Attendus, vœux, fiche avenir... Comment maximiser ses chances sur Parcousup ?

Parcoursup, la plateforme qui remplace APB, est ouverte depuis le 15 janvier et est loin de faire l'unanimité auprès des lycéens, des enseignants et des parents d'élèves. Que faut-il penser de ce nouvel outil d'orientation ? Comment maximiser ses chances de réussite ? Décryptage.

Attendus, vœux, fiche avenir... Comment maximiser ses chances sur Parcousup ?
© Cathy Yeulet - 123RF

En ligne depuis mi-janvier 2018, la nouvelle plateforme post-bac Parcoursup invite les élèves de terminale ainsi que les étudiants souhaitant se réorienter à lister leurs vœux d'orientation pour l'année prochaine : ils ont jusqu'au 13 mars pour sélectionner dix formations maximum (contre 24 avec la plateforme APB) qui les intéressent, en motivant néanmoins leurs choix. Parmi les 10 000 formations proposées, on y retrouve des universités, des BTS, des DUT, des formations d'ingénieur, des classes préparatoires aux grandes écoles, des écoles d'art et d'architecture… Si Parcoursup se veut plus simple d'utilisation et plus juste pour les élèves, ce nouvel outil suscite beaucoup d'interrogations et commence à montrer quelques failles. Alors, comment bien assimiler les nouvelles procédures ? Comment aider son enfant à déjouer les pièges et à mettre toutes les chances de son côté pour obtenir la filière de son choix ? Les élèves seront-ils tous traités de la même manière ?

L'inscription des vœux, avantages et inconvénients de la nouvelle formule

Avec Parcoursup, le nombre de vœux est plus restreint et surtout, il n'est plus nécessaire de les classer. Alors que votre enfant pouvait formuler jusqu'à 24 vœux sur APB, il ne doit plus en saisir que 10 maximum. Il a également la possibilité de saisir un "vœu multiple", c'est-à-dire, une candidature dans plusieurs formations similaire dans la même académie. Il compte alors que pour un seul vœu. Par ailleurs, inutile de hiérarchiser les vœux, il suffit simplement de sélectionner les formations de son choix sans établir de classement. Toutefois, l'élève peut expliquer ses préférences dans un encart consacré.

Comment peut-il maximiser ses chances d'obtenir la formation de son choix ? Attention, votre enfant n'a que jusqu'au 13 mars pour lister ses 10 vœux, alors conseillez-lui de s'y prendre à l'avance. Dès maintenant, il peut s'informer sur les différentes facultés et écoles, consulter des sites ressources sur les offres de formation et demander conseil auprès de ses professeurs. C'est aussi la période des portes ouvertes dans les écoles et le moment des salons de l'étudiant, de l'apprentissage, de l'alternance… Par ailleurs, les forums des métiers lui permettront de mieux se renseigner, de poser des questions aux étudiants et aux professionnels de la filière envisagée, et de mûrir un projet professionnel en lien avec ses goûts et ses centres intérêts : ainsi, il sera bien plus apte à justifier sa motivation. Aussi, il peut effectuer deux vœux différents (par exemple une licence de droit et une licence de droit-sciences-politiques) dans la même école : cette même université rendra un avis sur chacun de ses deux vœux, sans juger cette double motivation. Conseillez-lui de mettre le maximum de vœux, soit 10 (voire plus en cas de vœux multiples) - afin qu'il mette toutes les chances de son côté - et pas seulement des formations totalement "encombrées" (médecine, droit, psycho, sport) dans lesquelles il y a peu de places. En somme, Parcoursup présente plusieurs avantages : l'élève est amené à réfléchir au préalable sur les formations qui correspondent le plus à son profil. Aussi, la fin du classement des vœux ôte un stress et une frustration à l'élève qui devait judicieusement définir un ordre de vœux (on rappelle qu'une réponse positive pour un vœu effaçait automatiquement toutes les demandes moins bien classées). Désormais l'élève est le seul décisionnaire et a la possibilité de choisir la formation qui l'intéresse véritablement, parmi celles où il a été admis.

Alors, pourquoi la plateforme est-elle critiquée ? Le nombre de dossiers à étudier va être considérable pour les universités et écoles, qui devront "analyser l'ensemble des dossiers et ce, sans priorité", précise la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves, avant de craindre que "le risque est que les universités développent des algorithmes pour trier les élèves selon les notes uniquement" et non selon leurs motivations ou leur profil. Les formations vont donc étudier toutes les candidatures et donneront leur réponse au fur et à mesure à l'élève. Ce dernier devra répondre dans un délai imparti et choisir la formation de son choix, s'il reçoit plusieurs réponses positives en même temps. Là encore, attention car ce délai est court : entre le 22 mai et le 26 juin, l'élève aura 7 jours pour accepter ou décliner une formation ; après le 21 août (deuxième vague d'admission suite aux désistements), il n'aura que 24 heures de réflexion. Enfin, Parcoursup sera suspendu pendant les épreuves du bac, contrairement à APB, ce qui laissera moins de jours à l'élève pour prendre sa décision.

Les "attendus", un véritable intérêt pour l'élève ?

S'il suffisait d'obtenir le bac pour accéder à l'enseignement supérieur du temps d'APB, Parcoursup met en place des "attendus" : l'élève doit répondre à certains critères pour être admis dans la formation de son choix (par exemple, "intérêt pour les questions politiques et sociales" pour rentrer en licence mention Sciences-Politiques). Le but de ces attendus ? "Lutter contre l'échec en première année de licence, en finir avec le tirage au sort et permettre aux lycéens de demander des formations en connaissance de cause", estime le ministère de l'Enseignement Supérieur. Ces attendus sont définis par les universités. C'est alors que la question de l'équité se pose. Car si une grille nationale d'analyse a été donnée à chaque université pour les aider à départager les candidatures (notes requises, appréciations, avis du chef d'établissement, présence d'activités extrascolaires...), certaines filières ont augmenté leur niveau d'exigence et leurs prérequis, notamment dans les filières où il y a peu de places disponibles. Alors, est-ce une façon de décourager les élèves ? Pour la Snes-FSU, ce nouveau système ne serait "qu'une forme de sélection déguisée à l'université pour masquer un manque de places disponibles et réguler leurs flux". Force Ouvrière craint par ailleurs qu'il s'agisse d'une "mise en compétition entre les élèves qui va davantage creuser les inégalités". Rassurez-vous, chaque formation universitaire a été tenue de publier sa liste de critères et les formations de type prépas, IUT, BTS ou écoles devaient, avant le 17 janvier, préciser sur Parcoursup leurs "attendus" précis, ainsi que des informations et des conseils d'ordre qualitatif (pas uniquement des notes ou des données chiffrées), permettant à l'élève de se projeter dans la filière qu'il envisage. Et dans le cas où votre enfant ne répond pas totalement aux "attendus" de la filière demandée, cette dernière pourrait très bien lui répondre "oui si" : c'est à dire qu'elle peut accepter sa demande, à condition qu'il suive un programme particulier (cours de remise à niveau ou modules complémentaires).

  • Voir la liste des attendus des différentes filières dévoilée par le ministère de l'Enseignement Supérieur

Des réponses plus claires. C'est une bonne nouvelle ! Parcoursup se veut plus limpide et plus simple qu'APB. L'élève peut désormais être confronté à 4 types de réponses concernant ses vœux :

  • "Oui" s'il est admis dans la formation demandée. Après l'obtention du bac et si l'élève accepte, son vœu est définitivement validé.
  • "Non" s'il est refusé dans la formation demandée.
  • "Oui si" s'il est admis dans la formation demandée, mais qu'il doit suivre un programme de cours supplémentaire pour correspondre aux "attendus"
  • "En attente" lorsque les effectifs de la formation sont remplis avec des candidats mieux placés, mais pouvant se désister : cette réponse permet de mettre au fin aux tirages au sort (comme c'était le cas auparavant) pour départager les candidats trop nombreux.

Notez qu'une procédure complémentaire (pour les élèves qui souhaitent faire de nouveaux vœux pour des formations disposant de places vacantes) a lieu du 26 juin au 21 septembre inclus.

L'avis des profs, trop influencés par les notes ?

S'inscrire Parcoursup n'est pas obligatoire pour accéder à une formation : de nombreuses écoles privées recrutent directement leurs étudiants.

Grande nouveauté de Parcoursup : la création d'une fiche Avenir. De quoi s'agit-il ? Remplie dans la plateforme Parcoursup par le chef d'établissement lors du deuxième conseil de classe, la fiche Avenir (accessible à l'élève à partir du 22 mai) sera transmise aux formations supérieures via la plateforme. Cette fiche fera mention des avis des professeurs à propos des vœux de l'élève. Ces avis sont censés être donnés selon plusieurs critères discutés par l'ensemble des profs. Le hic serait que cette fiche Avenir ne soit remplie qu'en se basant sur des critères quantitatifs (notes, moyennes, rangs de l'élève) et non sur des qualités ou sur des traits de personnalité. Avec de bonnes notes, l'élève a de grandes chances d'accéder plus facilement à la filière de son choix. Mais, les profils plus atypiques, aux personnalités créatives, entreprenantes ou débrouillardes risquent-ils de ne pas être jugés à leur juste valeur ? "Il y a de fortes chances que ceux qui rencontrent des difficultés au lycée, mais qui s'épanouissent dans le supérieur soient mal évalués et plombés par des appréciations défavorables", craint Armelle Riou, fondatrice de Mental'O plateforme national d'orientation scolaire et professionnelle.

Que faire pour ne pas que votre enfant soit pénalisé à cause de notes un peu faiblardes ? Tout d'abord, invitez-le à exprimer clairement son projet professionnel auprès de ses enseignements et à les informer de ses motivations. Il peut également demander à voir individuellement son prof principal pour discuter de son projet et des formations qui l'intéressent et/ou adaptées à son profil. Autre possibilité, votre enfant peut candidater à une formation hors post-bac : c'est le cas de nombreuses écoles d'art, d'architecture, de cinéma, de graphisme ou de commerce qui, sans passer par Parcoursup, recherchent plutôt des personnalités et des talents que des élèves aux notes irréprochables. Souvent privées (et donc onéreuses pour certaines), elles sont accessibles par des entretiens de motivation, des concours ou des épreuves créatives. Renseignez-vous également sur les bourses (accordée sur des critères sociaux, ou "au mérite"…) : elles pourraient vous permettre de réduire les frais de scolarité.

Alors, la fiche Avenir ira-t-elle au-delà des notes ? Prendra-t-elle en compte d'autres éléments comme la motivation, l'autonomie, la créativité, la force de proposition ? Le corps enseignant du lycée est-il vraiment légitime pour évaluer la réussite de tous les élèves ? Pour juger le futur étudiant de la manière la plus complète possible, la désignation d'un second professeur principal en terminal pourrait permettre de plus échanger avec l'élève et de l'aider à mieux définir son projet professionnel. A savoir que certains lycées comme le Lycée du Parc à Lyon ont fait intervenir des psychologues de l'Education nationale ainsi que des conseillers d'orientation afin de "préparer les lycéens à ce qui les attendait". Enfin, en tant que parents, prendre contact avec les parents d'élèves qui prennent part au conseil de classe pourrait permettre également de "défendre" un élève au profil plus atypique et de clarifier ses motivations.

Besoin de plus d'infos sur Parcoursup ? Ou sur la sélection et les vœux à indiquer ? L'Unef a mis en ligne un site www.sos-inscription.fr destinés aux lycéens, aux étudiants en réorientation et aux parents d'élèves. Ce site vous explique toutes les étapes d'inscription et répond à toutes vos questions concernant le dispositif Parcoursup, le calendrier de la phase d'inscription et de la phase complémentaire, le rôle du conseil de classe, les bourses, les choix d'orientation... 

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