Les sorties ciné de la semaine du 11 octobre 2017

Vous souhaitez vous prélasser devant un bon film, vous plonger dans l'obscurité face au grand écran... ou vous installer confortablement face à Neftfix ? Vous ne savez pas quelle sortie choisir ? Découvrez nos coups de cœur de la semaine.

Les sorties ciné de la semaine du 11 octobre 2017
© Jérôme Prébois

L'Atelier

J'aime la manière dont Laurent Cantet aborde les trajectoires personnelles pour s'emparer de problématiques sociétales, j'aime comment il nous raconte des histoires intimes en leur donnant une dimension politique. Particulièrement dans L'Atelier. Ce cinéaste, virtuose de la mise en scène du quotidien, met merveilleusement en images chaleur, soleil, chantier naval, recherche de travail et désœuvrement à La Ciotat. Il donne une résonance particulière à la psychologie des personnages, mélange les genres, convoque l'érotisme, le thriller, la géographie, la littérature et les luttes de pouvoir pour brosser un portrait tendre et émouvant d'une jeunesse en quête de racines, de repères, de combats. Peut-on écrire un roman lorsque l'on considère sa propre existence comme vide de sens ? Peut-on mettre en mots une intrigue alors que la violence semble la seule solution à l'absence de perspective, d'avenir ? Les acteurs sont justes et touchants. Mention particulière au troublant Matthieu Lucci. ( Magnifique Marina Fois, aussi, mais cela devient une habitude ! ). Justine Boivin.

L'Atelier de Laurent Cantet, avec Marina Foïs, Matthieu Lucci et Warda Rammach (1h53). Découvrez notre interview de Marina Foïs.

 

The Meyerowitz Stories


Pour son nouveau long-métrage destiné à la plate-forme Netflix, Noah Baumbach dresse le portrait d'une famille et de toutes les contrariétés, frustrations, névroses qu'elle créé chez chacun de ses membres. Dans la famille Meyerowitz donc, je demande le père, Harold. Campé par un Dustin Hoffman à la barbe blanche et à l'allure affable, ce sculpteur retraité rumine sa carrière d'artiste déchu. Egocentrique, il a sculpté toute sa vie autour de son oeuvre, délaissant ou écrasant ses trois enfants nés de couches différentes : Danny (Adam Sandler) canard boiteux car musicien raté, Jean (Elizabeth Marvel) transparente car "simple" employée dans une entreprise et Matthew (Ben Stiller) seul espoir du patriarche pourtant loin, très loin d'une carrière artistique qu'il a fuie en devenant spécialiste en gestion de patrimoine à Los Angeles. 
Réuni autour d'un père hospitalisé, tout ce beau monde s'engueule plus qu'il ne s'embrasse, la faute à ce géniteur justement. Focalisé sur son oeuvre artistique, le patriarche a bâti son oeuvre familiale sur des sables mouvants. Blessures d'amour paternel jamais pansées, rancoeurs, estime de soi bafouée, la fratrie s'est construite de manière bancale et éloignée. On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille chantait Bernard Lavilliers (chacun ses références) mais on choisit de l'exorciser. C'est ce que Noah Baumbach filme, ici dans un appartement New-Yorkais, là à l'occasion d'un vernissage au MOMA, le tout sous forme chapitrée et rythmée par des répliques qui piquent. 
A la production très indé et au style très "allenien", ce long métrage convenu est "attachiant". On prend beaucoup de plaisir à regarder ce séduisant casting de stars se chamailler avec tendresse et parce que les histoires de The Meyerowitz Stories, c'est aussi celles de nos vies. Alice Thierry.

The Meyerowitz Stories, avec Adam Sandler et Dustin Hoffman, de Noah Baumbach (While we're young; Frances Ha),disponible le 13 octobre 2017 sur Netflix

Numéro Une 

Avec Numéro Une, Tonie Marshall dissèque l'univers des entreprises du CAC 40 pour greffer une femme à la tête de l'une d'elles. On s'infiltre dans les hautes sphères françaises, entre stratégies, tractations et enjeux politiques, là où le féminin est sous-estimé, rabaissé. Emmanuelle Devos incarne une parfaite conquérante : réfléchie, juste, battante, déterminée et humaine. On regrette peut-être qu'elle ait besoin de ses paires pour se hisser au sommet, quand le requin Richard Berry mène sa barque seul. Mais cette solidarité féminine fait aussi plaisir à voir à une époque où l'individualisme est de mise. Sa manière subtile de promouvoir l'égalité fait de Numéro Une un film important pour la cause des femmes. F. I.

Numéro Une de Tonie Marshall, avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément et Richard Berry (1h50)

La Quête d'Alain Ducasse

Le spectateur est captivé par le chef, son palais, ses voyages, et cette fameuse quête. L'homme, si pudique en général et souvent critiqué pour sa froideur se révèle touchant et habité par sa passion. M. G.

La Quête d'Alain Ducasse de Gilles de Maistre, avec Alain Ducasse.

Coexister de Fabrice Eboué

Pour sauver sa peau, un producteur (Fabrice Eboué) et son assistante nymphomane (Audrey Lamy) réunissent un rabbin, un imam et un curé (non, il ne s'agit pas d'une blague), respectivement incarnés par Jonathan Cohen, Ramzy Bedia et Guillaume de Tonquédec, afin de monter un boys band. Ensemble, ils vont devoir apprendre à... coexister. Après Case Départ et Le Crocodile du Botswanga, Fabrice Eboué, à la fois devant et derrière la caméra, nous régale avec cette comédie satirique qui aborde avec justesse et finesse le thème de la religion, là où Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu a pêché. Doux Jésus, comme il est bon de rire ainsi ! K. T.

Coexister de et avec Fabrice Eboué, Guillaume de Tonquédec, Ramzy Bedia, Audrey Lamy (1h30)