Comment accompagner son enfant dans son utilisation numérique ?

Selon une étude, 14 ans serait l'âge de l'autonomie sur Internet, tandis que les 8-11 ans passent 4 heures ou plus sur leur écran. Nos conseils pour permettre aux jeunes de surfer en toute sécurité.

Comment accompagner son enfant dans son utilisation numérique ?
© Antonio Guillem 123rf

[Mise à jour du 19/10/2017]. Selon une enquête de la Fédération française des Télécoms réalisée avec Harris Interactive et menée auprès de 600 parents d'enfants âgés de 8 à 15 ans, "90 % des sondés affirment que leurs enfants se connectent chaque semaine à Internet". Ainsi, "42 % des 8-11 ans y passent 4 heures ou plus, alors que ce chiffre monte à 77 % chez les 12-15 ans". En moyenne, c'est à 14 ans que les jeunes sont considérés comme étant autonomes sur le net. Pour autant, les parents sont conscients des risques, notamment de l'exposition aux images choquantes et des risques de harcèlement. Pour les protéger, "74 % mettent l'accent sur le dialogue, quand 62 % vérifient les paramètres de confidentialité et 53 % font appel à des dispositifs de contrôle parental", précise le communiqué de presse. Pour aller plus loin, voici quelques conseils pour mieux accompagner les ados dans leur utilisation quotidienne du numérique. 

Comment apprendre à son enfant à mieux gérer son temps ?

Les parents doivent avant tout se fier à leur ressenti et mesurer si le temps passé semble convenable. Comment l'enfant parle-t-il de cette expérience ? Dort-il suffisamment ? Ses résultats scolaires sont-ils toujours bons ? "Il faut avant tout dialoguer avec son enfant avant d'instaurer des sanctions et confisquer tout appareil mobile ou mettre en place un contrôle parental proche du "flicage". Ce manque de confiance génère à la fois du stress et un sentiment de suspicion pour l'enfant, et une perte de confiance en soi du côté du parent", précise Anne-Catherine Baseilhac, experte en parenting. Selon elle, prendre conscience des pratiques de cette nouvelle génération et du temps dont il a besoin permet de mieux accompagner son adolescent face à ces nouveaux modes de communication . "Qu'est-ce qu'il va chercher ? Qu'est-ce que cela lui apporte au niveau de son développement personnel, de sa sociabilité ?... Il faut ensuite poser un cadre, des limites qui doivent être claires et évolutives, mais surtout communiquer ensemble, de manière bienveillante", conseille la spécialiste. 

A partir de quel âge peut-on autoriser un enfant à avoir son propre téléphone portable ? 

La plupart des enfants possèdent leur propre téléphone portable vers 11 ans, lors de leur entrée au collège. Les parents sont alors rassurés de pouvoir les joindre et savoir où ils se trouvent à un âge où ils deviennent de plus en plus indépendants, notamment pour leur trajet à l'école. "Mais il s'agit d'une fausse bonne idée puisque finalement, les jeunes utilisent davantage leur mobile pour communiquer entre eux. Selon moi, il n'y a pas de nécessité à avoir un téléphone dès l'entrée en sixième, encore moins avant. Mais il faut aussi prendre en compte la pression sociale et celles des autres camarades", ajoute-t-elle. C'est donc aux parents d'évaluer la nécessité, selon chacun, d'avoir ou non un téléphone portable. Même chose pour la création de leur compte personnel sur les différents réseaux sociaux

L'application Digital coach, une solution pour accompagner son enfant. Cette application permet aux jeunes de naviguer en toute indépendance, tout en respectant les règles fixées au préalable avec leurs parents. L'adulte peut par exemple définir la durée accordée chaque jour sur facebook ou autres applications et faire évoluer ces conditions au fur et à mesure qu'il le souhaite. Chacun peut vérifier en tant réel le temps passé sur les différents appareils mobiles, et réguler en fonction sa consommation, ce qui permet de se responsabiliser. Des statistiques permettent même de comparer leur utilisation par rapport aux autres enfants du même âge. Par ailleurs, l'adolescent est prévenu chaque fois qu'il s'approche d'une limite et peut demander à distance à ses parents plus de temps pour terminer son jeu. Ces derniers peuvent alors accepter, refuser ou négocier ! Enfin, lorsqu'un ado est "scotché" à son téléphone au moment du repas, il peut tout à fait recevoir une notification de la part de ses parents lui précisant que son téléphone se mettra en veille dans une minute, car il est temps de passer à table. Cette option pourrait être déclinée avec "Au dodo", ou "Au boulot !". Rappelons enfin que tous les contenus indésirables sont protégés et bloqués automatiquement. 

Comment sensibiliser son enfant aux risques et aux dérives d'Internet ? 

Si l'application permet de mieux gérer le temps que passe son enfant sur ses appareils numériques et de favoriser le dialogue avec ses parents, tout en bloquant les pages indésirables, elle n'interfère pas en revanche sur le contenu des messages envoyés ou reçus par les enfants. Un moyen de ne pas s'immiscer dans la vie privée de ses jeunes certes, mais qui pose la question des dérives et notamment du cyberharcèlement dont redoutent certains parents. Pour Anne-Catherine Baseilhac, "les parents ont la responsabilité d'éduquer leurs enfants pour les prévenir de ces risques. Ils doivent instaurer un dialogue pour les sensibiliser et faire en sorte qu'ils sachent réagir si cela devait leur arriver", précise la spécialiste. 

"Des mesures contre le "Revenge porn". Les réseaux sociaux doivent s'adapter aux dérives du net, pour protéger les jeunes. Certains d'entre eux, victimes de cyberharcèlement sont parfois surpris de voir une photo d'eux nus, se partager sur le net. Pour lutter contre ce phénomène appelé "Revenge Porn" (pourtant passible d'emprisonnement), Facebook a récemment mis en place de nouvelles fonctionnalités. Désormais, toute photo publiée sans consentement et considérée comme du "Revenge Porn" sera supprimée à la demande de la victime. En outre, le partage de ces contenus sur Facebook, Messenger et Instagram sera dès lors impossible grâce à un outil automatisé appelé "photo-matching" qui permet d'empêcher une nouvelle publication du cliché.

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