La santé des bébés prématurés s'améliore

Depuis 1997, le taux de survie des bébés prématurés s'est amélioré en France, selon une étude nationale. Les enfants nés avant terme auraient également moins de risques de séquelles qu'il y a vingt ans.

La santé des bébés prématurés s'améliore
© 123rf-Mario Ondris
Calendrier de suivi Epipage 2 © Inserm

Le taux de survie des bébés prématurés s'est amélioré en vingt ans, notamment grâce aux pratiques obstétricales et en néonatologie, qui ont considérablement évolué ces dernières années. C'est ce que révèlent des chercheurs de l'Inserm qui, depuis mars 2011, mènent une enquête auprès de 5 567 enfants nés avant 35 semaines de grossesse. Les données ont été comparées aux résultats d'une première étude similaire (Epipage 1), datant de 1997 et menée auprès de prématurés à travers 9 régions de France. Âgés de deux ans lors de la première collecte des données, ces enfants (âgés de 5 ans aujourd'hui) seront suivis à plusieurs étapes de leur vie jusqu'à leur douzième anniversaire. Cette vaste étude nationale appelée Epipage 2 (étude épidémiologique sur les petits âges gestationnels) vise, sur le long terme, à améliorer les connaissances médicales sur le devenir des bébés prématurés, à mieux les prendre en charge, et à informer davantage les familles.

Ainsi, les premiers résultats publiés ce 16 août dans le British Medical Journal montrent que "depuis 1997, le taux de survie des bébés nés entre 22 et 31 semaines a augmenté de 6%". Selon les chercheurs, le risque de développer des handicaps moteurs et sensoriels aurait quant à lui diminué de 7%. En outre, le taux de paralysie cérébrale a diminué de 3,3 % chez les enfants nés entre 24 et 31 semaines de grossesse, de même que pour les bébés nés entre 32 et 34 semaines. Des chiffres encourageants pour Pierre-Yves Ancel, directeur de l'équipe EPOPé de l'Inserm et auteur de l'étude. "Depuis 1997, la prise en charge médicale, le suivi et l'accompagnement de l'enfant et des parents ont évolué et il est important de savoir si cela a un impact sur l'amélioration du pronostic. Nous constatons aujourd'hui une évolution plutôt positive", précise-t-il. 

Un retard de développement. Lors de la précédente étude, des questionnaires ont été remis à 2 506 parents afin qu'ils puissent évaluer les capacités de leurs enfants. Pour la première fois, les scientifiques se sont donc penchés sur des données permettant d'évaluer la motricité, la communication, les compétences sociales ou encore la capacité à résoudre un problème. Bien que l'on constate une amélioration du taux de survie et une diminution des séquelles, ce questionnaire révèle néanmoins que "40 à 50 % des enfants nés prématurés présentent des résultats en dessous de ce qui est attendu à cet âge", explique Pierre-Yves Ancel. Ce retard de développement concernerait un peu plus de la moitié des enfants nés entre 24 et 26 semaines de grossesse, 41 % de ceux nés entre 27 et 31 semaines et enfin, 36 % des bébés nés entre 32 et 34 semaines. Pour l'heure, les auteurs de l'étude ne savent pas encore quelles seront les conséquences de ce retard de développement sur la vie future des bébés. "A ce jour, les enfants inclus dans l'étude Epipage 2 ont atteint l'âge de 5 ans. Une étape de suivi réalisée à l'âge de 5 ans et demi est en cours et se poursuivra jusqu'en décembre 2017", précise l'étude. 

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