15% des collégiens maîtrisent mal la langue française

Origine sociale, support papier ou numérique… De nombreux facteurs entrent toutefois en compte dans les résultats des élèves, selon une enquête de l’Education nationale.

© Cathy Yeulet

Plus de huit collégiens sur dix ont une maîtrise de la langue française qui leur permet de poursuivre une formation, révèle la dernière enquête Cedre du ministère de l'Education nationale. Ils ne sont toutefois qu'un quart à avoir "un bon ou un excellent niveau de maîtrise des compétences". Pour arriver à ce résultat, la compréhension d'écrits diversifiés (textes, schémas, graphiques et tableaux), la compréhension orale et la production de texte en français, en sciences et en histoire-géographie-éducation civique d'environ 9 000 collégiens de troisième, ont été évaluées. L'enquête Cedre s'est alors intéressée à leur capacité à prélever une information, à traiter et à intégrer des informations, à réfléchir et à évaluer, mais aussi à expliquer et à raisonner.

3% n'ont aucune maîtrise. Alors que plus de 26% des élèves ont un bon ou un excellent niveau, ils sont 15% à "n'avoir pratiquement aucune maîtrise ou une maîtrise réduite de ces compétences". Selon la note d'information du ministère, ces collégiens se retrouvent "en difficulté devant un texte complexe ou comprenant un vocabulaire peu courant". Ils sont même 3% à ne maîtriser quasiment aucune des compétences évaluées. Entre ces extrêmes, il y a près de 60% des élèves qui ont une maîtrise de ces compétences qui devrait leur permettre de poursuivre une formation, "même si la moitié d'entre eux doit encore progresser dans le développement de celles-ci". L'origine sociale joue indéniablement un rôle dans les performances des élèves. Il apparaît en effet que les collégiens les plus favorisés réalisent de meilleurs scores que les plus défavorisés.

Des résultats variables en fonction du support. Le support joue aussi un rôle sur le comportement et les résultats des collégiens. Les écarts de score entre les élèves "à l'heure" et ceux en retard sont ainsi moins importants lorsqu'ils répondent sur écran. Ils hésitent par ailleurs moins à répondre aux différentes questions lorsque l'épreuve est sous format numérique. Cependant, les taux de réussite sont plus élevés sur papier que sur support numérique. Cela est dû en partie à "la difficulté plus grande de lire sur écran des textes continus longs".

Des stratégies de lecture inefficaces. Mais les difficultés de lecture sont présentes aussi sur support papier. En effet, tous les collégiens ne savent pas s'y prendre correctement pour lire. Selon l'enquête, moins d'un tiers des élèves ont des stratégies efficaces de lecture alors qu'ils sont plus d'un tiers à utiliser des moyens inefficaces (ne pas avoir recours à un dictionnaire, éviter la lecture à haute voix, continuer à lire sans résoudre les problèmes de compréhension…). Un constat particulièrement alarmant qui indique "clairement un déficit de connaissance des élèves sur les stratégies qui peuvent soutenir la compréhension de l'écrit". Le Cnesco recommande ainsi de "développer des stratégies de lecture-compréhension en privilégiant un enseignement explicite de la compréhension pour tous les élèves et de le prolonger aussi longtemps que nécessaire pour les élèves moyens ou faibles".

Lire aussi