Test de niveau en seconde et calculatrice "mode examen" dès la rentrée 2018

Lors d'un live Facebook, le Premier ministre Edouard Philippe et Jean-Michel Blanquer ont répondu aux questions des internautes sur le nouveau bac. L'occasion d'annoncer les changements qui concerneront les lycéens dès la rentrée prochaine.

Test de niveau en seconde et calculatrice "mode examen" dès la rentrée 2018
© Antonio Diaz - 123RF

[Mis à jour le 21/02/18] Depuis septembre dernier, de nombreuses concertations sont mises en place afin de réfléchir à un nouveau baccalauréat voulu par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. L'objectif selon lui ? "Simplifier l'organisation de l'examen, lui redonner du sens, restaurer sa crédibilité" et ainsi "affirmer sa fonction de levier vers l'enseignement supérieur", avait déclaré le ministre lors d'une conférence de presse le 29 août 2017. Désigné pour coordonner les différents axes de cette réforme, Pierre Mathiot, l'ancien président de Sciences Po Lille a remis son rapport sur "le lycée des possibles" le mercredi 24 janvier 2018. Puis, après avoir rencontré les organisations syndicales et les représentants des parents et des élèves, le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer a présenté, le mercredi 14 février, la version définitive de la réforme du baccalauréat ainsi que la nouvelle organisation du lycée qui en découle. Un Facebook Live a également été organisé le mardi 20 février sur la page de l'Education nationale pendant lequel le Premier ministre Edouard Philippe et Jean-Michel Blanquer ont répondu aux questions des internautes. Si certains points du nouveau baccalauréat ont dû être (re)précisés, les deux ministres ont profité de cet échange pour rassurer les élèves et leurs parents : le bac de 2021 permettra ainsi "de mieux accompagner les lycéens, donc les futurs étudiants, afin qu'ils réussissent à l'université", soutient Edouard Philippe, "nous ne voulons pas rendre le bac plus sélectif, au contraire, nous souhaitons placer les élèves dans de meilleures conditions pour faire face au mieux à l'enseignement supérieur". Quels sont les nouveautés ? Quels changements sont à prévoir dès l'année prochaine ? On fait le point. 

Ce qui change concrètement à partir de la rentrée prochaine ? Les élèves qui entrent en classe de seconde en septembre 2018 passeront, en début d'année, un test de positionnement. Il s'agira d'évaluer leur niveau en français et en mathématiques pour pouvoir "consolider, si besoin est, leurs compétences dans ces deux matières", explique Jean-Michel Blanquer sur le live de la page Facebook de l'Education nationale, avant d'estimer qu'"il s'agit là du socle minimum à maîtriser pour être un citoyen du 21e siècle". Aussi, les élèves de seconde bénéficieront d'un certain nombre d'heures consacrées à leur orientation et à la définition de leur projet professionnel. Ce nombre d'heures est en train d'être débattu par les ministres. Par ailleurs, les élèves de terminale qui passeront le bac l'an prochain (année scolaire 2018/2019) devront se munir d'une calculatrice scientifique dotée d'un "mode examen" : la mémoire de la calculatrice, censée pouvoir enregistrer des formules de maths, de physique-chimie, du vocabulaire en anglais ou encore des dates d'histoire, sera restreinte et une diode lumineuse clignotera si le mode examen n'est pas activé. Son rôle ? Empêcher les élèves d'avoir accès à des programmes de triche. 

Un nouveau nom pour la "terminale" ? La classe de terminale pourrait bien être rebaptisée prochainement. C'est en tout cas ce qu'a précisé Jean-Michel Blanquer, lors de la présentation de son projet de réforme du baccalauréat. Si une phase de consultation de trois mois va être mise en place pour trouver une nouvelle appellation, le ministre de l'Education a déjà réfléchi à une autre dénomination : "Nos voisins italiens, suisses, belges ou autrichiens utilisent le terme "maturité" pour désigner l'examen final de sortie de lycée. C'est un mot classique qui a plein de sens", a t-il indiqué mercredi 14 février lors de la conférence de presse, avant de justifier que "la terminale est tout sauf un moment terminal, c'est un moment tremplin vers l'enseignement supérieur". Alors, la terminale va-t-elle s'appeler "classe de maturité" ?  

Moins de mentions au bac et disparition des points bonus. En 2017, plus de la moitié des candidats au baccalauréat ont obtenu une mention : c'est-à-dire qu'ils ont eu une moyenne supérieure à 12/20. Au fil des années, le nombre de mentions n'a cessé d'augmenter, ce qui remet en question "la valeur "certifiante" du baccalauréat", estime Jean-Michel Blanquer. Actuellement, il est plus facile d'obtenir une mention "assez bien", "bien" ou "très bien" si on s'inscrit dans une ou plusieurs options facultatives - tel qu'une troisième langue vivante, le latin, le grec, la musique, le sport ou le théâtre - dont seuls les points au-dessus de la moyenne comptent. Le ministre souhaite supprimer ces points bonus liés aux options : l'élève pourra toujours choisir des options facultatives, mais celles-ci seront évaluées comme les autres matières, dans le cadre d'un contrôle continu, puis lors d'un partiel. Cet examen devra se référer à une banque de sujets et évalué sur des critères de correction nationaux. "L'objectif est de rendre les résultats du bac plus conformes à la réalité du niveau scolaire des élèves, sans pour autant assécher le taux de réussite global à l'examen", précise Jean-Michel Blanquer. Finies donc les moyennes supérieures à 20/20 au baccalauréat ! Pour rappel, la meilleure bachelière du bac 2017 avait obtenu 21.28/20.

Calendrier du nouveau bac

Education nationale

Un grand oral. D'une durée de 30 minutes (20 min de présentation de projet et 10 min d'échanges avec le jury), cet exposé portera sur un thème travaillé pendant l'année scolaire (le sujet doit être définitivement validé au début de la terminale) et devra mobiliser les connaissances des deux matières "majeures" (dites "d'approfondissement disciplinaire") choisies par le lycéen pendant son année de terminale. "Il peut s'agir d'un commentaire comparé d'ouvrages, d'une enquête sociologique, d'une expérience menée en laboratoire, de la production d'un objet...", précise le rapport de Pierre Mathiot. Il sera soutenu devant un jury de trois personnes : un professeur de son lycée d'origine, un professeur d'un lycée extérieur et un non-enseignant (un universitaire, un membre de l'équipe pédagogique). Ce grand oral comptera pour 15% de la note finale du baccalauréat. Qui sera concerné par ce grand oral ? Environ les 500 000 élèves issus des ex-filières technologiques et générales. L'objectif de cette nouvelle épreuve ? Former les élèves à la prise de parole en public et leur apprendre à transmettre leurs idées dans un français correct. Selon Jean-Michel Blanquer, la refonte du baccalauréat devrait donc laisser une place importante à l'expression orale : en classe de terminale, "trois heures par semaine pourraient être consacrées à des ateliers de méthodologie, d'aide à l'orientation et de préparation au grand oral", précise un article du Parisien (23 janvier 2017). 

Fin des filières générales et technologiques. Ce baccalauréat réformé devrait supprimer les filières générales S (scientifique), L (littéraire) et ES (économique et social) instaurées dans l'enseignement secondaire depuis plus de vingt ans, ainsi que les filières technologiques. Pour Jean-Michel Blanquer, ce nouvel examen devrait ainsi s'inscrire dans un parcours plus "personnalisé" pour chaque lycéen. En pratique, les étudiants de première suivraient un tronc commun composé de Mathématiques, de Lettres, d'une Langue Vivante (LV1), d'Histoire-Géographie et d'Éducation physique et sportive (EPS). Les élèves de terminale, quant à eux, devront obligatoirement assister aux cours de Philosophie, d'Histoire-Géographie, d'EPS et de LV1. En plus de ce tronc commun, chaque lycéen pourra choisir un "duo de matières majeures", précise Les Echos dans un article du 29 décembre 2017, parmi neuf combinaisons possibles : Maths/Physique-Chimie ; Maths/SVT ; Maths/Informatique ; Maths/Sciences économiques et sociales ; Sciences de l'Ingénieur/Physique-Chimie ; Lettres/Langues ; Lettres/Arts ; Sciences économiques et sociales/Histoire-Géographie et enfin, Lettres/Philosophie. S'ajouteraient à ces matières majeures deux ou trois matières dites "mineures", sous forme d'option ou d'enseignement renforcé. Au total, les lycéens de première bénéficieront de 15 heures de tronc commun et de 12 heures de spécialités (matières majeures et mineures), et l'inverse pour les élèves de terminales.

Un bac à quatre épreuves. Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était prononcé sur une évaluation constituée de quatre épreuves en terminale associés aux notes obtenues au cours de l'année scolaire. Dans la nouvelle version du bac, l'élève choisirait de passer deux épreuves écrites "majeures" à la fin du premier semestre, puis deux autres épreuves en juin : un écrit de philosophie (identique pour tout le monde) et le grand oral. Le reste des matière serait évalué en contrôle continu. Enfin, pas de changement prévu pour les épreuves anticipées de français qui devraient toujours intervenir en classe de première.  

Répartition des points du nouveau bac.Quelles évaluations ? A quel moment ? Pour combien de points ? A la fin de la classe de première, les lycéens passeront l'écrit et l'oral de français, comme c'est le cas actuellement. En terminale, au mois d'avril, ils passeront deux épreuves écrites sur le "couple de matières majeures" choisies par l'élève (voir les 9 combinaisons possibles au-dessus). Au mois de juin, ils soutiendront le "Grand Oral" qui devra s’appuyer sur les deux "matières majeures", et passeront l'épreuve écrite de philosophie, commune à tous les élèves. A noter que les deux matières majeures seraient évaluées aux alentours des vacances de printemps pour que les résultats puissent être intégrés dans Parcoursup, la nouvelle plateforme d'accès à l'enseignement supérieur.

Épreuves écrite et orale de français en classe de première 10%
Deux épreuves "majeures" écrites choisies parmi les 9 combinaisons possibles, après les vacances de printemps 25 % (l'élève pourra choisir d'affecter 10% et 15% à chacune des deux épreuves)
Une épreuve écrite de philosophie (commune à tous les élèves), à la fin du deuxième semestre de terminale 10%
Un "Grand Oral" (à faire individuellement ou en groupe), à la fin du deuxième semestre de terminale 15%
Prise en compte des résultats obtenus au cours de l'année de première et de terminale (moyennes des bulletins scolaires des deux années) 40%

Fin des rattrapages. Jusqu'à présent, les élèves ayant une moyenne comprise entre 8 et 10 au baccalauréat peuvent repasser deux matières obligatoires pour tenter d'obtenir le diplôme. C'est ce qu'on appelle "les oraux de rattrapage". Mais ces derniers pourraient bientôt disparaître au profit d'un examen "attentif" du livret scolaire. La raison ? Tous les ans, les rattrapages "mobilisent des dizaines de milliers d'enseignants début juillet, mais aussi des centaines d'établissements scolaires" et leurs résultats ne semblent pas satisfaisants pour le ministère de l'Education nationale qui rappelle qu'en juillet dernier "95 000 lycéens avaient passé le rattrapage, avec succès pour un peu plus de 60 % d'entre eux". Cette réforme s'inscrit dans la volonté d'accorder "plus d'importance au suivi en continu des notes des élèves". 

Une année en deux semestres. La refonte du baccalauréat mettra fin aux trimestres : comme à la faculté, l'année sera découpée en deux semestres d'une durée de 18 semaines (premier semestre : de septembre à janvier, deuxième semestre : de février à juin). Le but ? Calquer le rythme scolaire du lycée au rythme de l'enseignement supérieur. De plus, cela permettrait aux élèves "d'inscrire leur travail dans une certaine continuité - cinq mois- et d'avoir la possibilité de disposer d'un nombre plus important d'évaluations constitutives de leurs bulletins", explique Pierre Mathiot dans son rapport. 

Utiliser massivement les ressources numériques, comme "soutien à l'orientation, comme instrument pédagogique et de certification de certains enseignements, notamment en langues étrangères", précise Pierre Mathiot dans son rapport. Ce dernier a proposé en effet de renforcer la formation des élèves à l'informatique et au numérique, permettant aux élèves et aux enseignants de "travailler autrement" et de "disposer d'une culture numérique minimale", comme par exemple le codage. Enfin, il estime qu'une formation des personnels au numérique est indispensable et que les lycées soient davantage équipés en matériel informatique. 

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