Bébé prématuré : "La joie d'être parents cohabite avec l'anxiété"

Vous êtes enceinte et votre médecin vous a annoncé que votre bébé pourrait naître avant terme ? Vous venez d'accoucher prématurément ? Les conseils de Charlotte Bouvard, fondatrice et directrice de l'association SOS Préma.

Bébé prématuré : "La joie d'être parents cohabite avec l'anxiété"
© Mario Ondris - 123rf

En France, 60 000 bébés naissent prématurément chaque année, ce qui correspond en moyenne à 8 % des naissances. On parle de prématurité lorsque la naissance survient avant 37 semaines d'aménorrhée, soit 35 semaines de grossesse. "Au sein de cette prématurité globale, il faut distinguer une prématurité moyenne (de 33 SA à 36 SA+ 6 jours), une grande prématurité (28 à 32 SA + 6 jours) et une très grande prématurité (avant 28 SA)", précise l'association SOS Préma sur son site internet. La plupart du temps, les accouchements prématurés ne sont pas prévus, et les parents peuvent vite se sentir désemparés. Entre inquiétude et culpabilité, comment surmonter cette épreuve et accueillir son enfant dans les meilleures conditions ? Charlotte Bouvard, fondatrice de l'association SOS Préma, nous livre ses conseils. 

Savoir à quoi s'attendre. Dans certains cas, la naissance prématurée est prévue et la maman est orientée vers une maternité adaptée. On parle alors de "menace d'accouchement prématuré". Charlotte Bouvard conseille alors aux couples de se renseigner auprès d'autres parents, de prendre conseils auprès d'un professionnel de santé, voire, de visiter une néonatalité afin de mieux se préparer à l'arrivée du bébé. Ainsi, les parents peuvent se rendre compte de l'univers médicalisé (capteurs, monitoring, sondes, réanimation...) tout en échangeant avec l'équipe médicale qui pourra les rassurer sur la prise en charge du nourrisson.

La présence des parents, essentielle pour l'enfant. Dans la mesure du possible, "les parents doivent rester le plus souvent aux côtés de leur nouveau-né, car leur présence est un véritable médicament pour l'enfant", insiste Charlotte Bouvard. Pratiquer le peau à peau, allaiter au sein, ou encore apporter un matelas pour dormir avec son bébé sont autant de choses positives pour l'enfant.

Ne pas rester seul(e) et se confier. "Il s'agit  d'un passage de la vie compliqué puisqu'on donne vie, avec une notion de mort", explique la directrice de l'association, et les répercussions psychologiques sont souvent présentes chez les mamans, dont la plupart ont un sentiment de culpabilité. Il est donc essentiel d'en parler. "Il ne faut surtout pas taire l'histoire ou se dire "c'est ma faute", mais au contraire, mettre des mots sur ses sentiments", ajoute-t-elle. "Cette naissance prématurée va provoquer chez les parents des émotions contradictoires: la joie d'être parents cohabite avec l'anxiété vis-à-vis de la santé de leur enfant, la culpabilité vient ternir le bonheur d'être mère. Il y a de doux moments et des périodes de doute, de frustration, de colère", explique quant à elle Myriam Dannay, psychologue de l'association.

Limiter l'impact sur le couple. "Les parents vivent les mêmes choses, mais à des moments différents, et parfois, un écart se creuse", prévient Charlotte Bouvard. En effet, ce traumatisme est mis de côté à la naissance de l'enfant compte tenu de l'urgence de la situation, et va se faire ressentir dans un second temps, au moment de l'arrivée à la maison. En outre, chaque personne réagit différemment. "Les femmes ont le sentiment de ne pas être à la hauteur et il n'est pas rare qu'elle fassent une dépression post-partum", précise-t-elle. Les couples doivent donc s'écouter mutuellement et échanger sur leurs ressentis afin d'avancer ensemble pour le bien de leur enfant.

Faire confiance à l'équipe médicale. "Chaque enfant est unique. L'essentiel est de faire entièrement confiance à l'équipe médicale qui a le même objectif que celui des parents : le bien-être et la santé du bébé", rappelle la directrice de l'association, qui a elle-même donné naissance à un bébé prématuré, Maxence, aujourd'hui âgé de 14 ans et en pleine santé.

Se préparer à la sortie de l'hôpital. Vous appréhendez l'arrivée à la maison, où vous serez désormais seuls à vous occuper de votre bébé. Mais gardez en tête que "les médecins ne prennent aucun risque et s'ils jugent que votre enfant peut sortir de l'hôpital, c'est qu'ils savent qu'il sera en sécurité", rassure l'association. Avant la sortie de l'hôpital, essayez de vous reposer tant que possible de manière à être en forme pour la suite. N'hésitez pas à demander de l'aide autour de vous et à l'inverse, à leur dire aussi que vous préférez ne pas avoir de visites.

Quels équipements prévoir pour un bébé prématuré ? Avoir un réducteur pour siège-auto est indispensable pour tout déplacement en voiture. Dans son lit, l'enfant doit également être correctement maintenu. Évitez bien entendu les peluches. Pensez également aux vêtements adaptés à sa petite taille.  Enfin, la chambre de votre enfant doit être aérée régulièrement et à bonne température. En outre, si votre bébé est né avant 32 semaines d’aménorrhée et notamment s'il a eu des problèmes respiratoires au cours de la période néonatale, il est recommandé d'éviter la crèche collective, en raison des risques de contaminations des virus.

Rappelons que certains industriels commencent à proposer des produits adaptés pour les bébés prématurés. Pampers a notamment conçu une nouvelle gamme de couches (dont la plus petite au monde) pour répondre aux besoins. "Cette nouvelle couche monte moins haut et permet ainsi au cordon ombilical d'être plus dégagé et de rester sec, limitant le risque infectieux", avaient témoigné les équipes de réanimation néonatale du CHU de Rennes, lors du lancement en novembre 2017.

En savoir plus : www.sosprema.com

Permanence téléphonique : 0811 886 888, du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 16h

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