Grave, Zoologie, L'Embarras du choix, The Lost City of Z... : les sorties ciné du 15 mars 2017

Au menu cette semaine : de la chair fraîche, un choix cornélien pour Alexandra Lamy, une plongée en Amazonie, une course contre l'homophobie et un drame absurde. De quoi vous régaler grâce aux sorties ciné.

Grave, Zoologie, L'Embarras du choix, The Lost City of Z... : les sorties ciné du 15 mars 2017
© Wild Bunch Distribution

Le cannibalisme n'a jamais été aussi appétissant. Après Drew Barrymore dans la série Santa Clarita Diet, c'est au tour de la jeune réalisatrice Julia Ducournau de nous ouvrir l'appétit sur grand écran avec Grave. Les estomacs fragiles préféreront déguster la comédie romantique L'Embarras du choix avec Alexandra Lamy ou se laisser embarquer dans The Lost City of Z avec les séduisants Charlie Hunnam et Robert Pattinson. Les fines bouches sauront apprécier le drame 1:54, sur l'homophobie à l'école, et l'inclassable Zoologie, sur une jeune fille qui voit une queue lui pousser en bas du dos. Vous êtes servis !

© Wild Bunch Distribution

Mange tes légumes ma fille. Justine est végétarienne, pas par conviction, plutôt par convention, une forme d'obéissance à une pression familiale… Justine est une élève studieuse, effacée, une vierge effarouchée qui n'occupe pas son corps, mais le tableau d'honneur de l'Ecole vétérinaire qu'elle vient d'intégrer.
Forcée à manger de la viande lors d'un rituel de bizutage, l'enfant modèle va se transformer, apprendre à écouter ses désirs et être saisie (à point) d'une folie, carnivore d'abord, puis anthropophage.
Du sang, du sexe, des chiens, des chevaux, des poils, des pulsions macabres et le corps qui s'affirme. GRAVE, le premier long-métrage de Julia Decournau est une œuvre aboutie, géniale, et féministe. Cette réalisatrice est, comme ses actrices, une prodige, et son film brille par son intelligence.
Interdit en salles au moins de 16 ans à cause "de scènes de meurtres et de cannibalisme impressionnantes", l'opus n'est pas une provocation stérile et glauque. GRAVE ne dérange pas, il interpelle, convoque avec maestria la crudité, l'instinct, le plaisir de la chair, le dérèglement des sens, la souffrance physique, les membres mutilés, atrophiés, la décomposition, toute une imagerie organique qui rappelle celle de David Cronenberg.
Prix de la Critique à Cannes, du jury à Gérardmer, ce bijou transgressif, acharné, trépidant, montre la métamorphose, l'animalité, la révélation à soi, le rapport à l'autre, la construction identitaire, au-delà de l'atavisme, du genre, d'un système, d'une norme… GRAVE prouve que le cinéma d'horreur peut être du meilleur goût. Justine Boivin

Grave, de Julia Ducournau, avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella... 1h38.

© Pathé Distribution

 

Portée par le jeu d'Alexandra Lamy, L'Embarras du choix est une comédie rondement menée. Elle interpelle, avec humour, sur la difficulté à prendre des décisions (aussi simples soient-elles), les relations amoureuses (enchaîner, ou se poser ?) et le célibat à 40 ans. Un feel-good movie rafraîchissant.

L'Embarras du choix, d'Eric Lavaine. 1h35.

 

 

 

 


 

©  ARP Sélection

 

1 :54 dépeint avec intelligence la délicate période de l'adolescence et relève le défi de sensibiliser efficacement sur des sujets graves : le harcèlement à l'école et l'homophobie chez les jeunes. Un film dur et poignant dont les personnages touchent au cœur, bien que les figures exacerbées du gentil et du méchant puissent manquer de nuances. Les rôles sont portés par un trio d'acteur très talentueux. La performance d'Antoine Olivier Pilon est notamment bouleversante. Le réalisateur Yan England propose un film difficile, mais nécessaire avec un final qui ne peut laisser indifférent. 

1:54 de Yan England. 1h46.

 

 

©  Arizona Distribution

Il pousse une queue dans le bas du dos de Natacha. Résignée jusqu'alors à une vie plutôt terne, cette étrangeté lui offre une liberté nouvelle... Ce film russe nous prouve, avec aisance, qu'un attribut masculin peut révéler une employée de zoo à sa féminité. C'est fantastique, mais peu esthétique. J.B

Zoologie, de Ivan I. Tverdovsky. 1h27.

 

 

 

 

 

 

 

©  Arizona Distribution

L'épreuve tropicale où l'anti-Indiana Jones. Projet dantesque, tournage épique dans la jungle, réticences des studios, désistements de Brad Pitt puis de Benedict Cumberbatch dans le rôle de l'explorateur maudit (le major Percy Fawcett qui a cherché une cité en Bolivie, avant de disparaître mystérieusement en 1925)... The Lost City of Z a mis sept ans à voir le jour, au point de devenir "une obsession", pour son réalisateur, le New-yorkais James Gray qui révélait à la Cinémathèque s'être aventuré hors de sa zone de confort.
Au casting, on applaudit la douce Sienna Miller et l'ours Robert Pattinson. Au générique, on loue l'image sublime du directeur de la photographie Darius Khondji. Pourtant, l'histoire "du Livingstone de l'Amazone", partagé entre sa soif de découverte obsessionnelle et sa vie rangée aux côtés de son épouse, ne nous enflamme pas. Peut-être la faute au (trop) sexy Charlie Hunnam, que l'on préfère dur en cuir et fantasme à moto dans Sons of Anarchy qu'en colon britannique…

The Lost City of Z, de James Gray. 2h20.