Toxicité des jouets pour enfant : une étude rassurante

Tétines, bavoirs, anneaux de dentition... L'Anses a passé au crible 31 jouets que les moins de trois ans mettent le plus souvent à la bouche. Les résultats sont rassurants.

© radist-123rf

Après avoir livré les résultats d'une étude portant sur l'alimentation des enfants de moins de trois ans, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) publie les conclusions d'une étude sur la qualité des jouets en plastique, qui représentent la majorité des jouets achetés en France. Ce sont aussi les objets que les enfants portent le plus souvent à la bouche, tels que les tétines, les bavoirs, ou encore les anneaux de dentition. Alors que phtalates sont déjà interdits dans les jouets, par une directive européenne, l'Anses a analysé cinq substances chimiques, utilisées pour remplacer les phtalates* et présentes dans 31 jouets en plastique, à destination des nourrissons et des enfants de moins de trois ans. Et les conclusions sont plutôt rassurantes. "Pour quatre d'entre eux (ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB), au vu des connaissances actuellement disponibles, les résultats de l'expertise de l'Anses ne mettent pas en évidence de risques sanitaires pour les enfants de moins de 3 ans", conclut l'Agence dans un communiqué publié ce mardi. 

En revanche, la cinquième substance, le DOIP, n'a pu être évaluée "par manque de données disponibles (classement en cours d'examen dans le cadre du règlement REACH)", précise l'Anses qui recommande par conséquent aux fabricants "de ne pas l'utiliser dans les jouets et équipements en matière plastique, sans avoir au préalable acquis des connaissances sur sa toxicité". En outre, l'Anses recommande de systématiquement évaluer les risques, avant toute mise sur le marché d'une nouvelle substance chimique utilisée dans la fabrication des jouets. L'Agence précise par ailleurs que ces travaux ne prennent pas en compte les autres sources d'exposition (air, poussières, objets, alimentation...). D'autres évaluations sont ainsi prévues dans son programme de travail sur les perturbateurs endocriniens.

"L'exposition à de multiples substances chimiques présentes dans des produits de consommation, pendant les périodes critiques du développement de l'enfant (période périnatale, petite enfance), est évoquée parmi les hypothèses qui permettraient d'expliquer l'augmentation de l'incidence de certaines pathologies telles que l'obésité, les troubles neuro-développementaux, des effets sur l'appareil reproducteur, etc.", rappelle enfin l'Anses. Les moins de 36 mois, constituent une population particulièrement vulnérable.

*Les cinq substances analysées sont : le cyclohexane-1,2-dicarboxylate de diisononyle (DINCH), le téréphtalate de bis(2-éthylhexyle) (DEHTP), le di-2-éthylehexyle isophtalate (DOIP), l'acétylcitrate de tributyle (ATBC), le diisobutyrate de 2,2,4-triméthyl-1,3-pentanediol (TXIB).

Lire aussi