Les sorties ciné du 22 novembre 2017

La construction du "je", en opposition au déterminisme social et à l'homophobie avec MARVIN, un set et match féministe contre la théorie du genre et la misogynie avec BATTLE OF THE SEXES : la semaine ciné met un coup de raquette aux esprits étriqués...

Les sorties ciné du 22 novembre 2017
© Twentieth Century Fox France

Battle of the Sexes

Le match de l'année ! Emma Stone et Steve Carell se renvoient la balle avec brio et humour pendant les 2 heures qui font de cette comédie punchy un biopic indispensable. Si le jeu des acteurs nous bluffent, c'est le combat derrière le match qui nous scotche à notre fauteuil. En montant au créneau (et au filet), Billie Jean King nous donne envie de rejoindre le mouvement pour taper sur la misogynie. On admire le courage cette bande de filles prête à tout pour changer l'histoire. On rit, on stresse, on s'emballe... pour finir totalement conquis par cette guerre des sexes. Fiona Ipert

Battle of the Sexes, avec Emma Stone et Steve Carell (2h02)

Marvin ou la belle éducation

Marvin Bijou a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon "différent"... Libre adaptation d'En finir avec Eddy Bellegueule d'Edouard Louis, MARVIN ou La Belle Education réalisé par Anne Fontaine est un "bijou" de poésie, l'histoire précieuse d'une enfance triste et gay à un immense succès, un grand film : à la fois beau et sensible.
Au regard de cette ode à la culture. je repense à la mutique et délicate MARYLINE de Guillaume Gallienne, à M de Sara Forestier que j'ai beaucoup aimé... Trois films qui montrent que la parole peut libérer d'un triste atavisme, d'un destin facile, d'une tendance à la médiocrité... Trois récits pleins de vivacité, d'esprit, de nostalgie qui disent l'importance des mots, la force du langage, la difficulté de parler de soi, de se raconter, mais aussi d'écouter l'autre, d'entendre sa différence... Trois parcours chaotiques superbement réalisés, rythmés, mis en scène. Ce tiercé réaliste et fabuleux entre bars PMU de quartier, picole provinciale et courses de bagnoles en banlieue est plus fort qu'un conte de fées. C'est la preuve sensible et belle que le cinéma français se porte à merveille.

MARVIN ou La Belle Education d'Anne Fontaine, avec Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois et Vincent Macaigne (1h53)

Et pour les plus petits :

© Little KMBO

On fond pour Ernest et Célestine en Hiver. Quel plaisir de retrouver ce bon vieux Ernest et la charmante Célestine. Cinq ans après la première adaptation au cinéma, l'ours au cœur tendre et la petite souris orpheline au caractère bien trempé nous transportent dans un univers empreint de tendresse, entre chutes de neige féeriques et notes de musiques poétiques. Les dessins, fidèles à ceux de l'œuvre de Gabrielle Vincent (éd. Casterman), sont de toute beauté. Ernest et Célestine en Hiver est découpé en quatre court-métrages, des histoires simples mais profondes, aussi touchantes que drôles, et toujours très accessibles pour les enfants, dès 3 ans. Anne Xaillé.

Ernest et Célestine en Hiver, de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger (0h45 mn)