Prématurité : le congé paternité allongé en cas d'hospitalisation ?

En mars dernier, une proposition de loi a été déposée pour allonger le congé paternité en cas d'hospitalisation du nouveau-né. Pour sensibiliser les parlementaires, l'association SOS Préma leur fait parvenir une carte postale particulière.

Prématurité : le congé paternité allongé en cas d'hospitalisation ?
© Mario Ondris-123rf

Le 8  mars dernier, le député de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud a déposé une proposition de loi (PPL) à l'Assemblée nationale pour réclamer un allongement du congé paternité en cas d'hospitalisation du nouveau-né. Car actuellement en France, les pères peuvent prétendre à 3 jours de congé de naissance et à 11 jours de congé paternité, généralement pris lorsque l'enfant sort de l'hôpital ou de la maternité. "Cela signifie que pendant toute la durée d'hospitalisation, il doit travailler et ne peut accompagner ni son enfant, ni sa conjointe dans ce moment critique où la famille doit se construire malgré le contexte difficile et parfois dramatique", déplore l'association SOS Préma dans un communiqué. Tandis que la mère bénéficie depuis 2006 (et grâce aux actions de l'association) d'un allongement de son congé maternité, qui lui permet d'accompagner son bébé durant toute la durée de son hospitalisation. 

On sait pourtant que la présence des deux parents est essentielle pour l'enfant, précisait Charlotte Bouvard, fondatrice et directrice de l'association SOS Préma, dans une interview au Journal des Femmes. Peau à peau, allaitement au sein, dormir avec son bébé... "Dans la mesure du possible, les parents doivent rester le plus souvent aux côtés de leur nouveau-né, car leur présence est un véritable médicament pour l'enfant", avait-elle déclaré. "De plus, les dernières études montrent que la présence des deux parents durant l'hospitalisation du nouveau-né favorise le lien parent-enfant et améliore le développement moteur, cognitif, affectif et sensoriel du bébé", ajoute l'association.

En France, 75000 bébés sont hospitalisés chaque année à la naissance. Parmi eux, 60000 sont prématurés, soit 165 bébés qui voient le jour trop tôt. 
© SOS Préma

Une carte postale pour interpeller les députés. Pour sensibiliser les pouvoirs publics, l'association SOS Préma a envoyé une carte postale au 577 députés où Camille, née à 25 SA (soit 5 mois de grossesse), confie la détresse de sa famille lors de son hospitalisation qui a duré 79 jours. "Je me battais pour vivre, mais Papa n'était pas là car il devait aller travailler. Il a tellement souffert de ne pas avoir pu occuper la place de père et de conjoint nécessaire à l'équilibre de notre jeune famille. Chaque jour, il faisait 140 km le matin pour déposer Maman à l'hôpital, m'embrasser et repartir travailler, en sachant que je luttais et que Maman se sentait si seule. Chaque soir, il gérait à la maison, s'occupait de ma grande sœur, puis la déposait chez une voisine et refaisait 140 km pour passer si peu de temps avec moi, et ramener Maman à la maison. Et cela pendant 2 mois et demi", décrit la petite Camille au verso de cette carte. Pour finir, elle incite à cosigner la proposition de loi de Bastien Lachaud. "A l'heure où l'égalité hommes-femmes est une priorité, j'aimerais que tu t'engages en cosignant, pour tous les nouveau-nés hospitalisés à la naissance, qui ont tant besoin de leur deux parents"

Enfin, toute personne sensible à la cause peut intervenir en téléchargeant une lettre citoyenne pré-rédigée, à adresser à son tour à son député dès le 11 avril.

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