Terrorisme : comment repérer les signes de radicalisation chez l'ado ?

De plus en plus de mineurs se font recruter pour rejoindre les rangs de Daesh. En témoigne le documentaire "Revenantes" à découvrir mardi 16 janvier à 23h15 sur France 2. Le gouvernement renforce ses mesures pour lutter contre la radicalisation des jeunes. Ce que les parents doivent savoir...

Terrorisme : comment repérer les signes de radicalisation chez l'ado ?
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Les mineurs sont devenus les cibles privilégiées des djihadistes. Selon les derniers chiffres communiqués fin janvier 2017 par le procureur de la République, le nombre de mineurs mis en examen dans des affaires terroristes a quadruplé en un an, passant de 13 à 56 personnes (39 garçons et 17 filles). Un phénomène qui s'explique notamment par la propagande diffusée sur Internet, via les réseaux sociaux et des vidéos. Résultat : certains ados, vulnérables et influençables, se laissent rapidement radicaliser et expriment leur volonté de partir en Syrie ou de frapper la France. Comment repérer les signes de radicalisation ? Voici ce qu'il faut retenir pour prévenir les risques.

Quel est le profil des jeunes radicalisés ? 

"Le phénomène de radicalisation concerne aussi bien les pré-adolescents, les adolescents et les jeunes adultes, toutes classes sociales confondues, en situation d'isolement et/ou de rupture. Il peut également toucher des personnes parfaitement insérées, mais vulnérables" précise le ministère de l'intérieur.

Quels signes doivent alerter les parents ? 

Le processus de radicalisation est difficilement détectable par les parents et l'entourage. Néanmoins, il se traduit souvent par une rupture rapide du comportement et un changement dans les habitudes des jeunes. 

- rupture avec la famille, les anciens amis, les proches, tentatives de fugue et communication limitée,

- rupture avec l'école, multiplication des absences, déscolarisation soudaine ou abandon des activités périscolaires,

- nouveaux comportements alimentaire, vestimentaire, linguistique ou financier.

- changements de comportements identitaires (propos asociaux, rejet de l'autorité ou de la vie en collectivité), 

- repli sur soi et mutisme,

- fréquentation de sites internet et des réseaux sociaux à caractère radical ou extrémiste,

- pratique de discours antisémite, complotiste, violent, multiplication des conflits,

- rejet systématique des instances d'autorité (parents, éducateurs, professeurs...), 

- intérêt soudain pour une religion ou une idéologie de manière excessive et exclusive,

- socialisation réduite aux réseaux sociaux, fréquentation de sites à caractère radical, adhésion à des discours extrémistes sur ces réseaux, 

- discours relatifs à "la fin du monde" et fascination pour les scénarios apocalyptiques...

Que faire en cas de doute ?

Un numéro vert, le 0800 005 696, mis en place en 2014, permet aux familles d'accéder à la plate-forme d'assistance, du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00. En dehors de ces horaires, un formulaire en ligne propose de décrire et de signaler la situation en attendant qu'un conseillé vous recontacte. En cas d'urgence, notamment pour vous opposer à la sortie de territoire de votre enfant mineur, adressez-vous le plus rapidement possible auprès du commissariat de police ou à la gendarmerie proche de chez vous.

Votre enfant est confronté à des contenus sur le web ?

Le site Stop-djihadisme.gouv.fr lutte contre la propagande djihadiste sur internet, notamment en diffusant un contre-discours pour déconstruire les mensonges, en rappelant la loi, en apportant un éclairage sur la réalité, des témoignages de victimes, et de démonstration de procédés de manipulation. Aussi, face à un contenu faisant l'apologie du terrorisme, il est recommandé de ne pas liker ni partager le post, mais de le signaler sur le site www.internet-signalement.gouv.fr

Revenantes, documentaire diffusé dans Infrarouge sur France 2 mardi 16 janvier à 23h15.


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