Haute couture printemps-été 2013 : oppositions et alliances des défilés

Quatre jours de folies créatrices et d'émerveillements à répétition. Des grandes maisons comme Chanel ou Dior aux jeunes designers tels que Julien Fournié ou Jan Taminiau, la haute couture s'est pleinement exprimée il y a quelques jours à Paris. Avec deux tendances phares : la nature et le modernisme.

Décryptage fashion week haute couture printemps 2013
© imaxtree.com

La ressemblance scénographique entre les deux défilés français les plus attendus a été plus que frappante lors de cette fashion week printemps-été 2013. Les mannequins de Chanel déambulaient dans une forêt enchanteresse, avec une allure gothico-romantique qui se rapproche des gravures d'Alice au pays des merveilles. Une influence littéraire partagée avec Dior où les modèles eux-mêmes figurent des fleurs animées et extraordinaires, dans un jardin onduleux. Grâce à la profusion de dentelle et de volants, Alexis Mabille a greffé à la peau des jeunes femmes des pétales délicats pour des silhouettes féminines, légères et naturelles. Ces jardins de paradis qui ont structuré cette semaine de mode étaient aussi habités par de sublimes statues, confectionnées par Stéphane Rolland ou Zuhair Murad. Chez le premier, elles revisitent la perfection de la sculpture grecque blanche aux lignes épurées. Chez M. Murad, les statues sont des représentations de la force et des amazones. Ce sont des guerrières, des Diane parées de dorures. Chez Valentino, le thème du jardin s'exprime à travers les circonvolutions des borderies, inspirées par les motifs des portails en fer forgé. Ulyana Sergeenko, elle, a opté pour un hommage aux Garden party des siècles passés avec des ombrelles en dentelle blanche, accessoire emblématique des jeunes filles en fleurs. 
Des inspirations communes : le graphisme et le noir et blanc
 

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Fleur graphique au défilé haute-couture de Stéphane Rolland, collection printemps-été 2013 © imaxtree.com

Dans une optique relativement opposée, les lignes graphiques et les thèmes futuristes ont marqué  la haute-couture. Versace, comme à son habitude, expose des femmes fatales. De leur silhouette naît la synergie entre les figures représentatives de l'Antiquité romaine, tels que les gladiateurs ou les déesses de l'Olympe, remises au goût du jour par des découpes graphiques et des couleurs flashy. Les visions du futur de la mode se croisent et se choquent. A l'image des robes d'Iris Van Herpen, hommage au Japon entre architectures délirantes et origamis traditionnels. Cet hommage au pays du soleil levant est aussi sensible chez Didit Hediprasetyo : les femmes se transforment en sirènes, fusion entre les poissons qui habitent les jardins zen et les geishas. Le français Julien Fournié voit les années à venir envahies de circuits électroniques et de lignes droites, de matériaux brillants, entre le cuir et le plastique. Un univers purement géométrique, sans courbes ni rondeurs, comme dans le monde de Rad Hourani. Dans cet univers règne l'androgynie d'Alexandre Vauthier, où les incontournables du vestiaire masculin subliment la féminité des modèles. L'infatigable Jean-Paul Gaultier a troqué ses silhouettes 80's contre des bohémiennes sublimes, drapées de lignes qui donnent au corps une tournure nouvelle, aux décolletés nouveaux et toujours évocateurs.
La fashion week haute couture printemps-été 2013 semble donc avoir été inspirée par deux philosophies : la nostalgie des grandeurs passées et la curiosité des années futures.  

 

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