Femmes en séries: du fantasme au féminisme

Si elles peinent à se faire une place de choix sur grand écran, les femmes font la loi dans la petite lucarne. Depuis plusieurs saisons, les personnages féminins complexes, loin des clichés, investissent les séries à succès pour notre plus grand plaisir. Tour d'horizon.

Femmes en séries: du fantasme au féminisme
© Netflix

Fini les Carrie Bradshaw, Gossip Girls et autres beautés désespérées. Désormais, nos héroïnes s'appellent Olivia Pope ou Daenerys Targaryen. Dans nos séries adorées, les figures féminines ne sont plus accros au shopping ou femmes au foyer, mais expertes en relations publiques ou guerrières à dragons. Des filles badass, qu'on admire pour leur cerveau, leur personnalité et leur détermination plutôt que pour leur physique ou leur vie idyllique remplie de stéréotypes.
Le Festival Séries Mania, qui s'est tenu du 17 au 26 avril à Paris, s'est intéressé à la place des femmes dans les shows télévisés et a confirmé la tendance : elles s'émancipent enfin du rôle pré-conçu qu'Hollywood leur a façonné (au choix : épouse dévouée/amante/copine rigolote/collègue du vrai héros, l'homme).

La révolution est en cours et Orange is the New Black, série à succès signée Netflix, en est sûrement l'exemple le plus parlant. Ici, on suit Piper Chapman en prison, dans un univers exclusivement féminin. Les détenues vivent leur vie pénitentiaire pendant que les hommes servent de rôles secondaires, comme maton, petit ami éploré ou frérot rigolo. Le message est clair : on n'a pas besoin d'eux pour exister. L'exact opposé de ce que nous sert habituellement Hollywood.

La joyeuse bande d'Orange is the New Black © HBO

Claire Underwood et Arya Stark comme exemples

En plus de voler la vedette aux hommes, les filles des séries s'affirment, se rebellent et imposent leur vision des choses. Si Sex and the City ou Desperate Housewives ont ouvert la voie aux shows féminins addictifs, les scénaristes n'ont plus peur de sortir des sentiers battus et nous offrent une pléiade de personnages passionnants, complexes, voire totalement barrés. Des amies débridées de Girls, à la bipolaire Carrie Mathison d'Homeland en passant par la manipulatrice Claire Underwood d'House of Cards, les femmes se libèrent du carcan du glamour pour vanter des atours d'une autre dimension. Comme dans Game of Thrones, où elles côtoient capes, épées et scènes de guerre. Des "trucs de mecs" qui n'en sont pas vraiment, car à creuser du côté de Westeros, on se rend vite compte que tout tourne autour des femmesEn gros, Cersei , Daenerys, Mélisandre et Arya sont un peu nos Lynette, Gaby, Bree et Susan d'aujourd'hui. Le désespoir en moins, le féminisme en plus.

Ô joie ! Au lieu de faire fuir le public, ces nouvelles héroïnes séduisent tout le monde. Ainsi, les manigances autour du Trône de Fer ont fait de la série mythique de HBO l'un des plus grands succès télés jamais enregistrés. GoT, pour les intimes, bat des records de téléchargements et la moindre information révélée crée des réactions hallucinantes sur les réseaux sociaux. Autre réjouissance : dans le top 10 des shows les plus regardés aux Etats-Unis en 2014, on retrouve Scandal, avec Kerry Washington dans le rôle phareThe Big Bang Theory, série geek à souhait sur quatres mecs scientifiques, arrive en tête de ce même classement. Quel est le rapport ? Depuis plusieurs saisons, le show qui traite un univers pourtant très masculin a propulsé ses personnages féminins au premier plan et tout le monde semble ravi. De quoi servir de leçon au 7e art, toujours réticent à l'idée de faire la part belle aux femmes.

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