Comment peut-on expliquer la baisse de la natalité en France ?

Pour la troisième année consécutive, le taux de natalité a baissé en France. C'est en tout cas ce que constate le dernier bilan démographique de l'Insee.

Comment peut-on expliquer la baisse de la natalité en France ?
© Famveldman - 123RF

760 000. C'est le nombre d'enfants nés en France en 2017, soit 17 000 de moins qu'en 2016. Ce recul de -2,1 %, dévoilé dans le dernier bilan démographique de l'Insee, participe à un taux de croissance naturelle "historiquement bas" de la population. Le verdict de l'Insee est sans appel : on fait donc moins de bébés en France depuis trois années consécutives. Freins économiques, contraintes professionnelles, difficultés à féconder, évolution des mentalités… Comment peut-on expliquer cette baisse ? Premier facteur : "le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans, les plus fécondes, diminue depuis le milieu des années 1990, contribuant ainsi à la baisse du nombre de naissances", explique l'Insee : elles sont 8,4 millions en 2017 contre 9,3 en 1995. De plus, la fécondité des femmes continue également de diminuer, reculant à 1,88 enfants par femme contre 1,92 en 2016 et 1,96 en 2015, mais reste toutefois "le plus élevé d'Europe". Plus inquiétant, le nombre moyen d'enfants par femme est depuis dix ans sous le seuil de renouvellement des générations, soit 2,05 enfants par femme.

Phénomène durable ou tendance temporaire ? "Il n'est pas encore possible de l'expliquer", précise Marie Reynaud, chef de l'unité des études démographiques et sociales dans une interview accordée à LCI, ce mardi 16 janvier, avant d'ajouter que "s'il s'agit d'une tendance de fond, elle se poursuivra avec un changement notable de l'attitude de la population vis-à-vis de la fécondité. Si c'est un phénomène lié au contexte de la crise économique, il est possible que des couples aient décidé de reporter la naissance d'un enfant en attendant que la situation s'améliore, notamment sur le plan de l'emploi". Si c'est le cas, nous devrions observer une reprise de la fécondité. Elle rappelle d'ailleurs que des fluctuations similaires avaient eu lieu autour de 1993, année de crise économique, et qu'elles avaient connu par la suite une hausse de la natalité. Enfin, l'instabilité du marché du travail n'est pas sans rapport : les études sont de plus en plus longues, les jeunes se mettent en couple de plus en plus tard et retardent l'âge de devenir parents, constate l'Insee.

Avoir un enfant, une envie de plus en plus tardive. Les Françaises décident d'avoir un enfant de plus en plus tard. En effet, l'âge moyen des femmes à l'accouchement augmente d'année en année, passant à 30,6 ans en 2017, contre 30,5 ans en 2016 et "après huit années de relative stabilité (entre 2006 et 2014) où il oscillait autour de 2 enfants par femme". Comme pour les années précédentes, la fécondité est plus élevée entre 25 et 34 ans qu'aux âges plus jeunes ou au contraire plus avancés. En revanche, la fécondité des femmes de 35 à 39 ans est stable depuis 2015. 

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