Miossec, bête de scène

Notre Brestois à la voix rauque et au franc-parler, Christophe Miossec, était au magnifique Théâtre des Bouffes du Nord à Paris pour quatre dates consécutives, du 25 au 28 octobre, avant une tournée à travers la France. Tonnerre... d'applaudissements !

© O.F
 
A cinquante ans passés, Christophe Miossec, contraint de renoncer à son mode de vie rock'n'roll teinté de déboires alcooliques et sexuels, a largué les amarres de l'amer et nous revient. Moins tourmenté, mais toujours aussi généreux, le fils de marin finistérien semble heureux de partager un bonheur apaisé. Cette série de concerts exceptionnels est l'occasion pour lui de défendre son dernier disque studio Mammifères, empreint de délicatesse, d'amour, de poésie et de sonorités tziganes, et de passer en revue dix albums et vingt ans de carrière. 
 
Assagi mais inspiré, ce gars aujourd'hui plus tendre que mélancolique est accompagné sur scène des mêmes musiciens avec lesquels il a enregistré l'album, la violoniste Mirabelle Gilis et le guitariste Leander Lyons, rejoints sur scène par Thomas Schaettel aux claviers. Il nous livre une version semi-acoustique fidèle à l'ambiance de ce dernier opus mais aussi quelques uns de ses désormais classiques tels que "Je m'en vais", "On vient à peine de commencer" ou "Des Touristes".
 
Aux Bouffes du Nord -où nous étions ce jeudi, la plume sensible et l'humour pince sans rire de Miossec ont fait mouche ("Les concerts parisiens c'est toujours un peu la visite médicale mais dans un cadre pareil c'est pas mal", a-t-il balancé au public), trouvant dans cette salle, le lieu idéal pour une prestation intense, touchante et enjouée. Les quatre musiciens, côte à côte sur scène devant un mur d'ampli vintage, nous ont livré ce soir-là un set chaleureux et énergique, devant un public fidèle et comblé par ce moment privilégié avec pas moins de trois rappels. Bravo l'artiste !