L’automobile, plus qu’un moyen de déplacement, beaucoup de soi-même !

Si l’on portait une attention plus soutenue à l’étymologie des mots que nous employons quotidiennement, on s’apercevrait que l’origine des choses a souvent été pensée avec sagesse et qu’elle reste bien le reflet d’une source que l’on a sitôt fait d’oublier avec le temps et le caractère frénétique de nos existences surmenées.

Du préfixe grec « autos » qui veut dire soi-même, et du suffixe latin « mobilis » qui exprime la mobilité, le mot « automobile » exprime donc parfaitement une réalité dont on a fini par ne conserver à l’esprit qu’une fonctionnalité majeure propre au déplacement, en altérant celle qui la relie à notre personnalité.

Dans le même esprit, qui sait ou se souvient que l’Académie française s’est prononcée en 1901 pour le genre féminin du mot automobile mais qu’une polémique dura jusqu’en 1944 pour lui attribuer le genre masculin !

Un pauvre combat, révélateur néanmoins de l’enjeu et de tout ce qui se joue alors, autour d’un mot devenu le symbole d’une économie mondiale géante, mais sans doute de bien plus encore au plan individuel et qui semble retrouver une fonction nouvelle dans une relation plus intimiste renouée ou à nouveau entrevue, et qui, finalement, ne fait que rejoindre sa source étymologique : le soi même.

 

Si la notion de plaisir n’est pas prise en compte dans ce vocabulaire elle est indéniablement induite par celle qui relie à ce « soi-même », tout autant que celle inhérente à la forme de reconnaissance ou d’identification qui rapproche l’automobile d’un auto portrait de nous même.

 

Que les affres ou les nécessités de la vie quotidienne poussent au co-voiturage ou à ces services d’automobiles partagées pour des raisons de praticité, il est encore loin d’arriver ce temps où l’individu fera fis du lien indescriptible qui le relie à « sa » voiture.

 

Un lien intimiste et si fort, au sein duquel se conjugue émotions et affection, souvenirs et projections, part de vie et part de rêve…

 

Un lien unique aujourd’hui assumé ;  un lien intime que chacun cherche à renforcer, car au delà des services rendus par « son automobile », cet objet incroyable, banalisé par la production de masse en son temps, porté au nues à d’autres grâce à de merveilleuses et inoubliables créations technologiques et esthétiques, renverra toujours à la fulgurance de l’attachement matériel, mais avant tout affectif, que chacun entretient avec son véhicule, avec « sa » voiture.

 

Car, au delà même du service rendu qui permet nos déplacements, avec cette sensation de liberté qui par ailleurs ne s’est jamais altérée, notre voiture porte et portera toujours en elle un peu de magie (celle finalement de la posséder et d’être là pour nous), un peu de nos secrets et de nos désirs, un peu de nos mystères et indéniablement beaucoup de nous même.

Pas de mots échangés, mais beaucoup de prononcés, pas d’effusions partagées mais tant de sensations proposées, pas de gage de fidélité mais une réalité avérée, voilà ce que notre voiture nous fait également vivre tel le témoin silencieux mais toujours complice de nos vérités affichées ou cachées, de toutes nos effusions bienheureuses ou malheureuses, de nos espoirs ou bonheur projetés.


La voiture comme une autre part de nous même, dans la fulgurance de nos nostalgies ou celle de nos envies et dont on partage la vie avec conscience ou insouciance mais que jamais l’on ne pourra oublier comme un premier amour ou comme le dernier.