Accouchement, épisiotomie, prise en charge : des chiffres rassurants

Depuis 2010, le recours à l'épisiotomie est beaucoup moins fréquent et les accouchements ont lieu dans des maternités plus grandes, offrant une plus grande sécurité et une meilleure réponse aux demandes des femmes. Des progrès révélés dans la dernière enquête de l'Inserm.

Accouchement, épisiotomie, prise en charge : des chiffres rassurants
© Olesia Bilkei - 123RF

Réalisée en mars 2016 par l'équipe EPOPé de l'Inserm et rendue publique le mercredi 11 octobre, l'Enquête Nationale Périnatale (ENP), qui porte sur 14 000 naissances en métropole et dans les départements et régions d'Outre-Mer (DROM), permet de suivre l'évolution des principaux indicateurs périnatals relatifs à la santé, aux pratiques médicales, aux facteurs de risque et leur évolution depuis la précédente enquête de 2010. Si ce rapport relève des améliorations concernant la prise en charge du travail et de l'accouchement, il montre aussi la dégradation de certains indicateurs de santé périnatale.

Une meilleure sécurité. En 2016, les accouchements ont plus souvent eu lieu dans des maternité publiques et plus grandes, permettant "une plus grande sécurité et une meilleure réponse aux demandes des femmes", selon les auteurs de l'étude. Par ailleurs, ils indiquent que le taux de recours à l'épisiotomie a diminué, passant de 27 % en 2010 à 20 % en 2016. La proportion de césarienne est quant à elle restée globalement stable : 21,1 % en 2010 et 20,4 % en 2016. L'ENP souligne également "une meilleure prise en charge des femmes au moment de l'accouchement" avec un recours à l'oxytocine, une hormone de synthèse permettant de déclencher rapidement un accouchement, mais présentant des risques pour la santé maternelle, bien moins fréquent chez les femmes en travail spontané (44,3 % en 2016 contre 57,6 % en 2010). De la même manière, l'utilisation des méthodes non médicamenteuses pour gérer la douleur et les contractions a triplé depuis 2010 (36 % en 2016). Parmi les progrès constatés, "la prévention de l'hémorragie du post-partum, recommandée depuis 2004, est désormais quasi généralisée (93 % en 2016 contre 83 % en 2010)", précisent les auteurs avant d'ajouter "qu'il est important de continuer les efforts pour améliorer le confort des femmes pendant le travail".

"Des progrès restent à faire". Le rapport de l'Inserm montre également un déclin de certains indicateurs de santé périnatale. Les résultats les plus marquants sont les suivants :

  • 20 % des femmes enceintes sont en surpoids au moment de l'accouchement et 12 % d'entre elles sont obèses, contre respectivement 17 % et 10 % en 2010. A noter que dans les DROM, le taux d'obésité des femmes enceintes est d'ailleurs encore plus élevé : 21 % contre 12 % en métropole.
  • La consommation de tabac des femmes enceintes n'a pas baissé : 17 % des femmes ont fumé au moins une cigarette par jour, au troisième trimestre de la grossesse.
  • Pourtant considérées comme une population à risque élevé, seulement 7 % des femmes enceintes ont été vaccinées contre la grippe en 2016.
  • Le taux de prématuré qui augmente depuis 1995 (passant de 4,5 % à 6 % en 2016 chez les enfants uniques nés vivants) ainsi que celui des enfants avec un poids faible pour leur âge gestationnel (passant de 10,1 % à 10,8 % en 2016).

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