Tony Carreira chante Mon Fado

Le chanteur portugais Tony Carreira lance son 18e album et le deuxième en français. Avec Mon Fado, dans les bacs le 15 janvier 2016, il souhaite élargir son public et faire connaître ses racines. Nous avons eu la chance de rencontrer l’artiste qui, malgré le succès, se révèle touchant et particulièrement accessible.

© Yves Bottalico

Je chantais dans ma tendre jeunesse l'un de ses plus grands succès A minha guitarra. Lorsqu'on me propose d'interviewer Tony Carreira, je ne résiste pas. Cet homme là, c'est 25 ans de carrière, 17 albums, 48 disques de platines et des distinctions à gogo. C'est aussi l'artiste portugais qui s'exporte le mieux à l'international. Lorsque je le rencontre, je redeviens la petite fille qui chantait son plus grand tube. D'une simplicité et d'une gentillesse indescriptibles, Tony Carreira me parle de musique, de sa carrière, de ses enfants. Rencontre.

Tony Carreira © Yves Bottalico

Le Journal des Femmes : Les Français vous connaissent peu. Pouvez-vous nous parler de votre carrière ?
Tony Carreira : 
Je suis arrivé en France à l'âge de 10 ans comme des milliers de portugais. La musique m'a bercé dès mon plus jeune âge et à 15 ans, j'ai intégré le groupe Irmãos 5 qui a connu un franc succès auprès de la communauté portugaise de France. Quelques années plus tard, je me suis lancé en solo avec plus ou moins de succès. C'est en 1993 que la chanson A minha guitarra me permet de percer. C'est là que tout a commencé.

Pourquoi avoir fait un album de Fado ?
J'avais envie de toucher le public français et ça passait par le Fado, qui est notre identité. Pour cela, j'ai fait appel à Jorge Fernando, l'une des figures du Fado pour m'accompagner sur cet album. Pour autant, ma musique n'a pas changé. Nous y avons ajouté quelques guitares portugaises qui sont l'essence même de ce style musical. C'est ça, mon Fado.

Vous reprenez des titres d'Amalia Rodrigues. Une évidence ?
Faire un album de Fado sans parler de la grande Amalia était inconcevable. J'ai repris trois de ses Fado les plus connus et populaires : Canção do Mar, qui a été reprise par Hélène Ségara avec le titre Elle tu l'aimes, Casa Portuguesa qui a été la bande originale du film La Cage Dorée, et Abril em Portugal dans sa version originale Coimbra. J'ai aussi repris le titre Sodade de Césaria Evora, qui ne chantait pas de Fado, mais qui fait partie intégrante de notre patrimoine musical.

Vos 3 enfants se sont lancés dans la musique. Ils vous demandent conseil ?
Il arrive parfois qu'ils me demandent mon avis sur une chanson, mais je ne me mêle pas de leurs carrières. Ils doivent faire leurs propres choix et leurs propres erreurs. C'est comme ça qu'ils apprendront. La vie que je vis avec eux, c'est la vie de famille.

Votre fils Michael vous a invité sur la scène du Pavilhão Atlantico, l'une des plus grandes salles du Portugal. Qu'avez-vous ressenti ?
Il faut savoir que peu d'artistes s'attaquent à cette salle et arrivent à la remplir. Le fait que des milliers de personnes soient venues applaudir mon fils était très émouvant. J'étais fier qu'il vive ça car je sais la joie que cela procure. C'était sublime.

De quoi êtes-vous le plus fier ?
Mon public qui m'a tout donné. J'ai un profond respect envers lui. J'aime les rencontrer, leur parler… Ma carrière, les rencontres artistiques que j'ai faites dans ma vie, mon succès, c'est au public que je les dois…

Portrait chinois :
Qu'est-ce que vous menez à la baguette ?

Les personnes qui travaillent avec moi sont à mes côtés depuis le début. Ils savent qu'au travail, il ne faut pas rigoler.

Est-ce qu'il vous arrive de chanter comme une casserole ?
Oui bien sûr !

La dernière fois que vous avez dû accorder vos violons ?
Avec un ami. Je préfère ne pas en parler.

Qu'est-ce que vous envoyez valser ?
Les personnes qui dépassent les bornes et qui manquent de respect.

Arrivez-vous à tenir le rythme ?
Je ne suis pas encore trop vieux quand même (rires). Quand on fait une tournée, on rentre dans un certain rythme alors que quand on fait des concerts isolés, c'est plus fatiguant.

Mon Fado, dans les bacs le 15 janvier 2016 © Universal