses nuits… et moi aussi !" aux éditions La Source Vive.

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