Dalida, Jamais Contente, La Mécanique de l'Ombre... nos coups de coeur ciné du mercredi 11 janvier

Cette semaine, Le Journal des Femmes se pâme devant "Dalida", s'immisce dans les rouages de "La Mécanique de l'Ombre" et prend un bain de jouvence et d'impertinence avec "Jamais Contente". Par quoi vous laisserez-vous tenter ?

Dalida, Jamais Contente, La Mécanique de l'Ombre... nos coups de coeur ciné du mercredi 11 janvier
© Pathé Distribution

Trente ans après sa mort, Dalida est plus que jamais dans les mémoires. Lisa Azuelos rend hommage à cette icône, à la vie tumultueuse et à la carrière mythique. Vous détestez les strass et la Variété française, peut-être que la comédie Jamais Contente aura vos faveurs ? A moins que vous ne soyez férue de thriller et d'espionnage ? Dans ce cas, La Mécanique de l'Ombre devrait vous conquérir. Ces 3 films ont retenu notre attention parmi les sorties ciné du mercredi 11 janvier. On se fait une Toile ?    

© Pathé Distribution

Italienne d'origine calabraise, Iolanda Gigliotti voit le jour en Egypte en 1933, Son père est premier violon à l'Opéra, sa mère, couturière. A 21 ans, c'est avec une couronne de Miss, un fort strabisme et un "Itsi bitsi petit bikini" que Dalida arrive à Paris. Star éclatante et sombre à la fois, la diva à la voix suave enchaîne succès populaires... et drames personnels. Auréolée de gloire artistique, cette intellectuelle préoccupée par la politique incarne pourtant une futilité parée de paillettes. Dans chaque romance, cette grande amoureuse se jette à corps perdu. Trois hommes se tuent. Au fond d'elle profondément mère, Dalida a peur de transmettre ses angoisses à un enfant… et s'enferme rue d'Orchampt. Ne surmontant ni la solitude ni le vieillissement physique, elle met fin à ses jours en avalant des barbituriques, à 54 ans.
Sur cette légende au destin digne d'une tragédie grecque, Lisa Azuelos réalise un sublime biopic et une prouesse : nous faire chanter, vibrer, rire et pleurer à la fois. Une belle histoire de femme au service d'un cinéma d'émotions. J.B

Dalida, réalisé par Lisa Azuelos, avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Niels Schneider,Patrick Timsit, Vincent Perez... Durée : 2h04

© Océan Films

Un appartement lugubre, une machine à écrire qui claque, de l'encre qui tache, un puzzle insoluble, l'étouffement d'une cagoule, les néons des tunnels et des réunions d'alcooliques anonymes incantatoires… Précipité par des missions de transcriptions d'écoutes téléphoniques dans l'opacité des arcanes du pouvoir, au service d'élites déshumanisées, Duval, un comptable au chômage, est confronté aux bas-fonds du contre-espionnage. Partition sombre et mystérieuse, parfaitement orchestrée par le trio d'acteurs composé de Podalydès, Abkarian et Bouajila, plongée dans un engrenage captivant en forme de spirale paranoïaque, la descente aux enfers de François Cluzet constitue une immersion réussie dans un genre, le thriller politique. Tout en nous privant de repères, de cadre historique et géographique, La Mécanique de L'Ombre nous entraîne au cœur de l'état, de ses manœuvres électorales, de ses complots... et de son obsession pour les enquêtes d'opinion. Son réalisateur, Thomas Kruithof, présente un (premier) film noir à la mise en scène implacable et au casting impeccable. J.B

La Mécanique de l'Ombre, réalisé par Thomas Kruithof, avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila... Durée : 1h33.

© Ad Vitam

"Fille de" philosophe, sensible à l'adolescence et à ses frasques, la cinéaste Emilie Deleuze réalise avec brio l'adaptation du Journal d'Aurore, une série de romans signée Marie Desplechin.
Faussement rebelle, tour à tour cynique et tendre, délicieusement insolente et caractérielle, Aurore, sale gosse de 13 ans savoure son échec scolaire, ruine le gratin de macaroni de sa mère, insinue des insanités à son père… Et pas seulement, cette gamine aussi ronchon qu'attachante jalouse ses copines, insulte son futur-ex-amoureux, craque sur son prof de français, craint la pension et se révèle en donnant de la voix sur des sonorités très rock'n'roll. Jamais Contente est une comédie à l'impertinence rafraîchissante. Un film à voir en famille ou pour se souvenir que l'âge ingrat, c'était super cool ! J.B

Jamais Contente, réalisé par Emilie Deleuze, avec Léna Magnien, Alex Lutz, Catherine Hiegel, Philippe Duquesne, Patricia Mazuy… Durée : 1h29

 

Toujours en salles : 
 

© Wild Bunch Distribution

 À la manière de son œuvre inspirée, Neruda évoque l'histoire fantasmée d'un sénateur chilien communiste et poète narcissique sur fond de Guerre Froide ardente, tortures et déportations. 1948. Au Congrès, Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie à l'inspecteur Óscar Peluchonneau (élégant, gracieux et ambitieux Gael Garcia Bernal) le soin de son arrestation. Neruda (incarné par le truculent, simiesque et jouissif Luis Gnecco) et son épouse l'artiste-peintre Delia del Carril (charismatique Mercedes Morán) se cachent et se jouent du flic obsessionnel. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda, joue de ses contradictions, rend sa traque dangereuse et intime et s'érige en légende littéraire et symbole de la liberté.
De Santiago à la Cordillère des Andes, des bordels baroques aux repaires des trafiquants sauvages, des théâtres boudoirs aux montagnes où se terrent les camarades du Parti, le réalisateur Pablo Larrain mélange les genres : film noir, western, road-movie, polar... Il met en scène une danse romanesque et fantasque, la lutte de deux imaginaires, mais aussi un récit réaliste. Celui sans tabou de l'histoire récente et tiraillée de son pays, le Chili, où les oppositions politiques et économiques font le lit des dictatures et préparent l'ère Pinochet. J.B

Neruda, réalisé par Pablo Larraín, avec Gael Garcia Bernal, Mercedes Morán, Luis Gnecco... 1h48.

© JHR Films

3 000 Nuits nous plonge dans une prison pour femmes en Israël, au début des années 80, quelques jours avant le massacre de Sabra et Chatila. Layal est incarcérée, condamnée pour un attentat qu'elle n'a pas commis. Alors qu'elle apprend le fonctionnement de cet univers en huis clos, régit par ses codes et sa loi du plus fort, elle découvre qu'elle est enceinte. Passionnant par la manière dont il mêle Histoire et histoires de femmes, 3 000 Nuits embarque le spectateur, en immersion parmi ces héroïnes aux personnalités affirmées. A travers le personnage de Layal, la réalisatrice, Mai Masri, aborde le thème délicat de la maternité en prison, dresse un superbe portrait de femme et donne une vraie leçon de courage. B.M                                     

3 000 Nuits, réalisé par Mai Masri, avec Maisa Abd Elhadi, Raida Adon, Nadira Omran... 1h43.

Retrouvez ici notre interview de la réalisatrice, Mai Masri. 

 

Bonne semaine ciné !