Gucci croisière 2017, la grand messe

Le 2 juin, les bancs de l'Abbaye de Westminster sont entrés en communion avec la mode. Par sa procession fastueuse et licencieuse, Alessandro Michele nous a, à nouveau, ouvert le royaume des cieux.

© Gucci

Depuis le défilé Gucci croisière 2017, sous  les voûtes de l'Abbaye de Westminster, le Royaume Uni s'est paré d'une nouvelle iconographie.  "Keep calm and wear Gucci", "God Save Alessandro""Gucci calling" peut-on, paraît-il, entendre raisonner dans la chapelle des rois. L'écho d'une collection justement délirante, entre flegme et pop, naphtaline, punk et paillettes. 
On en attendait pas moins de la part d'Alessandro Michele, prêcheur chouchou de la sainte église modesque depuis une poignée de saisons. Très surpris d'avoir obtenu de défiler dans le lieu dont il rêvait, il n'a pas manqué de faire honneur à l'église royale. Fidèle à son approche opulente et joviale de l'habit, le directeur artistique de Gucci s'amuse à apposer, accumuler, dans une gradation de textures et de couleur jubilatoire. Punk, grand-mère, disco, ses mannequins, sans distinction de sexe, sont tout à la fois. Des animaux mode surréalistes qui composent avec brio des tenues retentissantes de symboliques. Un syncrétisme séduisant et sensuel où chaque détail qui attrape l'œil devient follement désirable. Toile de Jouy, tartan, volants, fourrures, clous, cuirs, denim et union jack, les saveurs font s'entrechoquer à merveille des univers constrastés, offrant un rythme entraînant à la collection. Les silhouettes invoquent Vivienne Westwood, trempent dans une iconographie gothique et n'oublient pas pour autant d'être aristocratiques. La messe est dite.