Épisiotomie : les gynécologues dénoncent les propos de Marlène Schiappa

Les gynécologues du CNGOF remettent en cause les déclarations de la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes concernant l'épisiotomie et les violences obstétricales.

Épisiotomie : les gynécologues dénoncent les propos de Marlène Schiappa
© Olesia Bilkei - 123RF

La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes annonce, dans un communiqué, qu'elle vient de commander au Haut conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCE), un rapport sur les violences obstétricales.  Son objectif : produire un état des lieux afin "d'objectiver l'épisiotomie", un acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée pendant l'accouchement pour permettre au bébé une sortie plus facile, et le quantifier. Elle précise par ailleurs que les gynécologues-obstétriciens seront "pleinement consultés" 

Lors d'une audition au Sénat devant la délégation aux droits des femmes jeudi 20 juillet, Marlène Schiappa, se référant à une étude du réseau Maman Travaille menée en 2013 sur 983 mères, avait affirmé que le taux de recours à l'épisiotomie atteignait 75 % en France. Un chiffre jugé néanmoins inexact par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Dans une lettre ouverte adressée à Marlène Schiappa du lundi 24 juillet, les gynécologues s'étaient vivement insurgés. "Non Madame la secrétaire d'État, les obstétriciens ne maltraitent pas leurs patientes et entendent à leur tour ne pas l'être par une secrétaire d'État mal informée", s'émeut le Pr. Israël Nisand, président du CNGOF, avant d'ajouter que "la dernière évaluation officielle et publique réalisée en 2010 en rapportait 27 %". Et d'ajouter que le nombre d'épisiotomies a été divisé par deux depuis la dernière enquête de 1998, et que de telles attaques heurtent la profession et pourraient ainsi "induire une perte de confiance envers les gynécologues et obstétriciens".

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