Agnès Buzyn s'exprime sur l'affaire Lactalis

Alors que la totalité de laits infantiles Lactalis ont été retirés du marché, plusieurs enseignes et pharmacies ont reconnu en avoir tout de même commercialisé. Suite aux excuses du groupe laitier, la ministre de la Santé a rappelé que "les industriels sont en première ligne de la responsabilité sanitaire".

Agnès Buzyn s'exprime sur l'affaire Lactalis
© 123rf-famveldman

[Mise à jour du 12/01/2018]. Entre le mois d'août et le 2 décembre dernier, Santé Publique France a recensé 27 bébés présentant une salmonellose à Salmonella sérotype Agona, dans 10 régions de France. La majorité des nourrissons avait consommé du lait infantile 1er âge, issu de productions du groupe LNS (Lactalis). Depuis début décembre, la liste des rappels de produits n'a cessé de s'allonger, avec 625 références concernées. Finalement, le groupe avait procédé au rappel de la totalité de ses produits fabriqués dans l'usine de Craon. "En application du principe de précaution, le Groupe Lactalis a décidé, en accord avec les autorités, de procéder à un nouveau rappel incluant l'ensemble des produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans l'usine de Craon depuis le 15 février 2017", précisait le groupe dans un communiqué du 21 décembre. Au total, 720 lots supplémentaires ont été retirés du marché en France et à l'international.

Des laits infantiles commercialisés malgré l'interdiction. Nouveau rebondissement ce lundi 8 janvier 2018 dans l'affaire Lactalis. L'enseigne Leclerc admet, suite à des vérifications internes, avoir tout de même commercialisé des produits Lactalis, alors qu'ils étaient concernés par le rappel. "Il apparaît que 984 produits ont malgré tout été vendus après le rappel dans plusieurs magasins", précise dans un communiqué le distributeur. "Je ne peux que constater et confirmer l'existence de défaillances dans les opérations de retrait effectuées par certains magasins de notre enseigne", a déclaré Michel-Edouard Leclerc sur son blog. Ce 10 janvier, plusieurs autres enseignes ont fait ces mêmes révélations ! En effet, 52 produits Lactalis ont été vendus dans 28 magasins Auchan, 384 boîtes de laits ont échappé à la procédure de rappel chez Système U, et 434 produits chez Carrefour. Chacun des magasins affirme avoir identifié et contacté les clients concernés pour les en informer. Et ce n'est pas tout : plusieurs pharmacies, crèches et hôpitaux "détenaient des boîtes qui auraient dû être retirées", a déclaré Bruno Le Maire ce 11 janvier.

Lactalis s'excuse auprès des parents. Qualifiée "d'entreprise défaillante", le groupe laitier a présenté ses excuses auprès des parents ayant consommé du lait infantile susceptible d'être contaminé. Mais "pas sûr que cela soit suffisant" pour Agnès Buzyn. De retour de Chine, la ministre de la Santé s'est exprimée pour la première fois sur l'affaire Lactalis. "Aujourd'hui il faut savoir comment cette contamination a pu passer inaperçue dans l'usine. N'a-t-elle pas été communiquée ? Pas détectée ? [...] Les industriels sont en première ligne de la responsabilité sanitaire", a-t-elle déclaré. La ministre a également assuré qu'il fallait "poursuivre et intensifier les contrôles de la direction des fraudes" et avoir "renvoyé un courrier d'alerte aux professionnels de santé".

Un numéro vert, le 0800 120 120, à été mis à disposition des parents par Lactalis, ouvert de 9h à 20h, et la Direction générale de la Santé ouvre le numéro 0800 636 636 pour répondre aux questions. 

Une enquête ouverte par le parquet de Paris. Rappelons que suite aux rappels de produits, et à des plaintes de parents, le parquet de Paris a ouvert le 22 décembre une enquête préliminaire pour "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine", "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", et "inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit" pouvant porter préjudice à la santé. Rappelons que Quentin Guillemain, papa d'une petite fille âgée de trois mois, avait porté plainte contre le groupe Lactalis en raison du manque d'informations auprès des parents. L'UFC-Que-Choisir a également annoncé dans un communiqué sa volonté de déposer plainte pour tromperie, "afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant la contamination de laits infantiles à la salmonelle et l'absence de détection de cette contamination". 

Quelles sont les alternatives ? Si vous utilisiez l'un de ces lots pour votre bébé, des alternatives vous permettront de remplacer votre lait infantile habituel. Commencez tout d'abord par prendre contact avec votre pédiatre ou votre médecin qui pourra mieux vous orienter sur le lait de remplacement, notamment si votre nouveau-né est allergique aux protéines de lait, précise la Direction générale de la Santé. En attendant, vous pouvez également vous rendre en pharmacie afin de trouver un lait de substitution. En outre, la Société Française de Pédiatrie, sollicitée en urgence, a émis ses recommandations quant au remplacement des préparations infantiles. 

Salmonelle : quels sont les signes de contamination ? La salmonellose est une maladie infectieuse provoquée par des bactéries de type Salmonella. Il s'agit d'une des principales causes d'intoxication alimentaire et les symptômes sont semblables à ceux d'une gastro-entérite : diarrhées, nausées, vomissements, fièvre, douleurs abdominales, maux de tête, ainsi que des troubles du sommeil dans certains cas. Les bébés sont particulièrement fragiles, le risque essentiel étant la déshydratation. Aussi, en cas de symptômes évoquant une gastro-entérite chez un bébé, il faut consulter sans tarder.

Pour éviter les risques de contamination, quelques mesures d'hygiène sont à respecter lors de la préparation des biberons, rappelle Santé Publique France : 

- Se laver les mains à l'eau et au savon avant chaque manipulation du biberon, 

- ne pas préparer le biberon de lait à l'avance, 

- nettoyer le biberon immédiatement après chaque usage.

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