Asthme : les ados peu attentifs à leur traitement

A l'occasion de la journée mondiale de l'asthme, les pneumologues rappellent l'importance d'une prise en charge personnalisée à l'adolescence.

Asthme : les ados peu attentifs à leur traitement
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Les adolescents asthmatiques ont tendance à négliger leur traitement et s'exposent ainsi à de graves complications, alertent les pneumologues dans un communiqué à l'occasion de la journée mondiale de l'asthme, qui se tient ce 2 mai. "En pleine construction, l'adolescent est connu pour être rebelle… Il envoie souvent tout balader et sa maladie avec ! Il la renie, ne prend plus ses médicaments de manière assidue, ignore les recommandations et les conseils de prudence…", affirme le Pr Jocelyne Just, pneumologue à l'hôpital Trousseau à Paris. Les traitements sont pourtant efficaces s'ils sont pris régulièrement.

Un diagnostic précoce et une prise en charge personnalisée. Il est essentiel de responsabiliser un ado et de lui faire prendre conscience de la nécessité de son traitement en lui réexpliquant notamment ce qu'est l'asthme, les facteurs déclenchants, les enjeux ainsi que les objectifs du traitement. Il est également indispensable qu'il soit l'acteur principal de son traitement. Pour cela, les médecins doivent mettre en place une prise en charge personnalisée et définir avec l'adolescent le traitement qui lui convient. "Il faut jouer sur ce qui est important pour lui. L'informer, l'écouter aussi. Comprendre sa vie, ses envies, ses aspirations, ses loisirs, etc., pour lui proposer un traitement qui tienne compte de son mode de vie. Il est très important également d'être positif et de lui donner de l'espoir dans l'avenir. C'est d'autant plus vrai face à une maladie chronique et qui plus est avec les ados. Leur donner l'envie mais aussi le courage de se soigner", explique le Pr Just. Il doit par ailleurs apprendre à reconnaître le début de la crise et à identifier les comportements à risques pour les éviter.

Pour aider les patients asthmatiques à acquérir des connaissances sur leur maladie, il existe également des écoles de l'asthme. Par exemple, "à l'hôpital Trousseau il existe une école de l'asthme dédiée aux adolescents. Ils partagent des problématiques similaires, échangent sur leurs expériences. La dynamique de groupe créée lors de ces réunions est vraiment très efficace. Cependant, il ne faut pas attendre l'adolescence pour éduquer les malades. Une prise en charge tardive de la maladie favorise des formes sévères et il s'avère plus difficile pour les jeunes de s'engager dans leur traitement", alerte la pneumologue. Il est ainsi essentiel de poser un diagnostic précoce afin de traiter immédiatement les symptômes, éviter les aggravations et hospitalisation et faire en sorte que l'enfant s'approprie sa maladie pour mieux la dominer. Après l'âge de trois ans, des tests respiratoires sont réalisés afin d'évaluer l'obstruction et le degré de réactivité des bronches. Des tests cutanés sont par ailleurs systématiquement réalisés pour identifier l'origine allergique de l'asthme et connaître l'allergène en cause.

Pratiquer une activité sportive. Le sport n'est pas contre-indiqué en cas d'asthme. En effet, contrairement aux idées reçues, la pratique sportive régulière est bénéfique et recommandée pour la plupart des asthmatiques. Il faut ainsi les inciter à faire des activités physiques d'endurance telles que de la marche, du vélo, des jeux de ballon… Ils doivent toutefois respecter certaines précautions dont un échauffement progressif, à condition d'avoir maintenu correctement son traitement de fond.

Deux tiers des hospitalisations concernent les moins de 15 ans. Inflammation chronique des bronches, l'asthme entraîne une hyperréactivité à certaines substances. Les personnes asthmatiques vont alors avoir le plus souvent des crises, sous forme de sifflements et d'épisodes de gênes respiratoires. Cette maladie est aujourd'hui responsable de près de 1 000 décès chaque année et de 60 000 hospitalisations en urgence. Près de deux tiers des séjours concernaient des enfants âgés de moins de 15 ans en 2014, selon l'InVS.

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