Simone de Beauvoir entre (seulement) dans la Pléiade

Simone de Beauvoir intègre la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade. La romancière féministe et compagne de Jean-Paul Sarte reçoit enfin l'honneur de voir ses œuvres entrer au Panthéon de la littérature, devenant la 15e femme à s'y frayer une place.

Simone de Beauvoir entre (seulement) dans la Pléiade
© Alain Bonhoure/Roger-Viollet

L'auteure féministe, Simone de Beauvoir, a fait son entrée dans la collection de la Pléiade le 17 mai 2018, soit 32 ans après sa mort. Les éditeurs de Gallimard ont choisi de publier en deux volumes ses cinq livres de mémoires : Mémoires d'une jeune fille rangée (1958), La Force de l'âge (1960), La force des choses (1963), Tout compte fait (1972) et La cérémonie des adieux (1981). Surprise : Le Deuxième Sexe, son ouvrage le plus connu qui est aussi le livre manifeste du mouvement féministe publié en 1949, est le grand absent de cette édition. Son roman Les Mandarins, prix Goncourt 1954, ne figure pas non plus dans les quelques 3000 pages consacrées à la philosophe. Ce choix ne s'est pas fait sans une réflexion antérieure comme l'ont expliqué les éditeurs : "Si le projet d'écrire sa vie lui est d'abord apparu comme un détour, il est toutefois progressivement devenu le voie royale empruntée par son œuvre." Un moyen de mettre en avant la chroniqueuse plutôt que l'essayiste ou la romancière. 

Une collection très masculine

Depuis la création de cette prestigieuse collection en 1931, la Pléiade n'a accueilli que 15 femmes, dont Simone de Beauvoir, dans ses rangs pour 209 auteurs masculins. Parmi elles : Colette, George Sand, Jane Austen, Madame de Lafayette, Nathalie Sarraute ou encore Marguerite Duras. Il a fallu attendre 1953 pour qu'un volume entier de la collection soit dédiée à une auteure. C'est Madame de Sévigné, qui a ouvert le bal, plus de 250 ans après sa disparition. La collection expliquait cet écart disproportionné entre hommes et femmes sur son site en 2014 : "Force est de constater que l'histoire littéraire elle-même s'écrit au masculin jusqu'au milieu de XXe siècle ; et il n'est pas à la portée de la collection de la corriger." Ce raisonnement s'est avéré absurde pour certaines féministes qui n'ont pas hésité à démontrer l'existence de centaines d'écrivaines dont le mérite littéraire leur permettrait de figurer parmi les classiques. Il est temps que les revendication égalitaires gagnent les étagères des bibliothèques !

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