Alison Wheeler et Déborah François, actrices à louer

Alison Wheeler et Déborah François sont à l'affiche de "Loue-moi !", une comédie à découvrir au cinéma (et pas en VOD) le 5 juillet. Amies à l'écran et désormais à la ville, les deux actrices se sont confiées à nous lors d'une interview croisée. Et on ne peut que louer leur fraîcheur, leur complicité et leur bonne humeur.

Alison Wheeler et Déborah François, actrices à louer
© Metropolitan FilmExport

L'une a été révélée au cinéma par les frères Dardenne, a donné la réplique à Sophie Marceau, Guillaume Galienne ou Catherine Frot. L'autre a aussi débuté sur grand écran, avant d'intégrer la troupe du Studio Bagel, de devenir Miss Météo au Grand Journal et d'animer une chronique sur France Inter. Deborah François et Alison Wheeler sont Léa et Bertille dans Loue-Moi !, deux amies qui ont monté une entreprise de service à la personne quelque peu... particulière. Elles se louent elles-mêmes (non pas sexuellement), et multiplient les identités pour permettre à leurs clients de mentir à leurs proches. Jusqu'au jour où, en pleine mission, Léa tombe sur son amour de jeunesse... A l'occasion de la sortie du film, nous nous sommes entretenus avec les deux actrices, aussi complices à la ville qu'à l'écran. Interview croisée.

Le Journal des Femmes : Pourquoi vous dans ce film ?

Alison Wheeler : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux n'étaient pas dispo (rires) ! En ce qui concerne Deborah, c'est parce que c'est une grande actrice.
Deborah François : Mais non ! Ce que je trouve intéressant dans ce choix – après on ne dit jamais vraiment aux acteurs pourquoi on les prend – c'est la connexion entre deux personnes qui se rencontrent et qui viennent de mondes complètement opposés. J'ai des copines très différentes de moi et c'est le cas de beaucoup de filles. Le background qu'on a toutes les deux créé une réalité.
A. W. : C'est un mojito de comédiennes, bien frais et bien mélangé, shaké, un peu frappé et sucré.

Qu'avez vous en commun avec vos personnages ?

A. W. : Je suis très phobique et Déborah est très névrosée. On est toutes les deux un peu Bertille.
D. F. : J'ai un petit côté Léa. J'aime bien m'amuser des choses et des gens. Comme elle, je suis souvent en baskets. Je ne suis pas toujours apprêtée, j'aime le faire à des moments précis. Et comme elle, je ne serais pas forcément à mon top si je devais recroiser mon ex.
A. W. : Plus je vieillis, plus j'ai peur de tout. Quand on approche de la trentaine, on fait attention à soi. Alors que c'est nul, parce que le 30, c'est le nouveau 20 !

Comment s'est passée votre rencontre ?

A. W. : Au début tu te dis que c'est bizarre, que c'est artificiel que l'on soit amies dans un film. Mais il y'a eu un crush amical, on s'est tout de suite bien entendues. On s'est fait un restaurant pour faire connaissance. On était un peu timides, c'était mignon. J'admirais le travail de Déborah et je me disais : "J'espère qu'elle est sympa". J'ai eu peur qu'elle soit chiante et qu'elle me déçoive en vrai.
D. F. : Je me suis dit : "Elle fait de l'humour donc elle doit être dépressive dans la vie".
A. W. : Au final, sa folie et ma dépression ont bien matché. On se côtoie à l'extérieur et on est ravies.
D. F. : J'ai eu de la chance de tomber sur elle parce qu'on ne rencontre pas tous les jours une amie.
A. W. : Souvent à la fin du tournage, on ne voit plus les gens. C'est rare de tisser des liens.

Charlotte de Turckheim, Gad et Arié Elmaleh, Bernard Menez, Kev Adams... Qu'est ce que ca vous a fait de travailler avec eux ?

D. F. : Le couple de parents formé par Charlotte de Turckheim et Bernard Menez est improbable. Ils ont vrai talent comique que j'admire beaucoup, ils vont super bien ensemble. Parce qu'ils ont fait du théâtre, ils ont cette inventivité qui leur permet de rebondir en continu. Ce sont des bulldozers, dans le bon sens du terme. Ce sont des gens de la scène et ils pourraient continuer devant les caméras comme s'il y étaient, il n'y aurait même pas besoin de couper. C'était chouette aussi de se retrouver avec toute une bande de jeunes.

Que retenez vous du tournage ?

A.W. : Ma rencontre avec Deborah. Je pense que je vais militer pour tourner de nouveau avec elle. Et aussi une scène avec du Nutella qui m'a marquée au fer rouge. Je n'arrive plus trop à en manger depuis. C'était en 7 ou 10 prises, j'en avais plein la bouche, mais les réalisatrices me disaient d'en mettre plus parce qu'on ne voyait pas assez bien.
D. F. : On s'est tapé plusieurs fous rires quand elle jouait les dépréssives avec les dents noires de Nutella ! Pour ma part j'ai eu la chance d'avoir des fausses huîtres à base de banane et sirop de coco car je n'en mange pas.

LA GPA (Gestation pour autrui) permet aussi de louer son corps. Qu'en pensez-vous ?

A. W. : C'est un problème que je n'ai pas résolu dans ma tête. Ce n'est pas évident de légiférer sur l'instrumentalisation du corps de la femme, c'est sujet à débordement. Et en même temps, je comprends qu'on y ait recours tellement c'est compliqué pour des couples homosexuels. En France, il y a un vrai problème. Il faudrait qu'il y ait un statut pour leur venir en aide. Ce n'est pas normal qu'ils n'y aient pas accès.
D. F. : Je suis pour la facilitation de l'adoption, mais je suis absolument contre la GPA. Dans tous les pays, ceux qui l'emploient ce sont ceux qui ont le plus de moyens et les femmes qui le font n'ont pas forcément les moyens et peuvent même le faire plusieurs fois. Je suis contre le fait que l'on puisse louer un utérus. Je suis absolument pourque l'on facilite l'adoption d'enfants : il y en a tellement dans le monde qui n'ont pas de parents.

Si on devait vous louer, quel service à la personne rendriez-vous le mieux ?

D. F. : Ce qu'on fait dans le film : jouer des personnages.
A. W. : Deborah est forte à ça, elle se transforme en 2 secondes. Je pense que je ferai une bonne amie pour ceux qui n'en ont pas, je suis assez fidèle et bonne oreille.
D. F. : Je ferai des gâteaux. J'ai fait des financiers ce week-end, ils étaient très bons.

Si vous pouviez monter une entreprise, laquelle serait-elle ?

D. F. : Ali and Debbie's bakery ? (rires) Ou un truc de relooking de soirée.
A. W. : On s'est découvert une passion pour le monde de la nuit. Pas comme on l'entend, plutôt comme un terrain de jeu. La prochaine fois qu'on sortira en boîte, on va chacune se choisir une tenue à moins de 15 euros et se maquiller dans le noir. J'ai très peur.

Le personnage de Léa est la pro des mensonges. Quel est le pire que vous ayez sorti ?

D. F. : Pour Alison ce serait : "J'ai joué dans Divines."
A. W. : J'ai tellement aimé le film… Je n'arrête pas de dire que j'ai joué dedans. Ça laisse les gens perplexes. Ils se disent : "Elle joue qui en fait ?" Plus les mensonges sont gros, plus ça passe.
D. F. : J'ai souvent dit que j'étais attachée de presse pour mes propres films quand je n'avais pas envie de parler. C'est le genre de métier ou les gens ne posent pas de question dessus, ils ne savent pas trop ce que ça implique. J'ai essayé avec plusieurs boulots et c"est celui qui coupe le plus la conversation (rires).
A. W. : J'ai aussi beaucoup menti sur mon âge.

Le personnage de Bertille a peur de tout. Et vous, quelle est votre plus grande phobie ?

A.W. : Comme elle, j'ai très peur de l'avion.
D. F. : J'ai des peurs chiantes, comme celle du vide ou de la mer,

Qu'est-ce qui pourrait vous faire manger des tonnes de Nutella ?

A. W. : Un film très bien payé… (rires) Ou pour un rôle dans Divines 2, je mange ce que vous voulez !

Quels sont vos projets à venir ?

D. F. : Je viens de terminer un film qui s'appelle Love Wall, une histoire d'amour dramatique, très tragique. Je ne sais pas quand ça va sortir, surement en 2018. Et à l'automne il y aura une comédie romantique.
A. W. : Je suis a l'affiche de Gaston Lagaffe qui sort en avril 2018.

Qu'espérez vous pour la suite ?

D. F. : Durer, c'est le plus dur. Je souhaite avoir le plus d'opportunités pour travailler avec des gens supers.
A. W. : Tout pareil.

Découvrez la bande-annonce de Loue-moi !, en salles le 5 juillet :

Voir aussi :