Vetements fera défiler 18 collab' en haute couture

Depuis l'annonce du défilé de Vetements en haute couture, la mode se demande ce que Demna Gvasalia va lui réserver. La réponse implique Manolo Blahnik, Carhartt ou encore Reebok et fleure bon le buzz et le marketing.

© Imaxtree.com

Loin, très loin des coutumes de la couture, c'est là que va nous emmener Demna Gvasalia. Sans surprise, le designer à la tête du label Vetements promet de bousculer les codes à l'occasion de son premier défilé haute couture.

La rencontre entre les deux mondes était, de fait, intrigante. Avec ses succès à base de t-shirts de la compagnie de transporteurs DHL et de défilés dans des clubs libertins ou des restaurants chinois de Belleville, le designer d'origine géorgienne avait surpris l'assemblée en figurant au calendrier de la haute couture. Soit. Concomitamment à l'annonce de  son affiliation à ce label d'exception et de virtuosité couturière, le dernier fauteur de trouble favori de la fashion sphère avait assuré -toujours- vouloir n'en faire qu'à sa tête. Ce qu'il nous prouve dès lors en dévoilant son programme couture.
 
Ne pouvant pas vraiment se dérober à la rigueur du genre, malgré une affection particulière pour le vêtement "de la rue", brut et sulfureux de banalité, le directeur artistique a trouvé un stratagème pour faire parler de lui. En effet, le dimanche 3 juillet à 18h, Vetements fera défiler le fruit de ses collaborations avec 18 griffes mode différentes. Un méga coup marketing parmi lequel figurent les marques Eastpak, Canada Goose, Lucchese, Mackintosh, Dr. Martens, Reebok, Church's, Alpha Industries, Champion, Kawasaki, Schott, Comme des Garçons ou encore Manolo Blahnik. Mais alors qu'est-ce que ce défilé pourrait bien avoir à voir avec la haute couture ?

Interviewé par Cathy Horyn du New York Times, Demna Gvasalia explique sa démarche artistique. Le déclic lui serait venu de l'envie de faire des jeans, sans jamais parvenir à en réaliser un 100% authentique, soit la référence du genre : un Levi's. L'idée de faire fabriquer des produits iconiques, revisités par Vetements mais produits avec le savoir-faire et les matières des marques qui en sont à l'origine est donc apparue ainsi. Qu'on l'appelle "hommage", "collaboration" ou "emprunt", le défilé de la fin de semaine nous promet des pièces cultes, dessinées par Vetements et fabriquées "de la Chine aux État-unis" par les usines des marques.  Mais alors qu'est-ce que ce défilé pourrait bien avoir à voir avec la haute couture ?

En poursuivant avec Cathy Horyn, Demna Gvasalia confesse que son équipe et lui-même n'ont "pas estimé que le moment était bon pour revisiter l'allure Vetements". Le moment était-il meilleur pour nous livrer une énième customisation de pièces déjà ancrées dans notre culture vestimentaire ? Certainement, dans l'ère du "mème", du buzz et de Kanye West, une telle entreprise est tout-à-fait opportune. Mettre en avant le savoir-faire et la personnalité d'une marque à défaut de développer une nouvelle histoire, c'est la manne et le crédo de la pop-culture. Mais alors qu'est-ce que ce défilé pourrait bien avoir à voir avec la haute couture ?

Pas grand chose finalement. L'appellation "haute couture" est un titre délivré d'après un grand nombre de critères. Parmi les plus connus, la fabrication à la main, dans les ateliers de couture de la maison, basés en France. À ce stade, Demna coince déjà. Heureusement pour lui, son collectif et sa collection de collaborations, son statut par rapport à cette institution n'est que celui de "Membre invité". Une invitation à l'inauguration d'une nouvelle haute couture qu'il se pourrait bien que l'on décline. 

Vetements automùne-hiver 2016-2017 © Imaxtree.com