Dossier
27/03/2007
Une fratrie heureuse si et seulement si...
1. Vous considérez vos enfants individuellement Chaque enfant possède sa propre personnalité, son caractère, ses goûts, ses qualités et ses défauts. Vouloir "traiter tout le monde de la même manière" reviendrait à nier les différences entre vos enfants. Sachez donc adapter votre discours, votre comportement, vos règles et vos gestes à chacun d'entre eux. Passez du temps individuellement avec chacun (même une demie-heure par semaine !) pour qu'ils puissent construire avec vous une relation privilégiée mais aussi qu'ils aient l'occasion de se dévoiler, de parler, de s'affirmer autrement qu'au sein de la fratrie, qui parfois empêche d'être soi-même ou influence les comportements. De cette manière, vous apprendrez à connaître et apprécier vos bambins autant les uns que les autres et éviterez de développer une relation exclusive avec l'un de vos enfants, d'avoir un préféré ou bien une brebis galeuse... Peut-être que vous vous sentez plus proche de l'un ou de l'autre en fonction des attentes que vous avez placées en lui, de ce qu'il vous renvoie comme image de vous-même. Mais, si vous ne veillez pas à nourrir une complicité avec les autres, vous serez bien vite démasquée, ce qui pourrait entraîner des conflits et surtout ébranler l'estime de soi de ceux qui se sentiraient "moins aimés". Il faut laisser la porte ouverte à vos enfants de s'affirmer en tant qu'individu à travers des activités et des liens affectifs singuliers. 2. Vous considérez vos enfants en groupe C'est le pendant logique du premier commandement... Ne faites pas non plus de vos enfants de simples colocataires ! Les rapports frères-soeurs qu'ils peuvent développer constituent un bien précieux. L'apprentissage de la vie en communauté, de la solidarité, les plaisirs du partage, le socle identitaire de souvenirs communs, le soutien inconditionnel tout au long d'une vie de personnes "du même sang", la possibilité de se définir et de se trouver les uns par rapport aux autres, d'apprendre à aimer et encore nombre de trésors. Et vous êtes précisément la personne qui pouvez encourager cette harmonie et la solidifier. Cela passe par l'instauration de moments ensemble où chacun a sa place : lors d'un jeu collectif, autour de la table pendant les repas, lors de vacances en famille... Les "rituels" familiaux resserreront les liens : anniversaires, fêtes pour célébrer la réussite de l'un d'eux, albums photos etc. Les règles communes de la vie quotidienne constituent aussi une bonne base pour la complicité des enfants entre eux. 3. Vous savez comment gérer l'arrivée d'un petit ou d'une petite soeur Un nouvel arrivant dans la famille bouscule le schéma en place. Chacun se repositionne et se voit, de fait, investi d'un nouveau rôle. Ce changement, s'il n'est pas bien assimilé, peut engendrer des malentendus et même des conflits durables entre les enfants. Prenez donc le temps d'expliquer l'événement, de rassurer vos enfants s'ils ont des inquiétudes particulières, de veiller à les soutenir s'ils se sentent "abandonnés" à ce moment de leur vie. Bref, pensez qu'avoir un nouvel enfant c'est aussi avoir un nouveau frère ou une nouvelle soeur. 4. Vous n'enfermez pas vos enfants dans des rôles prédéfinis Chaque enfant en fonction du moment où il nait, de sa personnalité mais aussi du désir que ses parents ont investi en lui, endosse une place particulière dans la famille. Tous les cas de figure existent : un aîné qui a tant ému qu'il sera toujours érigé en exemple ou encore préféré car il aura été longuement désiré ou au contraire étranger car arrivé de manière accidentelle. Le cadet peut très bien avoir mauvaise presse (il a fait plongé l'aîné dans une déprime) ou au contraire s'avérer l'enfant roi (vous n'avez plus la force d'imposer tant d'autorité qu'avec le premier). Le dernier, quant à lui, peut constituer l'enfant "sur le tard", le bâton de vieillesse et porter le poids de parents étouffants qui s'accrochent à lui de manière excessive. A moins qu'il ne devienne le chouchou des deux autres ou leur bête noire c'est au choix. Bref, chaque famille possède sa propre configuration et vous ne pourrez pas l'empêcher. Mais pour autant, vous pouvez veiller à ne pas l'ériger en règle absolue ! Essayez, quand vous le pouvez, d'échanger les rôles entre vos enfants, de les "déstigmatiser" afin de leur laisser l'opportunité de prendre du recul sur leur propre place. Cela les aidera à se définir autrement, à prendre la liberté d'être ce qu'ils sont sans qu'on leur impose une place au préalable. 5. Vous instaurez un climat de confiance avec et entre vos enfants La confiance : c'est la clé d'une fratrie sereine. Pour l'obtenir entre tous les membres de la famille, une seule règle d'or : parler. Le dialogue en tête à tête ou en tribu, quand ils le veulent mais aussi quand vous le voulez, dénoue la majorité des tensions. Les conflits mis à plat, les règles énoncées, l'amour réaffirmé mais aussi les angoisses rassurées, tout devient extrêmement simple ! Grâce à la parole les émotions s'allègent ! Et pour que vos enfants aient l'habitude de s'exprimer, rien ne vaut une maman bavarde dès les premiers jours de bébé.
Katrin Acou-Bouaziz, Journal des Femmes
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