Des allergènes d'acariens détectés dans le lait maternel

Éliminer les acariens de l'environnement de l'enfant pourrait ne pas suffire à le protéger d'une allergie respiratoire, selon une étude l'Inserm.

© Pavel Ilyukhin

Il ne suffirait pas de chasser les acariens pour limiter le risque de développer une allergie respiratoire durant l'enfance. Les allergènes d'acariens peuvent en effet être présents dans le lait des mères allaitantes et favoriser l'apparition d'asthme ou de rhinite allergique chez leurs enfants, selon une récente étude publiée dans Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Des enfants plus souvent asthmatiques. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont recherché la présence et dosé un allergène émanent du principal acarien domestique Dermatophagoides pteronyssinus, chez 255 femmes faisant partie de la cohorte EDEN. Il s'est alors avéré que le lait de deux tiers d'entre elles contenait l'allergène recherché, "dans des quantités similaires à celles que l'on trouve habituellement dans le lait maternel pour les allergènes alimentaires les plus communs", précise le communiqué de l'Inserm. Les chercheurs ont ensuite observé l'éventuelle apparition d'asthme ou de rhinite allergique chez les enfants. "A l'âge de 5 ans, les enfants nés de mères ayant un terrain allergique et un taux élevé d'allergènes dans leur lait souffraient plus souvent d'asthme et de rhinite que les autres. Ce qui tend à prouver que les allergènes respiratoires pourraient non seulement sensibiliser les enfants par voie aérienne, mais aussi par voie orale", assure Isabella Annesi-Maesano, qui a dirigé ce travail sur le plan épidémiologique, sur le site Internet de l'Inserm.

Si le lait maternel est réputé pour son effet protecteur pour l'enfant, ce travail confirme qu'il "ne suffit pas à prévenir toutes les allergies. Notre conclusion est surprenante, d'autant plus que d'autres travaux ont montré que les allergènes alimentaires présents dans le lait réduisent le risque d'une allergie alimentaire chez l'enfant", indique la chercheuse. Cela pourrait en fait dépendre de la façon dont est traité l'allergène par le système immunitaire du nouveau-né et/ou à la présence d'autres composés issus des acariens dans le lait. Des travaux supplémentaires doivent être encore menés pour confirmer l'universalité de ces données.

La cohorte EDEN résulte de plus de 10 ans d'enquête auprès de 2 000 femmes enceintes et de leurs enfants. Les chercheurs se sont notamment intéressés à l'influence d'événements ou d'expositions au cours de la vie in utero ou des premiers mois de vie, sur le développement et la santé de l'enfant.

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