Théâtre : On a tous "quelque chose en nous de De Vinci"

L'art se personnifie sur les planches de La Nouvelle Seine, à Paris dans la pièce "Quelque chose en nous de De Vinci" de Christophe Carotenuto. Un spectacle qui ne ressemble à aucun autre à découvrir mardi 19 et 26 décembre 2017.

Théâtre : On a tous "quelque chose en nous de De Vinci"
© Stan / Quelque chose en nous de De Vinci

Dans son spectacle Quelque chose en nous de De Vinci, Stan vous fait tanguer au rythme de ses mots. Jouée au sous-sol de la péniche parisienne La Nouvelle Seine, cette pièce énigmatique mêle théâtre, humour, danse, rap et textes philosophiques. Avec un accent Italien enchanteur, Stan, de son vrai nom Christophe Carotenuto, nous embarque et nous propose une réflexion poétique et artistique. Il s'amuse de l'infinie possibilité des jeux de rôle, recouvre sa tête d'un foulard pour se mettre dans la peau de La Joconde, dissimule ses avants-bras pour incarner La Vénus de Milo, devient en un tour de main une femme enceinte et se met dans la peau de sa professeure de théâtre. Ce comédien parle vite, saute d'un sujet à un autre et sème çà et là quelques références à l'art et à la littérature. Récompensé plus de vingt fois dans plusieurs festivals d'humour, le comédien-humoriste a également remporté le Violet d'Or au Dinard Comedy Festival en 2016.

Incarner des femmes, pour pointer les inégalités

Sur les planches, le comédien ne cache pas le plaisir qu'il prend à se travestir, mais toujours avec subtilité. A la fin de son spectacle, il nous confirme être "davantage inspiré par les rôles féminins." "Je crois que c'est plus amusant de jouer ce que l'on n'est pas. On arrive mieux à parler de soi-même en jouant un rôle qui est éloigné de notre personnalité et ça permet aussi de ne pas parler à la première personne", nous livre t-il. Lorsqu'il rentre dans la peau d'un personnage féminin, Christophe tente "d'explorer la façon dont les femmes semblent penser."  Celui qui se dit "touché par les inégalités que subissent les femmes" montre dans son spectacle "des personnages contraints. Certains ont des chaines, visibles ou psychologiques, d'autres sont coincés dans le marbre (la Vénus de Milo). Ils crient leur désir de liberté. Certains vont réussir à devenir papillon, d'autres vont rester chenilles." Christophe Carotenuto se plait à incarner tantôt des hommes, tantôt des femmes, parmi lesquelles, on compte des figures féminines du monde artistique. Ce choix, il nous l'a expliqué : "Le théâtre permet de faire parler les sans-voix, ceux​ qu'on n'écoute pas. C'est pour cela que j'adore faire parler les œuvres d'art, elles qui entendent tout depuis des générations. Qu'est-ce qu'elles pourraient nous dire ​?​"

Une scène, plusieurs talents

Mélanger plusieurs disciplines sur scène, l'artiste l'a fait sans se poser de question. "J'aime la danse, les alexandrins, le rap... Tout ce dont je rêve de jouer, je peux le mettre dans mon spectacle. J'ai également ajouté de l'humour car c'est un super outil pour amener les gens avec soi dans les histoires que l'on raconte. C'est aussi très jouissif de voir les gens rire de nos blagues", nous a raconté Christophe. Le rapport au corps et au mouvement, il l'a acquis après un an et demi seulement de cours. Inspiré par le danseur classique Vaslav Nijinski puis par Michael Jackson, le comédien s'est véritablement intéressé à la danse depuis 2010, pour ne plus jamais arrêter depuis : "je danse tous les jours, à force c'est rentré en moi", nous a t-il confié. "La scène est un espace de liberté incroyable. Je peux m'écrire ce que je rêve de jouer. Si je devais attendre qu'on me propose des rôles où je dois danser, rapper, jouer en alexandrins, je pourrais attendre longtemps." Cet artiste polyvalent sait également jouer avec les mots : "j'adore qu'une phrase puisse avoir un double, voire un triple sens, je trouve ça fascinant. J'évite toutefois de rester bloqué dans une performance de jeux de mots. Je préfère jouer avec mes fragilités, avec ce qui ne se voit pas au premier abord, comme le sous-texte. C'est ce qu'il y a entre les mots qui m'intéresse, davantage que les mots eux-mêmes".

Pourquoi aller le voir, mesdames ? :"Je pourrais dire à vos lectrices de venir parce qu'il y a des portraits de femmes et que ça me ferait rire qu'elles se reconnaissent un peu. Mais mon spectacle parle aux femmes comme aux hommes. Qu'elles viennent donc avec leurs maris !"

  • Où ? Sur la péniche de La Nouvelle Seine au 3 quai de Montebello, 75005 Paris
  • Quand ? Les mardi 19 et 26 décembre à 20 heures
  • Prix : 21 euros la place
  • Site : www.lanouvelleseine.com

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